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Analyse


#Brexit – l'appel d'urgence démocratique pour l'Europe



Par Bruno Kaufmann, Londres




"Brexit!" Avec leur vote, les eurosceptiques britanniques secouent leur pays et toute l'Europe. (Keystone)

"Brexit!" Avec leur vote, les eurosceptiques britanniques secouent leur pays et toute l'Europe.

(Keystone)

Ainsi, 51,9% ont dit «leave» («quitter»). Ce 23 juin, les citoyennes et les citoyens britanniques ont répondu à la question «le Royaume-Uni doit-il rester membre de l’Union européenne, ou la quitter?» Avec 72%, le référendum a atteint le plus haut taux de participation jamais enregistré en Grande-Bretagne.

Mais avec cette décision historique, les 33 millions de participants au vote n’ont pas seulement donné une réponse. Ils ont aussi posé de nombreuses nouvelles questions: sur la Grande-Bretagne, sur la démocratie, sur l’Europe. 

De quoi on parle: le Brexit comme signal d'alarme - désormais, l'UE doit passer à la démocratie directe, analyse le spécialiste de la démocratie Bruno Kaufmann.

Cet article est publié dans le cadre de #DearDemocracy, la plateforme pour la démocratie directe de swissinfo.ch

Grande-Bretagne: le vote sur le Brexit tend un miroir à la société de l’ancienne puissance mondiale. Le résultat met en évidence deux grandes lignes de fracture: l’une sociale, l’autre régionale. La première court entre la frange ouverte, cosmopolite et socio-libérale de la société et une frange conservatrice, tournée vers l’intérieur et critique vis-à-vis de l’immigration. La seconde faille court à l’intérieur des frontières nationales, soit entre l’Angleterre et l’Ecosse, comme à l’intérieur de l’Irlande du Nord.

Les deux conflits ont des conséquences importantes: la fracture sociale met avant tout en lumière la crise des partis traditionnels, principalement celle que traversent actuellement les sociaux-démocrates du Labour. Les failles régionales quant à elles devraient désormais ne faire que s’accentuer et conduire peut-être à une séparation de l’Ecosse – et de l’Irlande du Nord. Un scénario pour lequel le premier ministre conservateur en fonction David Cameron n’aimerait pas forcément entrer dans l’Histoire.

Démocratie: Jusqu’ici, aucun autre pays d’Europe n’a tenu le parlementarisme en aussi haute estime que la Grande-Bretagne, mère du système institutionnel des représentants du peuple. Depuis des décennies, la population de ce royaume de près de 65 millions d’habitants est gouvernée par des premiers ministres qui tirent leur pouvoir global uniquement d’une majorité relative des votants, selon le principe qui veut que «the winner takes it all».

Aux yeux de larges cercles de la population, la légitimité de nombreuses décisions prises à Londres a souffert de ce système, et avec elle la compréhension d’options que le même gouvernement a soutenues à l’intérieur des institutions européennes.

La décision de Brexit doit donc aussi être comprise comme un appel d’urgence démocratique et comme une demande de renforcer durablement des voies d’implication et de participation des citoyens jugées trop faibles. Et ceci via davantage de démocratie directe à tous les niveaux du processus politique. Dans ce sens, le modèle du plébiscite (votation populaire décidée d’en haut) choisi par le premier ministre Cameron ne constitue pas une réponse.

Europe: Dans les dernières décennies, le projet d’intégration politique européen a non seulement accompli de nombreux progrès et connu de nombreux approfondissements, mais il a aussi été marqué par des turbulences et des revers. Déjà dans le passé, des votations populaires dans des pays de l’Union sur des thèmes européens ont conduit plusieurs fois à des rejets douloureux. Et à chaque fois, les forces dominantes de la politique et de la société se sont tirées facilement de cette situation. C’est ce qui s’est passé à la suite du non des Danois et des Irlandais aux modifications du traité de l’UE, ou après le refus du traité constitutionnel européen en France et aux Pays-Bas.

Après le vote sur le Brexit, ceci ne sera plus possible. Déjà, les forces nationalistes et conservatrices d’autres pays de l’UE exigent des référendums similaires. Mais tout d’abord, il faudra régler la question de la manière et des conséquences du retrait britannique de l’Union. Et rien que cela devrait durer des années.


La Grande-Bretagne sort de l'UE - comment voyez-vous ce Brexit? Votre avis nous intéresse


(Traduction de l'allemand: Marc-André Miserez), swissinfo.ch

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