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Aérospatiale


L’entreprise S3 se porte bien, selon Pascal Jaussi


La société Swiss Space Systems (S3) «ne s'est jamais aussi bien portée depuis 18 mois», affirme son patron Pascal Jaussi. Il s’exprime pour la première fois dans les médias depuis son agression le 26 août dernier pour affirmer vouloir se battre pour rétablir la vérité sur sa société qui vient d'obtenir une prolongation de l'ajournement de faillite.

Invoquant l'enquête en cours, Pascal Jaussi ne donne aucun élément sur l'agression dont il a été victime dans les bois d'Aumont dans le canton de Fribourg, si ce n'est que le passage à tabac est lié à l'activité de S3, soit le lancement de petits satellites.

Pascal Jaussi répond aux questions du JT de la RTS.

Endettée à hauteur de 5 millions de francs suisses, S3 n'est pas menacée financièrement, affirme le responsable. «L'ajournement de la faillite vient d'être prononcé. S3 n'est pas comptablement en surendettement et peut continuer ses activités et sa recapitalisation. »

La société fille S3 Solutions a été capitalisée en début d'année à hauteur de 29 millions de francs, poursuit Pascal Jaussi : «La somme sera bientôt transférée à notre holding, ce qui permettra de rembourser nos créanciers. »

Délais serré

Lancée en 2013, S3 a bénéficié de l'appui de Dassault Aviation, «un grand industriel qui vous protège des coups», dit le jeune patron. Lorsque le groupe français s'est retiré en 2015, «nous nous sommes retrouvés vulnérables», ce qui a nécessité la recherche d'investisseurs.

Pascal Jaussi affirme que les vols sans gravité (Zero G) sont planifiés pour fin janvier. «Nous serons à l'heure pour ces vols. Je n'en doute pas un seul instant, car j'ai derrière moi une équipe formidable.»

Une affirmation qui a toutefois été contredite mercredi soir par l'astronaute Claude Nicollier dans l'émission "Rundschau" de la radio-télévision alémanique SRF. Conseiller technique de S3, le Vaudois a jugé «impossible» d'obtenir les autorisations dans un aussi bref délai.

Partenaire chinois

Sur l'activité de sa société, Pascal Jaussi affirme que «S3 ne fait pas de matériel militaire». Il évoque néanmoins l'importance stratégique de l'espace et de sa maîtrise dans «la guerre économique mondiale. Nous avons été menacés, mis sur écoute. Nos serveurs ont même été sabotés».

Le groupe chinois Recon, qui voulait investir des millions dans S3 fin 2015, parle alors «d'une application militaire possible des navettes», déclaration retirée à la demande de S3, affirme Pascal Jaussi. Malgré cela, Recon serait toujours partenaire pour développer les affaires sur sol chinois.

swissinfo.ch avec la RTS (le 19h30 du 14'09'16)

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