Une avance de 12,5 millions pour «Super Mario»?

Aujourd'hui, les employés de Swissair n'ont certainement plus envie de crier "Bravo Mario". Keystone

Avant même son arrivée à la tête du groupe Swissair déjà chancelant, Mario Corti aurait touché plus de 12 millions de francs. Révélation explosive de la SonntagsZeitung.

Ce contenu a été publié le 28 janvier 2002 - 08:16

Par ailleurs, toujours selon le journal dominical alémanique, Mario Corti aurait fait reprendre sa maison de Bex, dans le canton de Vaud, par Swissair Group. Et son nouvel employeur aurait dû lui trouver une villa à Zurich.

Lorsque Mario Corti (56 ans) prend les rênes de Swissair en mars 2001, il est présenté comme le sauveur du groupe. Personne ne sait alors qu'il a déjà négocié et obtenu 12 millions et demi de francs pour lui-même. Une pratique totalement inhabituelle - et peut-être même unique - dans le monde des entreprises suisses.

«Super Mario» signe alors un contrat de cinq ans avec le groupe. Dimanche, c'est la seule chose que le porte-parole de Swissair a été en mesure de confirmer. Sur les conditions de son engagement, il ne sera fait aucun commentaire. Mais le fait est que Mario Corti est le seul à avoir traversé la débâcle du groupe de bout en bout, jusqu'à sa disparition progressive, actuellement en cours.

Scandale

Le scandale qui ne va pas manquer d'éclater suite à ces révélations de la SonntagsZeitung en rappelle un autre. Il y a un an, Eric Honegger avait obtenu 450 000 francs d'indemnités pour son départ du conseil d'administration de Swissair, après en avoir réclamé 2 millions et demi. Plus chanceux, l'ancien grand patron Philippe Bruggisser - sous le règne duquel la compagnie a amorcé sa chute - avait quant à lui obtenu 2 millions et demi pour son départ.

Cette affaire éclate au moment où les employés licenciés et les pré-retraités de Swissair attendent toujours un plan social et le paiement de leurs rentes. Rémy Pagani, porte-parole romand du Syndicat des services publics, n'a pas mâché ses mots dimanches sur les ondes de la Radio Suisse romande.

«C'est une honte. C'est parfaitement crapuleux, dans la mesure où il a demandé la confiance du personnel, et certains employés naïfs ont joué son jeu», déclare le syndicaliste. Sans manquer de rappeler qu'il y a seulement un mois, les employés Swissair qui sont passés chez Crossair ont accepté 30% de baisse de salaire.

swissinfo avec les agences

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