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Enjeux locaux


Quand la participation citoyenne prend corps au village



Par Olivier Pauchard, Mont-sur-Lausanne




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Le temple reste au cœur de la commune du Mont-sur-Lausanne. (Sissssou)

Le temple reste au cœur de la commune du Mont-sur-Lausanne.

(Sissssou)

Mieux intégrer la population dans les processus de décision de la commune et promouvoir la démocratie participative en Suisse, c’est l’ambition d’un nouveau groupe politique né au Mont-sur-Lausanne. Reportage.

En cette fin du mois de mai, une bonne trentaine de personnes sont réunies dans la salle paroissiale du Mont-sur-Lausanne, localité de 7000 habitants située sur les hauts du chef-lieu vaudois. Elles sont venues à l’appel d’un mouvement né un mois plus tôt et baptisé Le Mont citoyen: Démocratie – Solidarité – Ecologie.

But de ce forum: élaborer un programme en vue des élections communales de 2016. Dans son discours d’ouverture, Philippe Somsky, membre du comité provisoire du Mont citoyen, explique que cette expérience doit permettre aux citoyens de se réapproprier la démocratie et d’influer directement sur les sujets qui les concernent. Il s’agit aussi de «combler les limites de la démocratie représentative», précise-t-il.

Les sujets sur la table

Concrètement, les citoyens présents se réunissent autour de tables sur lesquelles sont placés des post-it avec différentes propositions. Ces propositions – les mêmes pour les différentes tables – tournent autour de trois grand thèmes portés par le Mont citoyen: l’écologie, la démocratie et la solidarité.

Parmi ces propositions citons notamment: «Mettre en place des déchetteries de proximité», «Proposer des travaux d’intérêt public pour les requérants d’asile et les chômeurs», «Introduire des clauses sociales et environnementales dans les commandes publiques» ou encore «Mettre des locaux communaux à la disposition des associations».

Autour de chaque table, les citoyens disposent de quinze minutes pour chacun des trois thèmes. Ils doivent utiliser ce quart d’heure pour débattre des différentes propositions, les modifier ou en formuler de nouvelles. Les idées retenues sont ensuite collées sur un tableau mural.

Une fois les trois thèmes traités, un rapporteur par table résume les résultats. Intervient ensuite le moment du vote. Les participants disposent de pastilles autocollantes qu’ils peuvent placer sur les post-it accrochés aux tableaux muraux. Les idées qui obtiendront le plus de pastilles seront retenues pour figurer au programme en vue des prochaines élections.

Parmi les personnes présentes, une seule ne se livre pas à cet exercice mais y assiste en tant que simple spectateur. Il s’agit de Jean-Pierre Sueur, le syndic (maire) de la commune, un représentant de cette «démocratie représentative» dont on vient de dénoncer les limites. S’il salue cette initiative, il ne cache pas ses doutes: «Dans ces ateliers, les gens s’investissent pour discuter et réfléchir. Certaines idées ne sont pas retenues, ce qui peut faire naître certaines frustrations. On ne gagne certes pas toujours en politique, mais les frustrations se ressentent plus fortement lorsque les problèmes abordés sont très locaux», lâche-t-il.

Amener une modernité

Le Mont citoyen s’est constitué à la suite de deux pétitions sur la gestion des déchets et l’accueil préscolaire des enfants. C’est de là qu’est partie l’idée de faire davantage participer les citoyens à la vie politique communale, et peut-être aussi d’étendre l’expérience plus loin.

«Nous prétendons amener une modernité dans notre région et en Suisse, déclare Philippe Somsky. Nous sommes un lieu d’expérimentation, même s’il est vrai que ce réveil citoyen se rencontre déjà en plusieurs endroits du monde. Nous essayons d’inventer un bout de démocratie qui dépasse les faiblesses de la démocratie représentative et même directe.»

La démocratie directe, avec ses possibilités de référendums et d’initiatives populaires, permet pourtant au peuple de s’exprimer régulièrement sur des thèmes très divers, tant au niveau national que cantonal ou même communal. Mais pour Philippe Somsky, ce système n’est pas la panacée.

«Pour lancer des initiatives ou des référendums, il faut avoir les reins solides et un porte-monnaie bien garni, relève-t-il. Ce sont généralement des grands partis ou des lobbies puissants qui peuvent faire émerger leurs revendications. Or nous prétendons que sur des sujets du quotidien, la population devrait être impliquée systématiquement.»

Vraiment tous les citoyens?

Parmi les participants, les motivations semblent diverses. «Je viens à titre purement égoïste, parce que je suis très touché par la problématique du bruit», indique Jean-Pierre. «J’aime suivre ce qui se passe dans la commune et rencontrer du monde», déclare Marcel.

On peine cependant à voir une différence entre ce forum censé représenter l’ensemble des citoyens et une réunion des Verts, de l’Association transports et environnement (ATE) ou de toute autre organisation marquée à gauche. Et les discussions entendues au moment de l’apéro renforcent ce sentiment: un homme s’émeut de ce qu’une grande marque de cartouches d’encre pour imprimantes se prétende écologique; une femme dénonce le trop grand nombre de véhicules 4x4 sur les routes de la commune.

Le Mont citoyen est-il dès lors qu’un simple avatar des roses-verts? Philippe Somsky s’en défend. «Quelques personnes appartiennent à un parti, mais la plupart des membres du groupe n’ont pas d’étiquette politique. Il est vrai que ce sont souvent des milieux associatifs qui s’engagent au début, mais il s’agit d’élargir au maximum. Cela ne doit pas se limiter à un petit groupe, à une sorte d’avant-garde qui finirait par faire les mêmes choses que ceux qui tiennent les manettes aujourd’hui.»

swissinfo.ch



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