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Une bourse de l'emploi pour les réfugiés du Kosovo

Au Kosovo, le taux de chômage dépasse largement 50%.

(Keystone Archive)

Les réfugiés du Kosovo qui se trouvent encore en Suisse ou qui ont déjà regagné leur pays peuvent désormais faire appel à une bourse spéciale pour l'emploi. La Suisse s'allie pour cette offre à une initiative allemande qui a déjà fait ses preuves sur le terrain.

L'AGEF, qui a son siège à Berlin, est une association d'experts en matière de migration et de coopération. Ses activités se situent à mi-chemin entre les tâches dites classiques du développement et celles qui relèvent plutôt de la politique des migrations. Elle soutient actuellement une bonne centaine de projets en plusieurs points du globe.

Au Kosovo, elle a mis en place une forme d'agence de placement. Grâce à cette initiative, plusieurs centaines de réfugiés qui avaient séjourné en Allemagne et quelques autres pays de l'Union européenne ont pu l'an dernier retrouver du travail. Mais les personnes qui avaient cherché asile provisoire en Suisse ne pouvait pas en profiter.

La section «aide au retour» de l'Office fédéral des réfugiés ainsi que la Direction du développement et de la coopération (DDC) se sont jointes à ce projet baptisé «Du travail pour le Kosovo» et passé contrat avec l'AGEF. Les réfugiés qui se préparent à quitter la Suisse ou ceux qui ont déjà fait ce pas bénéficient depuis quelques semaines d'une nouvelle opportunité de recherche d'emploi local.

La phase d'assistance urgente se résorbe peu à peu et les organismes de coopération peuvent à présent orienter leurs programmes d'aide vers des projets à plus long terme. La paix et la stabilité de la région passent aussi évidemment par la création d'emplois et de sources de revenus.

Mais, explique Ulrich Stürzinger, chargé de programme pour le Kosovo à la DDC, «une agence pour l'emploi n'est qu'une des faces de la reconstruction économique. Elle ne résout pas les problèmes structurels. Il faut aussi en même temps faire démarrer des entreprises et trouver ou former des entrepreneurs!»

Dans un pays à forte tradition d'émigration comme le Kosovo, dont le taux de chômage dépasse largement les 50% et qui est aussi en train de faire l'apprentissage de l'économie de marché, le principal obstacle sur lequel peut achopper ce type d'initiative, c'est l'énorme distance existant entre l'offre et la demande.

D'un côté, on cherche à pourvoir des postes à haute qualification dans des domaines comme le management financier, la comptabilité et la gestion d'entreprise. De l'autre, le profil des Kosovars en quête d'emploi est plutôt celui de travailleurs de la construction ou de l'hôtellerie et de la restauration. Résultat: une centaine d'offres sont toujours pendantes.

La chaîne de télévision locale RTK a diffusé en janvier une émission sur cette bourse d'emploi ouverte aux réfugiés revenus de Suisse. 80 personnes se sont inscrites, six d'entre elles ont effectivement trouvé un poste de travail. En Suisse même, toutes informations utiles peuvent être obtenues auprès des centres cantonaux de conseil pour les candidats au retour.

L'Office fédéral pour les réfugiés finance déjà au Kosovo une vingtaine de projets de réhabilitation pour un budget annuel de 38 millions de francs. Il a décidé d'ouvrir un crédit de 250 000 francs en faveur de ce projet «emploi». Ce montant sera versé à l'AGEF pour la mise à disposition de ses infrastructures et au pro rata (un millier de francs par personne) des Kosovars qui grâce à elle auront trouvé du travail.

Bernard Weissbrodt


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