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L'hommage d'une skieuse suisse à Régine Cavagnoud

Régine Cavagnoud, en mars dernier, avec le globe de cristal du Super-G et la médaille d'or de la spécialité.

(Keystone Archive)

La championne française de ski alpin, Régine Cavagnoud, est décédée, mercredi. La Suissesse, Corinne Rey-Bellet, témoigne.

«Pour moi, c'est un choc que d'apprendre que Régine Cavagnoud est décédée, quand bien même je savais, depuis lundi, qu'elle se trouvait à l'hôpital entre la vie et la mort.»

Une très grande championne

En effet, Régine Cavagnoud, 31 ans, est décédée à l'hôpital d'Innsbruck, des suites de ses blessures dans une collision avec un entraîneur allemand, lundi, lors d'un entraînement de descente sur le glacier de Pitzal, dans les Alpes autrichiennes.

Régine Cavagnoud a été championne du monde de super-G, l'an dernier à St-Anton. Elle avait aussi remporté la Coupe du monde dans cette discipline. Elle comptait huit victoires en Coupe du monde. Samedi à Sölden, elle avait terminé 3e du géant, en ouverture de saison.

«Lorsque ma mère m'a appris la nouvelle, ce mercredi matin, précise la championne de ski suisse, j'ai dû m'arrêter sur une aire d'autoroute, tant je me sentais bouleversée.»

Corinne Rey-Bellet connaissait Régine Cavagnoud depuis dix ans. Autrement dit, depuis qu'elle était entrée en Coupe du monde de ski alpin. «On entretenait de très bons contacts. Nous avions testé des chaussures et des skis ensemble.»

Une amitié de dix ans

«Et même si nous étions concurrentes dans les portillons de départ, il n'en demeure pas moins que nous bavardions souvent de tout et de rien, note Corinne Rey-Bellet. Vous savez, il n'y a pas que la compétition dans notre métier de skieuse professionnelle!»

Ainsi, seules ou avec les autres membres des équipes de France et de Suisse, Régine Cavagnoud et Corinne Rey-Bellet se retrouvaient autour d'une table de bistrot pour boire un café. Parfois, elles voyageaient aussi ensemble, puisque le Cirque blanc se déroule aux quatre coins du monde.

«Régine Cavagnoud était devenue pour moi une amie», note Corinne Rey-Bellet. Elles étaient toutes deux des montagnardes. Régine provenait du village de La Clusaz, en Haute Savoie, et Corinne de Val-d'Illiez, dans le Bas-Valais.

«Pour moi, décrit Corinne Rey-Bellet, Régine Cavagnoud était une femme et une skieuse hors pair, auprès de laquelle, on pouvait toujours glaner un conseil. Elle dégageait gentillesse, calme et stabilité.»

Dangereuses conditions d'entraînement

Cela dit, ce qui est plus inquiétant d'apprendre de Corinne Rey-Bellet, c'est que les skieuses prennent beaucoup plus de risques à l'entraînement, mais alors, avec des mesures de sécurité bien moins importantes que lors des compétitions officielles.

«J'en ai discuté avec mes collègues de l'équipe nationale suisse de ski, ces derniers jours, remarque Corinne Rey-Bellet, il serait grand temps que l'on instaure des mesures de sécurité autres que celles en vigueur jusqu'à ce jour dans les entraînements.»

«Cela nous pendait au nez, confie Corinne Rey-Bellet. Sans conteste, le danger est plus grand à l'entraînement qu'en compétition. Car il y a six ou sept parcours tracés sur la même piste. Il y a plein de monde qui circule sur le même domaine skiable. Des entraîneurs dérapent. Des filles font une reconnaissance.»

En revanche, lors d'une épreuve officielle, personne d'autre que la concurrente n'est sur la piste. Et des filets protégent les skieuses dans les chutes.

«Je me souviens, déclare Corinne Rey-Bellet, il m'est arrivé d'éviter de justesse un grave accident, plusieurs fois à l'entraînement. Mais, comme c'est notre métier, on oublie vite, on y pense plus. Et on se dit, mon Dieu, la chance que j'ai eue aujourd'hui!»

Emmanuel Manzi

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