Vieillissement: un défi et une chance pour la Suisse

Dans les pays industrialisés, la vieillesse n’est plus synonyme de pauvreté. Mais il faut préserver les acquis sociaux. Keystone Archive

Associons les personnes âgées aux décisions qui les concernent: paroles de Ruth Dreifuss à la conférence de Madrid sur le vieillissement.

Ce contenu a été publié le 09 avril 2002 - 11:43

Vingt ans après la conférence de Vienne, c'est dans la capitale espagnole que se déroule cette semaine la seconde Assemblée mondiale de l'ONU sur le vieillissement.

Cette assemblée ministérielle doit adopter un nouveau plan d'action international à l'intention des pouvoirs publics de manière à promouvoir la santé et le bien-être des personnes âgées et les doter d'un environnement favorable et porteur.

Un véritable choix de société

Face aux défis que présente le vieillissement dans les sociétés industrialisées, le ministre suisse de l'Intérieur, Ruth Dreifuss, a insisté mardi matin à Madrid sur la nécessité d'intégrer pleinement les personnes âgées dans les processus de réflexion et de décision.

«Associer la société civile et les personnes âgées elles-mêmes à la recherche de solutions qui les concernent correspond, dit la ministre, à un véritable choix de société.»

Plus loin, elle dit apprécier que le plan d'action proposé par la Conférence «ne se limite pas à un catalogue de droits individuels, mais qu'il détaille les situations dans lesquelles il importe d'être à l'écoute de la personne âgée, de l'associer aux décisions qui la concernent, de respecter ses préférences».

Ruth Dreifuss note que dans les pays industrialisés la vieillesse, fort heureusement, n'est plus synonyme de pauvreté. Mais il faut préserver les acquis sociaux «péniblement obtenus» et combler «les lacunes qui subsistent».

La situation particulière des immigrés et des femmes

S'agissant des situations suisses, la ministre pense d'abord aux problèmes particuliers des immigrés. «Par exemple, dit-elle, une personne migrante âgée peut être tiraillée entre le besoin de retourner dans son pays et celui de demeurer en Suisse auprès de ses enfants.»

Ruth Dreifuss s'inquiète aussi de la situation faite aux femmes: après avoir élevé des enfants, elles sont sollicitées auprès de leurs parents. «On les voit donc passer d'une obligation à une autre, souvent au prix de grandes fatigues et de difficultés à concilier toutes leurs responsabilités.»

Les grandes lignes des réflexions suisses sur les questions du vieillissement ont été communiquées à l'Assemblée de Madrid sous la forme d'un rapport intitulé: «Longévité: défi de société et chance culturelle».

swissinfo/Bernard Weissbrodt

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