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Un problème de plus pour André Dosé

André Dosé, patron de Swiss, lors de la conférence de presse sur l'accident de Bassersdorf, mardi à Zurich.

(Keystone)

Le patron de Swiss est censé amener sa compagnie dans les chiffres noirs cette année.

Mais le rapport sur le crash de Bassersdorf jette un regard très sombre sur son ancienne entreprise Crossair, même si, depuis, la sécurité a été améliorée.

Ancien protégé de Moritz Suter, André Dosé, qui avait repris les rênes de Crossair en janvier 2001, avait été désigné futur chef de Swiss. Cela alors que la compagnie n’avait pas encore de nom, le 24 septembre 2001, et avant même le grounding des avions de Swissair.

Deux mois plus tard, le soir du 24 novembre, le vol de Crossair Berlin-Zurich CRX 3597 s’écrasait avant d’atteindre l’aéroport de Kloten. 24 passagers et membres d’équipage perdaient la vie, neuf survivaient.

«Ces semaines turbulentes sont encore profondément inscrites dans ma mémoire», a déclaré André Dosé mardi en préambule de sa réaction au rapport d’enquête, avant de réitérer sa «sincère émotion» aux victimes.

Deux crashes en vingt mois

L’accident de Bassersdorf survenait vingt mois après le premier crash de l’histoire de Crossair, à Nassenwil, lorsque le vol LX 498 s’était écrasé juste après le décollage.

Repoussé suite à un recours de Moritz Suter, publié finalement en décembre dernier, le rapport d’enquête avait conclu à des défaillances humaines.

Pour Bassersdorf, les causes sont plus accablantes encore puisque, outre l’erreur humaine, Crossair est accusée de ne pas avoir contrôlé «de manière pertinente les performances aéronautiques du commandant».

Une enquête pénale

De quoi déstabiliser André Dosé, qui était alors patron de Crossair? Le principal intéressé affirme vouloir assumer toutes ses responsabilités.

Il ne voit cependant aucune raison de tirer des «conséquences personnelles», selon l’expression consacrée, de la décision du Ministère public de la Confédération.

Cette instance, compétente pour les délits dans le domaine aérien, peut ouvrir une enquête pénale «contre inconnu» pour homicide par négligence et lésions corporelles graves par négligence.

Points contestés

Devant la presse à Zurich, André Dosé a cependant d’ores et déjà contesté certaines conclusions du rapport d’enquête. Ainsi, il rejette l’accusation faite à l’encontre de Crossair, mais aussi de l’OFAC, de s’être «habitués à dévier des normes et des procécures.»

«Crossair et Swiss ont toujours tout fait pour améliorer la sécurité. Nous avons respecté toutes les normes en vigueur, nationales et internationales. Quand il le fallait, il y a eu des corrections, voire des mesures disciplinaires», a affirmé André Dosé.

André Dosé a en outre refusé de faire un quelconque lien avec l’accident de Nassenwil. Le directeur et ses responsables ont en outre tenu à présenter toutes les mesures prises dès la nuit du 24 novembre 2001.

Syndicat rassuré

A l’intérieur de l’entreprise, le syndicat du personnel de cabine Kapers se montre satisfait de la volonté de transparence de la direction.

«Peut-être les tensions entre ex-Crossair et ex-Swissair se réveilleront-elles chez les pilotes, où elles ne se sont jamais totalement apaisées, mais nous, nous avons dès le départ été rassurés par toutes les mesures prises», affirme le président de Kapers Urs Eicher.

Les deux crashs successifs avaient en effet provoqué, même avant le décollage de Swiss, une violente discussion sur les différences de standards sécuritaires entre les deux entreprises.

Pour Kapers, c’est de l’histoire ancienne, de même que les difficultés récentes dans le trafic européen (réintroduction de la classe affaires): «Nous sommes sur la bonne voie et André Dosé aussi», insiste Urs Eicher.

Les familles des victimes seront-elles du même avis sur la position d’André Dosé? Dans son communiqué, Swiss rappelle que les parents de 10 des 24 victimes ont engagé des procédures en justice en Suisse, en Allemagne et en Israël.

Quant à ceux qui ont fait valoir des droits autres que les prestations versées après l’accident, un accord a déjà été trouvé ou est sur le point de l’être.

Crédit toujours pas trouvé

Les temps où l’ancien pilote était «entrepreneur de l’année» (en 2002) semblent en tout cas bien bien loin. André Dosé n’a en effet toujours pas trouvé le crédit de plus de 300 millions de francs qu’il recherche depuis des mois, et dont il annonçait la conclusion prochaine en ... septembre dernier.

Alors que les chiffres noirs ont été promis pour 2004, les liquidités continuent à fondre. Les frais d’exploitation de chacun des huit nouveaux Airbus A 340 dépasserait 1 million de francs par mois.

De plus, selon la presse alémanique, la moitié des fauteuils de ces nouveaux appareils auraient déjà dû être réparés suite à une erreur de construction.

André Dosé doit aussi trouver des successeurs à deux de ses cadres partis récemment, le chef commercial William Meaney, qui avait remis en question la confiance accordée à André Dosé, et un possible successeur, Björn Näf.

Enfin, autre problème pour l’heure potentiel: la menace de la grippe aviaire rappelle à toutes les compagnies d’aviation les conséquences catastrophiques qu’a eue l’an dernier l’épidémie de SRAS pour le commerce mondial.

swissinfo, Ariane Gigon Bormann, Zurich

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