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Développement humain: la Suisse à la traîne côté égalité hommes-femmes

L´égalité des chances filles-garçons est également au menu du sommet de Genève, à l'ONU (archive)

(Keystone)

Le PNUD profite du Sommet social pour sortir son rapport annuel. Il a choisi d´aborder le thème des droits de l´homme. La Suisse, comparée aux autres pays riches, n'y fait pas bonne figure s´agissant de l´égalité des chances filles-garçons.

Le rapport annuel du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) est toujours très attendu. Les messages qu'il diffuse tous les ans à l'attention des gouvernements comme du grand public ont à chaque fois le mérite de la clarté, souvent celui de l'audace, certainement celui de l'indépendance face aux discours convenus du système onusien.

Ce qu'il veut dire cette année, en particulier à ceux et celles qui participent au Sommet social de Genève, c'est que les droits de l'homme sont aussi mondiaux que les mouvements de capitaux: «Pour se lancer à corps perdu dans le développement, les individus doivent impérativement avoir le sentiment qu'ils ont la possibilité de participer et de s'exprimer. Dès lors qu'ils disposent de droits, ils sont de meilleurs acteurs économiques.» Autrement dit, les droits de l'homme ne sont pas une des retombées du développement, mais sa condition.

De ce point de vue, la Suisse, théoriquement, pourrait se dire qu'elle en remplit toutes les conditions. La preuve, c'est que si l'on regarde les tableaux comparatifs du rapport du PNUD dans le domaine de l'adhésion aux grands traités internationaux sur les droits de l'homme et aux principales conventions sur les droits des travailleurs, la Suisse les a tous ratifiés, y compris, cette semaine, la convention sur les pires formes du travail des enfants.

Dans un autre domaine, le PNUD cite la Suisse comme un exemple (il ne dit pas «modèle») de réponse institutionnelle en matière de respect des droits de minorités, alors que certains systèmes de démocratie majoritaire, au sens étroit du terme, ont parfois la tentation de les laisser pour compte.

Alors comment comprendre que ce pays, qui figure au 4e rang du palmarès mondial des produits intérieurs bruts par habitant (derrière le Luxembourg, les États-Unis et la Norvège), ne se retrouve qu'à la 13 place dans le classement du PNUD selon l'indice du développement humain? Où faut-il chercher l'explication de cette «rétrogradation»? Serait-ce l'illustration «à la suisse» que l'argent ne fait pas le bonheur?

La réponse se trouve là où le rapport compare les statistiques entre hommes et femmes (ou, si l'on préfère, les indicateurs sexospécifiques). Dans le domaine, tout d'abord, des situations éducatives, on s'aperçoit que le taux de scolarisation des filles dans le secondaire n'atteint que 80 pour cent, ce qui place la Suisse en queue de peloton des pays au développement humain élevé. L'indice de progression se révèle d'ailleurs assez faible, comparé par exemple à celui de l'Italie.

Autre constat qui n'est pas sans rapport avec le précédent: le taux de fonctions d'encadrement supérieur et de direction occupés par des femmes n'est que de 20 pour cent, ce qui relègue la Suisse là aussi au-delà du trentième rang. A titre de comparaison, l'Italie affiche 53 pour cent, les États-Unis 44. Parmi les pays industrialisés, seul le Japon fait vraiment mauvaise figure avec un taux de 9 pour cent. S'agissant des postes d'encadrement techniques, le score suisse semble un peu meilleur mais reste nettement à la traîne de ses voisins.

Bernard Weissbrodt

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