Votation: Quoi de neuf dans la loi sur la chasse?

Oui à une loi permettant «une cohabitation durable entre l’homme et le loup»

La révision de la loi sur la chasse permet de «mieux préserver différents animaux sauvages ainsi que leur environnement» tout en offrant «une solution pragmatique à la question du loup», déclare le conseiller aux États Stefan Engler. Le démocrate-chrétien des Grisons explique en détail pourquoi il invite le peuple à voter «oui» le 27 septembre.

Ce contenu a été publié le 31 juillet 2020 - 15:19
Stefan Engler, conseiller aux États, coprésident du comité «Oui à la loi sur la chasse»

La loi actuelle sur la chasse date de 1985. Depuis, beaucoup de choses ont changé: les espèces protégées comme le loup ou le castor ont par exemple à nouveau augmenté ces dernières années. C’est réjouissant, il s’agit d’un bon signal en faveur de la nature et de la diversité des espèces en Suisse.

Toutefois, la hausse du nombre de loups, notamment, entraîne toujours davantage de conflits avec l’agriculture, le tourisme et la population. Une révision de la loi est donc nécessaire, afin de pouvoir réagir à ces variations et protéger plus efficacement les hommes et les bêtes.

La nouvelle législation permet de mieux préserver différents animaux sauvages ainsi que leur environnement. Elle offre également une solution pragmatique à la question du loup, qui a fait son retour en Suisse en 1995 et dont la population ne cesse de croître: en 2019, notre pays comptait environ 80 individus. Des loups s’attaquent aux moutons et aux chèvres, tuant 300 à 500 d’entre eux par année. Les troupeaux protégés par des chiens ou des clôtures ne sont pas épargnés, car les loups apprennent à les contourner. Et certains ne craignent plus les zones d’habitation. La révision de la loi sur la chasse vise à atténuer les conflits liés à la croissance de l’effectif des loups.

Une meilleure protection de la nature

La nouvelle législation apporte différentes améliorations pour la faune et son habitat. Les réserves et zones protégées où les animaux trouvent refuge, comme les corridors à faune, seront soutenues par des fonds supplémentaires. Dans l’ensemble de la Suisse, environ 300 passages pour les animaux sauvages seront préservés de tout obstacle afin d’améliorer la mise en réseau des milieux naturels. La Confédération et les cantons devront mettre en place des ponts et des tunnels lorsque ces corridors sont entrecoupés par une route ou une ligne de chemin de fer.

La Confédération soutient financièrement les cantons pour valoriser les habitats des animaux sauvages et des oiseaux dans les quelque 80 réserves fédérales. Douze espèces de canards sauvages ne pourront plus être chassées. De plus, la bécasse des bois bénéficiera d’une plus longue période de protection. La loi oblige les cantons et les agriculteurs à ériger des clôtures respectueuses des animaux sauvages afin d’éviter autant que possible les accidents et les blessures. Ces mesures profitent à la diversité des espèces: elles contribuent à préserver l’habitat naturel des animaux sauvages et à protéger la nature.

Une solution pragmatique pour le loup

La révision permet aux cantons de réguler la population de loups avant que ceux-ci ne s’attaquent aux moutons et aux chèvres. Cet animal reste toutefois une espèce protégée. L’objectif de cette innovation est de maintenir une certaine crainte du loup face aux hommes et aux habitations, d’éviter les dommages aux troupeaux et de diminuer ainsi le nombre de conflits.

Un élément central de la nouvelle loi est que la responsabilité de la mise en œuvre de la régulation des espèces incombe désormais aux cantons. Ces derniers connaissent les zones dans lesquelles évoluent le gibier et les meutes, ils participent à la protection des troupeaux et sont en contact avec les personnes lésées. Surtout, ce sont les gardes-chasse cantonaux qui sont responsables d’effectuer les tirs en cas de besoin. Ceux-ci n’interviennent que lorsque les mesures de protection contre les dommages ne sont plus suffisantes.

Les cantons sont tenus d’épuiser toutes les actions préventives possibles avant d’envisager une régulation. Lorsque des meutes de loups se forment, nous savons désormais par expérience que les mesures de protection ne permettent pas d’éviter les dégâts. Les loups apprennent vite à contourner les stratégies de sécurisation des troupeaux. Afin qu’ils continuent à craindre les habitations et les dispositifs de protection, il faut avoir la possibilité d’abattre certains spécimens.

L’élevage au pâturage est l’un des modèles les plus écologiques et il doit pouvoir perdurer dans les vallées de montagne. Lorsque c’est possible et raisonnable, les troupeaux doivent être protégés par la mise en place de mesures appropriées par les agriculteurs. Les chasseurs aussi doivent s’adapter à la présence de nouveaux concurrents et à la nature du terrain.

La révision législative soumise au peuple suisse pose le cadre d’une cohabitation durable entre l’homme et le loup. Elle mérite notre soutien. C’est pourquoi je dis «oui» avec conviction à la nouvelle loi sur la chasse!
 

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas la position de swissinfo.ch.

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