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Baromètre électoral Pourquoi les Suisses votent différemment quand ils vivent à l’étranger

Man in traditional Swiss costume throwing a Swiss and EU flag in the air

Plus de 60% des expatriés suisses enregistrés vivent en Europe, notamment dans les pays voisins: France, Allemagne et Italie. 

(Keystone/Martin Ruetschi)

Les liens entre la Suisse et l’Union européenne sont la principale préoccupation de près de la moitié des Suisses de l’étranger. En Suisse, par contre, le sujet n’est une priorité que pour un votant sur quatre.

Le baromètre électoral réalisé à un an des législatives par l’institut de recherche Sotomo pour le compte de la Société suisse de radiodiffusion et télévision (maison mère de swissinfo) laisse voir des différences notables de préférences politiques entre les Suisses de l’étranger et ceux qui vivent au pays. Pas de surprise: ces résultats confirment ceux de recherches antérieures.

Cette dernière édition du baromètre électoral est basée sur un peu plus de 12'000 réponses en ligne, dont 546 viennent de Suisses de l’étranger. La liste des six préoccupations principales des expatriés y est pratiquement l’inverse de celle qui se dégage du baromètre global, comme le montre le graphique ci-dessous.

vote

Les préoccupations politiques des Suisses de l'étranger

Alors que 47% des expatriés considèrent les relations Suisse-UE comme une priorité, seuls 28% de l’ensemble des sondés partagent ce point de vue. Le pourcentage est légèrement plus élevé en Suisse romande (30%), mais en-dessous de la moyenne dans les régions germanophone et italophone.

En tête de liste globalement, ainsi que dans les trois régions linguistiques, on trouve les coûts en hausse des primes d’assurance-maladie (42%), alors que 26% seulement des Suisses de l’étranger interrogés en font une priorité.

Impact direct

Il y a de bonnes raisons à ces écarts, comme l’explique Michael Hermann, de Sotomo.

«La plupart des Suisses expatriés vivent dans des pays de l’UE et les relations avec l’Europe des 28 ont un impact direct sur leurs vies», rappelle-t-il. Quant à la priorité relativement faible accordée aux questions de l’assurance-maladie, Michael Hermann fait remarquer que de nombreux Suisses de l’étranger ne sont probablement pas couverts par le système des assurances suisses.

Le système des rentes de vieillesse est une autre affaire, si l’on tient compte du fait que la communauté des Suisses de l’étranger compte de nombreux retraités qui vivent dans des pays d’Europe du Sud ou d’Asie, et qui ont encore des liens étroits avec leur pays d’origine.

De fait, sur les 752'000 citoyens suissesLien externe qui vivaient de par le monde à la fin de l’année dernière, 62% étaient basés dans un pays d’Europe et 21% environ avaient plus de 65 ans. A noter aussi que les Suisses de l’étranger ne sont qu’un peu plus de 172'000 (23%) à s’être enregistrés pour participer aux votations et aux élections.

Libre circulation des personnes

L’Organisation des Suisses de l’étranger (OSELien externe) reconnaît que les résultats du baromètre électoral sont conformes à ceux des études précédentes.

Sarah Mastantuoni, directrice de l’OSE, confirme que les relations Suisse-UE sont cruciales pour les six expatriés sur dix qui vivent dans l’Union. «Le fait n’est peut-être pas évident pour tous, mais le principe de la libre circulation ne s’applique pas qu’aux citoyens de l’UE qui viennent travailler en Suisse, mais aussi aux citoyens suisses qui souhaitent vivre dans un pays de l’UE».

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Problème mondial

Le changement climatique et le problème des émissions de CO2 sont actuellement au deuxième rang des préoccupations des Suisses de l’étranger, avec 35%, tandis que globalement, les sondés sont 30% à s’en soucier – et même 38% en Suisse romande. «C’est un problème qui ne connaît pas les frontières», note Michael Hermann

En outre, cela donne une indication sur le profil politique typique de la communauté des expatriés. Les partis de gauche – Verts et socialistes – ont plus de succès chez les Suisses de l’étranger que dans le pays, avec respectivement 13 et 24%, alors que les conservateurs de l’UDC viennent en deuxième position avec 21%, contre 27% en Suisse. Pour les autres partis, l’écart se situe dans la marge d’erreur, qui est de plus ou moins 1,5%.

«L’expatrié typique est plus ouvert d’esprit et n’a pas le même profil politique conservateur», affirme Michael Hermann. Dans une certaine mesure, ces résultats semblent refléter la composition de la communauté d’expatriés suisses qui s’intéresse à la politique: une génération plus jeune et mobile, qui aurait quitté le pays à titre temporaire.

Une comparaison des données de plus de 60 votations fédérales entre 2011 et 2017 a montré que les Suisses de l’étranger étaient généralement plus à gauche, plus libéraux et plus progressistes que leurs compatriotes du pays ayant participé aux mêmes scrutins.

Cette étudeLien externe a été réalisée sur des estimations, car les cantons ne sont que 12 sur 26 à comptabiliser séparément les votes des expatriés, comme le fait remarquer son auteur, le politologue Thomas Milic, du Centre pour la démocratie d’Aarau (ZDALien externe).


(Traduction de l’anglais: Marc-André Miserez), swissinfo.ch/urs

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