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Une campagne permanente et personnalisée

(Keystone)

A bientôt deux mois des élections fédérales du 21 octobre, les partis politiques suisses sont en pleine campagne. Mais tous n'occupent pas le terrain de la même manière.

Ainsi, l'UDC et le PDC ont profité de la torpeur estivale pour lancer des actions grand public. En usant de méthodes fort différentes...

Pour le 1er Août, l'Union démocratique du centre (UDC, droite nationaliste) a inondé les boîtes à lettres du pays avec une initiative demandant le renvoi des étrangers criminels. Un thème porteur car une bonne partie des Suisses place toujours l'intégration et les étrangers en tête de ses préoccupations.

Début août toujours, le Parti démocrate-chrétien (PDC, centre droit) a, lui aussi, occupé le terrain. Il a mis ses élus aux enchères sur ebay.ch: la pause café avec la ministre Doris Leuthard dépasse les 6500 francs ! Le PDC dit vouloir ainsi rappeler qu'il est le parti de la famille, puisque les montants récoltés seront versés à une fondation de recherche sur le cancer chez les enfants.

Inventivité

«Les partis rivalisent d'inventivité pour attirer l'attention des médias, commente Pascal Sciarini, professeur de sciences politiques à l'Université de Genève. Si le lancement d'une initiative populaire est un instrument classique, le PDC a choisi une formule inédite pour faire parler de lui.»

Et de préciser que la stratégie du PDC correspond à une tendance déjà observée, à savoir une personnalisation toujours plus importante de la politique en Suisse: «Les têtes de partis, ministres compris, sont invités à contribuer à la campagne.»

Les méthodes ne s'excluent pas. Le Parti socialiste (PS) a lancé une initiative visant à stopper les abus de la concurrence fiscale et une caravane de candidats socialistes aux Chambres sillonne le pays, s'arrêtant dans une trentaine de villes d'ici au 15 septembre.

A propos des villes, le week-end dernier à Bâle, quelque 300 socialistes ont adopté une charte proposant une réforme du fédéralisme donnant plus de poids aux villes afin qu'elles soient représentées au Conseil des Etats (Sénat).

Mais le PS, tout comme le Parti radical démocratique (PRD, droite), occupe aussi le terrain médiatique de manière plus classique avec des conférences de presse thématiques. Pour Pascal Sciarini, il n'y a pas de recette particulière. «Ce qui compte, c'est de savoir comment le message passe auprès de la population.»

Le dernier baromètre électoral, le cinquième sondage d'une série de huit en vue des élections fédérales, montre que la campagne de l'UDC est jugée, de loin, la plus visible par les citoyens. En termes d'impact, en revanche, cette avance est nettement moins marquée.

L'UDC impose son style

Malgré le recours à des stratégies différentes et l'intensification actuelle de la campagne, force est de constater que la tendance est à la 'campagne électorale permanente'. «Il y a quelques années, elle se limitait aux quatre à six semaines précédant les élections», explique Pascal Sciarini.

La faute à l'UDC, qui a inventé un nouveau style politique consistant à occuper en permanence les médias et l'agenda politique à des fins électoralistes. La montée en puissance de ce parti aux quatre coins du territoire a aussi entraîné une nationalisation progressive des élections fédérales.

Quitte à jouer des symboles. Ainsi, le week-end dernier à Bâle, 400 candidats aux élections fédérales ont signé un «contrat avec le peuple». Ce document, un parchemin qui rappelle sans équivoque le Pacte fédéral de 1291, promet de respecter ces trois principes: refus de toute adhésion à l'UE, baisse des impôts et renvoi des criminels étrangers.

Pascal Sciarini: «Fédéralisme oblige, on avait coutume de dire qu'il n'y avait que des élections cantonales parallèles et simultanées. C'était une manière de souligner que le contexte cantonal est aussi, voire davantage, important que le contexte fédéral lors des élections aux Chambres.»

Fidéliser l'électorat

Pour un parti, l'enjeu est double. Il doit d'abord fidéliser son électorat, soit 60 à 65% des personnes qui votent pour lui. Il doit ensuite parvenir à capter de nouveaux électeurs – jeunes, abstentionnistes - en cours de campagne.

Les études longitudinales réalisées à partir de 1999 montrent que désormais, un électeur sur cinq, voire un sur quatre change d'avis en cours de campagne. «Il s'agit de personnes qui pensaient s'abstenir et qui vont finalement voter pour tel parti ou, inversement», expose le politologue. Mais seul un électeur sur dix va réellement changer de parti.

Malgré tous les efforts des partis, c'est parfois le hasard du contexte qui peut prendre le pas sur la machine électorale. Ainsi, les Verts, qui connaissent une belle progression depuis quelques mois dans les sondages, devraient-ils recevoir un coup de pouce des récentes intempéries.

swissinfo, Abigail Zoppetti

La force des partis

L'UDC est le premier parti de Suisse et devrait le rester aux élections fédérales du 21 octobre. Il a remporté 26,7% des suffrages en 2003 et est crédité de 26,2% des voix au cinquième baromètre électoral.

Deuxième parti du pays (23,3%), le PS devrait être le grand perdant des prochaines élections fédérales, selon le cinquième baromètre électoral (-1,7%).

Le PRD, qui a remporté 17,3% des voix en 2003, pourrait reculer de 1,1%.

Le PDC devrait, en revanche, se maintenir autour des 14%.

Les Verts, enfin, ressortent comme les grands «vainqueurs» dans ce récent sondage: ils pourraient passer de 7,4% en 2003, à plus de 10% cet automne.

Les autres petits partis – Verts Libéraux, Parti évangélique, Parti libéral, Parti suisse du travail, Union démocratique fédérale – oscillent entre 1 et 2%.

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