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Carnet noir


Figure marquante de l’OMC, Luzius Wasescha s’en est allé


Par Frédéric Burnand, Genève


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Depuis sa retraite en 2012, Luzius Wasescha - ici en 2015 - a notemment présidé le Club diplomatique de Genève.  (Keystone)

Depuis sa retraite en 2012, Luzius Wasescha - ici en 2015 - a notemment présidé le Club diplomatique de Genève. 

(Keystone)

Négociateur chevronné, Luzius Wasescha a été l’une des chevilles ouvrières des accords commerciaux internationaux conclus par la Suisse depuis les années 90. Partisan d’un libre-échange équilibré, le socialiste était convaincu que l’OMC survivrait à son impasse actuelle.

C’est un grand commis de l’Etat et un négociateur chevronné qui disparaît à l’âge de 70 ans. Né en 1946 dans le canton des Grisons, le docteur en droit entame son parcours à la Confédération au sein du bureau de l’Intégration (en charge des relations entre Berne et Bruxelles).

Membre du parti socialiste, Luzius Wasescha se plonge dans les négociations commerciales internationales en 1983 et devient chef suppléant de la division Commerce mondial/GATT au sein du ministère de l’économie. C’est dans ce cadre qu’il participe aux négociations de l’Uruguay Round, un accord international de libre-échange qui permit, entre autre, la création et l’établissement à Genève en 1995 de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Une organisation qui suscite rapidement une vague mondiale de contestation par ceux qu’on appelait alors les anti-mondialisation. Comme membre de la délégation suisse à la conférence ministérielle de l’OMC à Seattle (USA) en 1999, Luzius Wasescha assiste avec le ministre de l’économie d’alors – Pascal Couchepin - au point d’orgue de cette contestation et à l’échec du lancement d’un cycle dit du millénaire qui était censé abaisser ou supprimer une série de barrières au commerce international. L’OMC est alors perçue comme un mal absolu, comme l’ennemi à abattre, en particulier à gauche.

En Suisse, Luzius Wasescha doit tout particulièrement affronter la méfiance, voire la colère du monde paysan, hostile à ces accords de libre-échange. Lui-même a toujours plaidé pour une adaptation de l’agriculture suisse, grâce notamment aux appellations géographiques, pour assurer son avenir.

Luzius Wasescha, chef de la délégation suisse à l'OMC, en 2005

Comme délégué aux accords commerciaux puis chef de la Mission permanente de la Suisse à Genève, Luzius Wasescha a connu de l’intérieur les affres de l’Organisation mondiale du commerce et son incapacité à lancer d’ambitieux cycles de libéralisation du commerce. Fin connaisseur de ses arcanes, l’ambassadeur a mis toute son énergie à sortir l’organisation de son impasse, notamment comme président du groupe de négociation de l'OMC sur l'accès aux marchés des produits industriels.

Incontournable OMC

Face à la multiplication des accords commerciaux régionaux et bilatéraux, Luzius Wasescha se montrait relativement confiant sur l’avenir de l’OMC. Tôt ou tard, pensait-il, les Etats chercheront à harmoniser les règles du commerce mondial et retrouveront le chemin préconisé par l’OMC: une ouverture régulée du commerce international qui profite à l’ensemble des pays.  

Les difficultés actuelles que traversent plusieurs traités de libre-échange, comme celui entre les Etats-Unis et l’Europe, suggèrent que sa prophétie pourrait bien se réaliser. D’ailleurs, nombre d’adversaires d’hier de l’OMC ont fini ces dernières années par considérer d’un bon œil le gendarme du commerce mondial, face aux intérêts plus ou moins déchaînés des grandes puissances économiques.

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