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Pangaea, l’aventure humaine

Une plate-forme humaine et expérimentale nommée 'Pangaea'.

(Pangaea)

Depuis une année, l’expédition «Pangaea» imprime son rythme à Mike Horn… mais pas seulement. Car l’aventure est collective. Regard sur la logistique avec Cathy Horn et sur l’expérience vécue sur le terrain avec Alexis Hasler et Michelle Nay.

Michelle vient des Grisons et a rejoint Mike Horn en tant que «Young explorer» en Malaisie. Quand elle parle des trois semaines qu’elle a vécues là-bas, en octobre et en novembre dernier, ses yeux brillent.

Question incontournable… qu’est-ce qui l'a le plus marquée au cours de son séjour? «Tout!», répond-elle. «Faire de la plongée, être couchée sur le pont de Pangaea et admirer les couchers de soleil, les étoiles, c’était un rêve. La dimension écologique, au départ, n’était pas absolument essentielle pour moi. Mais quand on est sur place, elle le devient. Ce ne sont pas que des vacances! Et on en revient transformé».

Transformé à cause de ce qu’on voit sur le terrain, ou à cause de la force de la personnalité de Mike Horn? «Les deux», dit la jeune Grisonne. «Ce qu’on a vu en Malaisie était beau, incroyablement beau. Et Mike nous aide à comprendre comment on peut sauvegarder cela, améliorer la situation. On réalise qu’on peut agir. Tout à coup, je ne suis plus juste une petite jeune fille de Suisse. Avec Mike et toute l’équipe, on réalise qu’on peut vraiment faire quelque chose.»

Le goût du possible

Des propos que confirme Alexis Hasler, un jeune Neuchâtelois qui, à temps plein, participe à la planification et à la logistique de «Pangaea».

«Les ‘young explorers’ sont tous assez conscients des problèmes environnementaux. Mais c’est notre tache de les sensibiliser et surtout de les suivre ensuite, car c’est bien là le but du projet.» Les suivre à travers les projets environnementaux que eux-mêmes mettront en place, et que le label «Pangaea» cautionnera.

Mais comment devient-on un ‘Young explorer’? «J’ai découvert le projet dans le ‘National Geographic’», répond Michelle. Elle s’est alors rendue sur le site web de Pangaea, est entrée en contact avec la communauté des ‘Young Explorers’ a postulé… et s’est retrouvée à un camp de sélection à Château d’Oex.

«On nous demande surtout des idées, d’être pro-actif, de poser des questions. Il y a aussi des exercices sportifs. Et les raids, des courses dans les Alpes… ça c’est vraiment physique, il faut être prêt à repousser ses limites. Tu crois que tu ne pourras pas faire un pas de plus, et tu le fais quand même, parce qu’il y a le groupe, et que tu le fais aussi par rapport au groupe. C’est très fort ».

Ce n’est effectivement pas que la performance physique qui est recherchée. «Certains sont capables de repousser leurs limites, de mieux se rendre compte de leurs capacités. En arrivant, ils ont des rêves, des envies. Lorsqu’ils repartent, à la fin du camp, ils réalisent que certaines choses sont possibles», explique Alexis Hasler.

Une fois sur le terrain, il faudra aussi pouvoir développer sa confiance en soi et dans les autres: «On a fait des nuits sous tente en Antarctique. On quittait le bateau, et on partait en autonomie totale. Là, l’extrême est dans le fait que nous devons vraiment nous débrouiller nous-mêmes, par une température de -20° ou -25°. En Nouvelle-Zélande, on a eu une belle expérience de trek dans les montagnes. Le bateau nous déposait dans un fjord, et on le retrouvait quatre jours plus tard à un autre endroit. Là aussi, une belle expérience d’autonomie et un challenge, parce que c’était vraiment dur», se souvient Alexis Hasler.

Le back-office de Château d’Oex

Dans l’hôtel de ville de la petite bourgade vaudoise, Cathy Horn, l’épouse de Mike, s’affaire. C’est le bureau principal, dont les annexes se trouvent aux quatre coins de la planète: «Je gère le bureau en Suisse, qui s’occupe de ce qui se passe sur le terrain. Mike est sur son bateau et nous restons toujours en contact avec lui pour assurer la logistique. On s’occupe aussi des camps pour la sélection des jeunes. Et puis, à chaque étape, on travaille avec des locaux, des gens sur place».

«Pangaea», comme les expéditions précédentes, fonctionne grâce au sponsoring. «Les sponsors principaux sont Mercedes-Benz, Panerai et Geberit. Ils financent le voyage, les séjours des jeunes en Suisse et sur le terrain. Avec eux, on a une assurance sur le long terme, car ils s’impliquent pour plusieurs années», explique Cathy.

