Vache folle: Migros et Coop dépistent le prion contre l'avis de Berne

Migros et Coop ne veulent pas faire du dépistage un argument de vente. Keystone

La découverte fortuite d'un nouveau cas de vache folle en Valais divise plus que jamais l'Office vétérinaire fédéral (OVF) et les grands distributeurs. Migros et Coop ont instauré le dépistage systématique des bovins de plus de 20 mois; une décision que l'OVF juge infondée.

Ce contenu a été publié le 13 février 2001 - 21:25

«La position de l'OVF reste la même», déclare son porte-parole, Heinz Müller. «Le dépistage de tous les bovins qui passent à l'abattoir est une mesure qui ne se justifie pas, car l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) met environ quatre ans à se déclarer».

Les tests systématiques ne sont donc pas, pour l'OVF, une garantie de détecter les jeunes bovins potentiellement malades. Selon le Dr Müller, la seule mesure efficace reste l'«élimination de tous les abats à risque», une pratique en vigueur en Suisse.

«Faux», rétorquent en cœur Coop et Migros. Les deux grands distributeurs testent ou font tester de manière systématique depuis le 1er février tous les bovins de plus de 20 mois dont la viande sera vendue dans leurs étals sous forme de saucisses ou de terrines.

«Même si ce test permet de détecter ne serait-ce qu'un ou deux cas par an, cela est déjà mieux que rien», résume Roland Dousse du laboratoire Migros chargé du contrôle de la qualité des produits. Mais avec cette nouvelle pratique, les deux distributeurs mettent l'OVF devant le fait accompli.

En effet, les contrôles réalisés par les laboratoires suisses pour le compte de Migros et Coop revient à tester environ 80 % des bovins concernés. Entre 180 000 et 200 000 bêtes devraient annuellement voir leur cervelle passer sous la loupe des scientifiques.

«C'est un instrument de marketing», dénonce Silvan Borer de l'Union suisse des maîtres bouchers. «Le dépistage systématique ne donne pas plus de sécurité aux consommateurs.» L'Union suisse des maîtres bouchers achète les 20 % restants des abattages de bovins.

«Nous nous tenons aux règles dictées par l'OVF», relève M. Borer, avant d'ajouter: «Si elle exige ces tests, la Confédération devrait les prendre à sa charge». Le dépistage par le test Prionics coûte un peu moins de cent francs l'unité.

A Migros et Coop, on assure que le test n'entraînera «presque» pas de surcoût pour le consommateur mais sera partagé entre les acteurs de la chaîne de production. «Nous n'allons pas faire de ce dépistage un argument de vente», assure encore M. Dousse. Les emballages ne porteront donc pas la mention «viande testée».

Un dépistage aléatoire réalisé à l'abattoir de Martigny (VS) avait permis de déceler un nouveau cas de vache folle, relançant la polémique autour de l'opportunité d'imposer des tests systématiques.

A la suite de cette découverte, le conseiller d'Etat valaisan Thomas Burgener, en charge de la santé publique, a écrit lundi au conseiller fédéral Pascal Couchepin pour lui demander d'instaurer en Suisse un dépistage général de la maladie.

Dans sa lettre, M. Burgener soulignait que, sans le contrôle effectué dans l'abattoir, la viande de cette vache aurait été vendue au consommateur.

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