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Les banlieues françaises toujours frustrées

Les banlieues françaises ont retrouvé un calme relatif.

(Keystone)

«L'Hebdo», dont les journalistes se relaient dans la région parisienne depuis les émeutes, a salué la levée de l'état d'urgence par le gouvernement français.

Malgré cette nouvelle, les journalistes suisses observent que, au sein de la population surtout immigrée des banlieues, c'est toujours la frustration qui domine.

Les restrictions des libertés, comme le couvre-feu, avaient été décidées le 8 novembre, après trois semaines d'émeutes qui avaient gagné toute la France, provoquant l'arrestation de 5000 personnes.

Au total quelque 10'000 voitures et 200 bâtiments publics avaient été incendiés lors de cette explosion de violence. Celle-ci avait été provoquée par la mort de deux jeunes qui fuyaient la police à Clichy-sous-Bois, dans la banlieue parisienne, le 27 octobre.

Le magazine d'information romand «L'Hebdo» a voulu «comprendre et raconter les maux français, les pieds dans les cités plutôt que le derrière dans les cafés du Quartier latin», selon sa propre expression.

Il a donc ouvert un «micro-bureau» à Bondy, en pleine banlieue, il y a près de deux mois. Des membres de la rédaction y passent chacun une semaine à tour de rôle.

Ces reporters de terrain ont indiqué à swissinfo que la situation est calme dans cette banlieue, et cela depuis quelques semaines.

«Mais la frustration subsiste, déclare Alain Rebetez. Il règne ici un mélange explosif, fait de chômage et d'une concentration des segments les plus fragiles de la société. C'est presque un ghetto où, en contraste avec les images d'intégration vantées par la France, on a laissé se développer de graves problèmes sociaux.»

Etat d'urgence

Craignant un retour des violences de l'automne, le gouvernement avait choisi de maintenir pendant les fêtes de fin d'année l'état d'urgence décrété le 8 novembre.

Plus de 400 voitures ont été incendiées dans le pays le soir de la St-Sylvestre, soit un tiers de plus que l'année précédente. Mais les autorités estiment que la situation est désormais sous contrôle.

Mardi, le porte-parole du gouvernement, Jean-François Cope, a déclaré que «la situation n'est pas encore tout à fait satisfaisante, ainsi que le montrent les événements du 31 décembre, mais elle s'est beaucoup calmée».

Malgré cela, L'Hebdo a déclaré que ses journalistes continueraient de se succéder à Bondy pendant encore un mois, comme prévu. L'opération est un succès puisque le blog créé par le magazine à la mi-novembre a reçu 45'000 visiteurs.

Une agression crapuleuse

Alain Rebetez a précisé à swissinfo que les journalistes suisses ont été généralement bien accueillis à Bondy, malgré une attaque au spray au poivre lancée contre un journaliste, apparemment dans un but crapuleux.

«Vivre au milieu des gens nous a ouvert de nombreuses portes. La plupart des journalistes qui couvraient les émeutes venaient le jour et rentraient à l'hôtel le soir», poursuit Alain Rebetez.

Des confrères lui auraient même déclaré qu'ils avaient plus peur de travailler dans les banlieues révoltées qu'en Afghanistan ou en Irak.

«Il n'est pas question de voir la vie en rose; il y a de sérieux problèmes, des tensions, de la violence et il faut respecter certains codes. Mais on dépeint souvent ces banlieues de manière trop caricaturale», conclut le journaliste suisse.

swissinfo

En bref

- Le gouvernement français a exceptionnellement décrété l'état d'urgence le 8 novembre, après dix jours de violence provoquée par la mort de deux jeunes alors qu'ils fuyaient la police dans la banlieue parisienne.

- Durant les trois semaines d'émeutes qui ont suivi, des affrontements entre jeunes et policiers ont éclaté dans toute la France et quelque 10'000 voitures ont été incendiées.

- Votée en 1955 en raisons de troubles provoqués en France par la Guerre d'Algérie, la loi sur l'état d'urgence n'avait plus été appliqué depuis la fin de ce conflit (1962).

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