Pourtant, la période économique est difficile. La crise n’a-t-elle pas eu d’impact négatif sur le sponsoring de Mike Horn? «Si, cela a eu un impact. Mais à l’arrivée, on a eu la chance de pouvoir garder nos partenaires. Les budgets ont peut-être un peu changé, mais on a trouvé des solutions». Chez les Horn, le mot «difficile», voire «impossible», n’existe pas.

«Laisser une trace»

On quitte un instant la coordinatrice en chef pour revenir à Cathy, la femme de Mike Horn. On évoque l’évolution du bonhomme, passé du statut d’aventurier solitaire à celui de militant investi dans l’action écologiste. Mike Horn, c’est toujours le même homme? «Ce travail avec les jeunes le passionne. Il n’a plus que ça dans la tête», répond Cathy. «Il est devenu une sorte d’enseignant, il veut partager. Mais cela n’a pas changé sa personnalité. Mike reste toujours le même, il ne change pas», ajoute-t-elle l’air réjoui.

Mike Horn est donc toujours le même. Et comme toujours, il ne fait pas les choses à moitié: «Au départ, c’était un projet prévu pour quatre ans, mais… il ne va jamais s’arrêter. On a amorcé le mouvement d’une roue, qui tourne, et qui va continuer de tourner. Les projets se multiplient dans de nombreux pays… Et Mike a toujours dit qu’il veut laisser la planète propre! Il n’arrêtera pas avant! Il a du boulot!» rigole Cathy.

Finalement, selon elle, après quoi court Mike Horn? Un instant d’hésitation, puis la réponse jaillit, simple et logique: «Il veut laisser une trace. Il veut faire quelque chose dans sa vie. Et d’autant plus qu’il est dans une position où il peut faire quelque chose».

La trace, elle se trouve déjà dans les yeux et dans la tête des ‘Young explorers’. Pour participer à «Pangaea», Michelle, la jeune Grisonne, a dû repousser son inscription à l’université d’une année: «Pangaea, c’est une expérience unique. Tandis qu’on peut étudier chaque année». D’ici-là, elle va retourner en Malaisie pour travailler sur la petite île que Kuala Lumpur a offerte au projet Mike Horn.

Attaquer ensuite ses études de biologie, ce ne sera pas trop dur? «Je crois que je serai beaucoup plus motivée. J’ai été à l’école pendant 12 ans, il y a une longue phase d’étude en perspective, ce projet en fait m’aura motivé à apprendre davantage».

Bernard Léchot, Château d’Oex, swissinfo.ch

Pangaea

Ushuaia. En octobre 2008, Mike Horn et son équipe quittaient Ushuaia, au sud de l’Argentine, à bord du «Pangaea», un voilier de 34,70 mètres.

Voyage. Depuis, il est passé par l’Antarctique, le Pôle Sud, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, la Tasmanie, la Papouasie, les Iles Salomon, la Micronésie, la Mélanésie, le Japon, Taïwan, Hong-Kong, Singapour, Bornéo, la Malaisie. Prochaines étapes: le Bengladesh et l’Inde.

YEP. L’aventure «Pangaea» est accompagnée du «Young Explorers Program» (YEP): la possibilité pour des jeunes gens issus de tous les continents de rejoindre Mike Horn sur le terrain pour y participer à des projets environnementaux.

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Mike Horn

Château d’Oex. Mike Horn vit en Suisse, près de Château d’Oex (Alpes vaudoises). C’est là que sa femme, Cathy, œuvre avec quelques collaborateurs à la coordination de ses projets.

Johannesburg. Il est né en 1966 à Johannesburg, où ses parents étaient enseignants.

Contrastes. Sports multiples, armée (lieutenant dans les forces spéciales sud-africaines), diplôme de Science du mouvement humain à l’université de Stellenbosch.

Suisse. A 24 ans, il débarque en Suisse. Il accumule les petits boulots et se lance dans les sports de rivière: rafting, canyoning, hydrospeed… Dès lors, l’aventure ne le lâchera plus:

1991: les Andes péruviennes en raft et parapente.

1995: record du monde de saut de cascade en hydrospeed, au Costa Rica, avec un saut de 22 mètres.

1997: sa première grande expédition, la traversée de l’Amérique du Sud à pied, seul, durant 6 mois, qui s’achève par la descente de l’Amazone à la nage, depuis sa source au Pérou jusqu’à l’océan Atlantique.

1999-2000: «Latitude Zéro», le tour de la Terre le long de l’équateur sans aucun moyen de transport motorisé.

2002-2004: «Arktos», le tour de la Terre par le Cercle polaire.

2006: «North Pole Night Expedition», qui le voit rallier le pôle Nord en hiver, de nuit, sans assistance ni ravitaillement.

Depuis 2008: «Pangaea»

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