Une conférence pour préparer l'après Kyoto

L'Afrique est le continent qui paie le plus lourd tribut au réchauffement climatique. Keystone

La seconde phase du Protocole de Kyoto est au centre de la 12e conférence internationale sur le climat de Nairobi qui débute ce lundi au Kenya.

Ce contenu a été publié le 06 novembre 2006 - 07:42

Durant deux semaines, l'heure sera à l'examen des mesures à prendre dès 2012 afin de réduire les émissions de CO2 et d'aider les pays à s'adapter aux changements climatiques.

En acceptant le Protocole de Kyoto en 1997, les pays industrialisés se sont engagés à réduire, jusqu'en 2012, leurs émissions de CO2 de 5,2% par rapport à celles de 1990.

Cependant, les Nations Unies ont récemment publié de nouvelles données montrant une tendance à la hausse des émissions des gaz à effet de serre.

De plus, la conférence de Nairobi débute une semaine exactement après la parution du rapport alarmant sur le réchauffement climatique de l'économiste britannique Nicholas Stern, ancien économiste en chef de la Banque mondiale.

Selon lui, si rien n'est entrepris, le réchauffement global de la planète pourrait coûter chaque année entre 5 et 20% du total des revenus produits par l'économie mondiale.

«Le rapport Stern est une contribution très importante au débat sur le climat», fait remarquer Thomas Kolly à swissinfo.

Selon le chef des Affaires internationales de l'Office fédéral de l'environnement, la parution et la médiatisation de ce rapport impliquent que «les négociateurs présents à Nairobi seront encore plus attentifs. Et cela est positif».

A noter que cette conférence, co-organisée par la Suisse, suit le rendez-vous de décembre dernier à Montréal et une conférence interministérielle informelle près de Zurich en septembre de cette année.

Réduire les valeurs

A la tête de la délégation helvétique à Nairobi, Thomas Kolly reste pourtant prudent quant aux avancées qui pourraient se dessiner à Nairobi.

«Il ne faut pas s'attendre à de grandes décisions car cette conférence fait partie du processus initié à Montréal. Le but est de commencer les négociations sur l'après Kyoto et de poursuivre le dialogue afin que les principaux acteurs de la planète soient partie prenante.»

Les écologistes ont souligné à plusieurs reprises que les efforts visant à inverser la tendance au réchauffement climatique ne peuvent porter leurs fruits que si des pays comme les Etats-Unis, la Chine ou l'Inde se joignent à la lutte.

A partir de 2015, 50% des émissions de gaz devraient émaner des pays en voie de développement.

«Les USA ont clairement dit qu'ils n'étaient pas partie prenante du processus de Kyoto et je ne m'attends à aucun changement. Tout le monde espère tout de même qu'un jour ou l'autre, le dialogue permette qu'ils se joignent au mouvement», concède le négociateur helvétique.

Encore loin du compte

Selon les récents chiffres de l'ONU, les pays industrialisés sont encore loin d'atteindre les buts décidés à Kyoto. Les données montrent en effet une augmentation totale de 2,4% des émissions entre 2000 et 2004 pour 41 pays.

A l'heure actuelle, l'objectif de fixer des limites d'émissions pour l'après 2012 semble donc peu réaliste.

«Les pays industrialisés veulent voir des signes d'engagements probants émanant des pays émergeants avant de présenter leurs propres mesures de réduction», explique Thomas Kolly.

L'adaptation en question

Une des questions importantes à discuter à Nairobi est celle de l'adaptation; en particulier celle de l'aide des pays en voie de développement. Et ce, pour qu'ils soient en mesure de s'adapter aux impacts du changement climatique.

Lors de la réunion interministérielle informelle près de Zurich, la promesse avait été faite de venir en aide au pays les plus pauvres.

En relation à la Convention de l'ONU sur les changements climatiques et au Protocole de Kyoto, trois fonds spéciaux ont été créés afin de soutenir le processus d'adaptation et le transfert de technologie dans les pays en voie de développement. Mais dans la pratique, les pays pauvres n'ont pratiquement rien reçu.

«L'argent est disponible – par le biais des fonds d'adaptation – et une des grandes décisions à Nairobi sera de savoir qui est responsable de contrôler ces fonds. Une autre question sera de se demander comment générer plus d'argent», explique Thomas Kolly.

«La question de l'adaptation est particulièrement importante pour l'Afrique», ajoute Alexander Hauri.

Et l'expert de Greenpeace Suisse de conclure: «Ce continent a plus souffert du changement climatique que n'importe quel autre. Au travers notamment de la sécheresse, de la malaria et de l'élévation du niveau de la mer».

swissinfo, Simon Bradley
(Traduction et adaptation de l'anglais: Mathias Froidevaux)

Faits

La 12e conférence mondiale sur le climat se tient du 6-17 novembre à Nairobi.
Quelque 6'000 délégués et observateurs de 190 pays vont prendre part à ce sommet de deux semaines
Le ministre suisse de l'Environnement Moritz Leuenberger sera présent sur place durant les trois derniers jours de la conférence

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En bref

Le Protocole de Kyoto, un amendement de la Convention de l'ONU sur les changements climatiques, a été approuvé en 1997 et est entré en vigueur le 16 février 2005.

Il a été ratifié par la grande majorité des pays industrialisés – mis à part les USA et l'Australie – et par bon nombre de pays en voie de développement.

La Suisse a été le 110e pays à ratifier le Protocole (2003) qui appelle les pays industrialisés à abaisser la moyenne de leurs émissions de CO2 de 5,2% par rapport à 1990 d'ici 2012.

La Suisse s'est engagée à réduire de 10% ses émissions de CO2 (par rapport à 1990) d'ici 2010, soit l'équivalent de quatre millions de tonnes de CO2.

En Suisse, la loi sur le CO2 entrée en vigueur en 2000 prévoit des mesures additionnelles si les buts ne peuvent être atteints de manière volontaire.

Suite à l'opposition à un impôt obligatoire sur les émissions de CO2, les autorités helvétiques ont accepté en octobre dernier l'introduction d'une taxe sur l'essence et le diesel à titre d'essai.

En 2004, les émissions de CO2 en Suisse se sont élevées à 41.4 millions de tonnes à comparer aux 41.1 millions de tonnes de 1990.

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