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Congrès des Suisses de l’étranger


«La démocratie ne tombe pas du ciel»


Par Katy Romy, Genève


Doris Leuthard: «Votre voix compte.» (Keystone)

Doris Leuthard: «Votre voix compte.»

(Keystone)

«Notre démocratie directe mise sur une solide éducation à la citoyenneté.» Ce sont les mots prononcés samedi par la conseillère fédérale Doris Leuthard au 93e Congrès des Suisses de l’étranger. La ministre a également invité les expatriés à participer aux élections fédérales d’octobre, malgré les problèmes liés au vote électronique.

Le Congrès des Suisses de l’étranger

La formation citoyenne était au cœur des préoccupations de la 5e Suisse, samedi à Genève. L’Assemblée plénière de l’Organisation des Suisses de l’étranger s’est déroulée autour de cette thématique. Quelque 390 personnes y ont participé.

Vendredi, c’est le Conseil des Suisses de l’étranger qui était réuni. Ses membres ont élu le Bâlois Reto Gysin à la présidence, qui succède au Genevois Jacques-Simon Eggly. 

Une école et des enseignants engagés, des médias de qualité et un accès à Internet pour tous en tout temps. La conseillère fédérale Doris Leuthard a défini ainsi les piliers sur lesquels doit reposer l’éducation à la citoyenneté, lors du Congrès des Suisses de l’étranger à Genève. Elle a abordé la thématique de la formation citoyenne, le fil rouge de la journée.

La Ministre de la communication a relevé que bien connaître le fonctionnement des institutions ne suffit pas. «L’essence même de notre démocratie se trouve dans le débat démocratique», a-t-elle affirmé. Elle a également rappelé les valeurs sur lesquelles repose la culture politique suisse: Etat de droit, équilibre entre les différentes régions du pays, capacité à faire des compromis et protection des minorités.

Doris Leuthard a aussi souligné l’importance des voix des Suisses de l’étranger dans les décisions politiques du pays. Elle a appelé les expatriés à participer aux élections fédérales d’octobre prochain, malgré le coup de frein infligé par le gouvernement au système de l’e-voting. Neuf cantons qui souhaitaient offrir la possibilité à leurs citoyens établis à l’étranger d’élire leurs représentants à la Chambre basse par voie électronique ont été déboutés. «Je suis consciente que notre décision vous a déçus, mais nous ne pouvons pas accepter des lacunes au niveau de la sécurité», a expliqué Doris Leuthard. 

Le virus de la démocratie

Comment inciter la jeunesse à se rendre aux urnes ? La question a été au centre des discussions de samedi. «Les jeunes ne participent pas ou rarement aux élections et aux votations», a constaté la chancelière d’Etat du canton de Genève Anja Wyden Guelpa. Leur taux de participation est de 15 à 20% inférieur à la moyenne des électeurs du canton, et les citoyens qui se rendent le plus aux urnes ont entre 70 et 75 ans. «Les jeunes ne se sentent pas touchés, ne sont pas impliqués. Pour une saine démocratie, il faut toutefois une participation plus large», a plaidé la chancelière.

Anja Wyden Guelpa a reconnu que pour «inoculer aux jeunes le virus de la démocratie, il n’y a pas de formule magique. Il faut développer une mosaïque de projets.» Le canton francophone, l’un des rares en Suisse à proposer le vote électronique lors des prochaines élections fédérales, a été le premier à prendre des mesures concrètes.

Parmi les instruments mis en place, on trouve le projet-pilote «Institutions 3D», dont l’objectif est d’expliquer aux jeunes (10-18 ans), le fonctionnement du gouvernement et des institutions. Les jeunes sont amenés à participer à des jeux de rôle et des animations dans les sièges du pouvoir afin d’expérimenter de manière concrète et ludique la démocratie.

D’autres outils ont été développés par le canton de Genève. Le concours CinéCivic propose aux jeunes de réaliser des films sur le thème de la participation politique. Une Semaine de la démocratie sera aussi mise sur pied pour la première fois du 14 au 20 septembre prochain. La manifestation s’adresse aux jeunes mais aussi aux femmes et aux résidents étrangers.

Les droits humains à l’école

«La Suisse peut encore mieux faire en matière d’éducation aux droits humains.» C’est le constat dressé par la directrice générale d’Amnesty International Suisse Manon Schick. Elle estime qu’il s’agit d’un outil indispensable pour éveiller l’intérêt des jeunes à la politique.

En Suisse, les plans d’études reconnaissent, depuis 2006, l’importance de l’éducation aux droits humains, sous l’étiquette de l’éducation au développement. Toutefois, l’ONG déplore que ce thème ne constitue pas une discipline scolaire à part entière. Il en résulte que la branche est enseignée de manière inégale selon les cantons, les établissements ou même selon les professeurs.

Manon Schick a plaidé pour une intégration plus explicite de l’éducation aux droits humains aux programmes scolaires. «Le but n’est pas de transformer les jeunes en des êtres informés mais cyniques. Nous voulons leur donner les compétences de s’engager pour le changement», a lancé la directrice générale de l’ONG.

Campus de la démocratie 

Plusieurs organisations en Suisse s’engagent pour la promotion de la participation citoyenne. Il manque toutefois une organisation faîtière qui fédère les différentes actions. Pour combler cette lacune, la Fondation Dialogue, en collaboration avec la Nouvelle Société Helvétique, a ainsi lancé, en mars dernier, le projet «Campus pour la démocratie».

«Il y a des moyens pour lancer des actions mais il manque des ressources pour les pérenniser», a expliqué le président de la Nouvelle Société Helvétique, Hans Stöckli. L’objectif du projet est de mieux coordonner, mettre en valeur et soutenir les différentes activités en lien avec l’éducation à la citoyenneté, améliorer l’information, ainsi que de renforcer les liens entre la recherche universitaire et le développement de la démocratie en Suisse. «La démocratie ne tombe pas du ciel, même pas en Suisse», a martelé le parlementaire fédéral.

Les jeunes suisses de l’étranger s’engagent

Les jeunes de l’Organisation des Suisses de l’étranger veulent également fournir leur pierre à l’édifice de la démocratie. Au terme d’une semaine de camp à Genève, un groupe d’une dizaine de jeunes a travaillé à l’élaboration des statuts du premier parlement des jeunes suisses de l’étranger. Une assemblée générale se tiendra en octobre prochain pour élire ses membres. 



swissinfo.ch



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