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Le maire d'Emmen va à Lausanne en tremblant

La brochure pour la première votation de 1999 avec les portraits et biographies des 'candidats à la naturalisation'.

(swissinfo.ch)

Le Tribunal fédéral statue mercredi sur le recours déposé par cinq candidats à la naturalisation «refusés» en votation populaire à Emmen (LU).

Le maire Peter Schnellmann espère que le recours sera rejeté, tout en admettant que le système n’est pas viable.

Emmen, banlieue industrielle de Lucerne, 27’000 habitants, 18e commune du pays, 28% d’étrangers, dont la moitié originaire des Balkans, 5% de chômeurs. Mauvaise réputation.

Un portrait peu flatteur, dû surtout au fait que la commune a accepté, en juin 1999, une initiative des Démocrates suisses (extrême droite) réclamant «la naturalisation par le peuple». Depuis, 97 personnes se sont vues refuser le passeport, dont 85 d’ex-Yougoslavie.

Chez ces derniers, le taux de réussite est de une chance sur cinq. Pour tous les autres, il est de quatre sur cinq.

Le feu aux poudres

Sept scrutins ont eu lieu depuis le 12 septembre 1999. Avec onze candidats dont huit refusés, le premier résultat passe relativement inaperçu.

C’est la deuxième votation, le 12 mars 2000, qui braquera les projecteurs du monde entier, ou presque, sur la commune lucernoise.

Sur 57 candidats (dont 23 enfants), la totalité des ex-Yougoslaves, 39 personnes, étaient déboutées.

Genève, entre autres, proposait alors de reprendre les dossiers des recalés, mais le Conseil fédéral refusait d’empiéter sur les compétences cantonales. Emmen suspendait les votations pendant plus d’une année.

Répit médiatique

«La pression médiatique s’est un peu relâchée, se réjouit le maire démocrate-chrétien Peter Schnellmann, comme si les gens s’étaient habitués.»

Ce répit risque d’être terminé: le Tribunal fédéral devrait statuer ce mercredi sur un recours déposé par un avocat lucernois au nom de cinq personnes ou familles rejetées en mars 2000. Le maire se rend à l’audience avec trois collaborateurs.

Peter Schnellmann admet avoir des attentes un peu ambiguës: il espère que le recours sera rejeté, prouvant ainsi qu’Emmen n’a pas enfreint la Constitution, mais il escompte aussi que sa commune se débarrassera bientôt du système de naturalisation.

Changer d’avis

«Ce n’est pas tenable de voir toujours une certaine catégorie de personnes refusées. Les partis sont d’accord de réviser la loi.»

Le député qui avait lancé l’initiative, passé entre-temps à l’UDC, admet lui-même que «la naturalisation devant le peuple ne fonctionne pas dans une commune de notre importance.»

Initiative cantonale en attente

«Tout le monde a peur, en fait!» explique Peter Lerch, député de l’Alliance Verte habitant à Emmen. «Personne ne veut se brûler les doigts!»

Les Verts ont déposé il y a plus d’une année une double initiative cantonale introduisant un droit de recours et confiant les décisions de naturalisation aux exécutifs ou à des commissions spéciales. Mais le Parlement a repoussé le traitement de l’objet à l’année prochaine.

En attendant, 230 candidats d’ex-Yougoslavie ont retiré leur demande à Emmen depuis 1999. Les requêtes sont d’ailleurs en diminution.

Introduite en 2001, la hausse des émoluments (à environ 2000 francs) en fait réfléchir plus d’un, de l’aveu même de la municipalité.

«On me prend pour une Autrichienne»

«Je voulais faire les démarches de naturalisation, surtout pour mon fils de sept ans qui est né ici, mais les gens ne nous veulent pas», se désole Grishe Hajdaraj, jeune femme originaire du Kosovo.

«Moi, je n’ai aucun problème, mais les gens croient que je suis autrichienne, parce que j’ai vécu en Autriche. Je n’ose pas le dire...»

Si Emmen espère bientôt ne plus être le «souffre-douleur de la nation», comme dit le maire, d’autres voudraient l’imiter: l’UDC vient de lancer une initiative réclamant la naturalisation par le peuple en ville de Lucerne.

swissinfo, Ariane Gigon Bormann, Emmen/Zurich

En bref

La première votation de naturalisation à Emmen a eu lieu le 12 septembre 1999.

Depuis, au total 97 personnes se sont vues refuser le passeport, dont 85 d’ex-Yougoslavie.

Sept scrutins ont eu lieu. 163 candidats à la naturalisation y ont pris part, dont 105 ex-Yougoslaves.

En une seule votation, le 12 mars 2000, 39 personnes originaires des Balkans ont été déboutées. Certaines ont fait recours.

230 de candidats d’ex-Yougoslavie ont retiré leur demande de naturalisation à Emmen.

Avec 1,12%, Emmen a un taux de naturalisation supérieur à la moyenne suisse de 1,02%. La ville est certes loin derrière Vernier, record communal suisse avec 1,65%, mais elle est au-dessus des 0,39% de Renens ou des 0,5% à Vevey.
(Source: OFS, novembre 2000, données portant sur les années 1985-1998)

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