Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

Louis Michel charge la Suisse après sa défaite à l’ONU

Louis Michel ne décolère pas.

(Keystone)

Le député européen Louis Michel n’a pas digéré la défaite qu’il a subie dans la nuit de lundi à mardi à New York. Le groupe occidental de l’ONU lui a préféré le Suisse Joseph Deiss pour présider la 65ème Assemblée générale des Nations unies qui débutera en septembre 2010.

Sur les ondes de la radio publique belge de langue française, la RTBF, «Big Loulou», comme le surnomment les Belges, a déversé son fiel sur les 16 pays de l’Union européenne (UE) représentés au sein du Groupe des Etats occidentaux et autres» (Weog), qui n’ont pas tous soutenu sa candidature, et sur la Suisse, qui ne respecte pas selon lui toutes les «valeurs» européennes.

Le député européen, ancien ministre belge des Affaires étrangères et ancien commissaire européen au développement, n’a pas exclu d’avoir payé le prix de l’élection de son compatriote Herman Van Rompuy à la présidence stable du Conseil européen, l’enceinte qui regroupe les chefs d’Etat ou de gouvernement des Vingt-Sept. «Si c’était le cas, ça ne me ferait certainement pas souffrir», a-t-il souligné.

Une référence au vote sur les minarets

Mais est-ce vraiment le cas? Il en doute. Dénonçant un «manque d’unité, de démarche commune européenne», le député européen a réclamé «qu’on m’explique pourquoi la Finlande ou l’Allemagne, qui partagent totalement les valeurs de l’Europe, (…) qui sont indiscutablement, sincèrement européennes, préfèrent un candidat d’un pays qui a quand même quelques problèmes avec les valeurs de l’Europe» - une référence, sans doute, aux résultats de la récente votation suisse sur l’interdiction de construire de nouveaux minarets. «Je ne comprends pas bien», a-t-il ajouté.

Il le comprend d’autant moins bien que «le candidat européen (lui, en clair) présentait pourtant, me semble-t-il, un certain nombre d’avantages», qui seraient reconnus de façon «unanime».

Le Belge a toujours été apprécié en Afrique, il est vrai, mais sans doute un peu moins en Europe, où son impulsivité a déjà fait des dégâts.

Le crash de Sabena et «l’affaire Danon»

Il n’avait pas hésité, par exemple, à déconseiller à ses compatriotes d’aller skier en Autriche au moment de l’accession de l’extrême droite au pouvoir, en l’an 2000. Par ailleurs, ce n’est pas la première fois que Louis Michel prend la Suisse à partie. Joseph Deiss, qui était à l’époque le ministre suisse des Affaires étrangères, ne peut pas l’avoir oublié: en 2001, le crash de la compagnie aérienne Sabena et «l’affaire Danon» avaient failli faire déraper, en Belgique, le processus de ratification du premier paquet d’accords bilatéraux conclus entre la Suisse et l’Union européenne.

Sur les sites des quotidiens francophones belges Le Soir, La Libre Belgique et La Dernière Heure, de nombreux internautes ont savouré mardi la défaite de Louis Michel, qualifié ici et là de «mauvais perdant», de «nain de jardin», de «petit personnage arrogant et prétentieux» ou encore de «dictateur en culottes courtes».

Obsessions thématiques

Certains amis de la Suisse se sont aussi manifestés dans la presse belge. «En quoi un pays comme la Belgique, qui refuse d’appliquer la convention cadre sur la protection des minorités, devrait donner des leçons à la Suisse? Qui a quelques problèmes avec les valeurs de l’Europe?», se demande l’un d’entre eux, sur le site du Soir. Il n’a recueilli que des commentaires positifs.

Malgré les «interrogations» que suscitent chez lui sa non élection, Louis Michel a malgré tout refusé de s’avouer «déçu», mardi.

«J’ai des occupations qui me permettent d’occuper tout mon temps et de me consacrer à mes obsessions thématiques: le développement, la lutte contre la pauvreté dans le monde, la médiation politique, l’apaisement et la pacification», a-t-il déclaré à la RTBF. «Donc, j’ai suffisamment de travail.»

En sa qualité de député européen, il copréside notamment l’Assemblée parlementaire paritaire UE-ACP (pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique).

Tanguy Verhoosel à Bruxelles, swissinfo.ch

Louis Michel

Libéral. Né en 1947, le libéral francophone Louis Michel a une longue carrière politique derrière lui.

Commissaire.Elu député européen depuis juin 2009, il fut auparavant commissaire européen en charge du développement et de l’aide humanitaire (2004-2009), vice-premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères (1999-2004) et membre du Parlement belge (1978-1999).

Populaire. Il a présidé deux fois le Parti libéral belge, dans les années 1980 et 1990 et demeure, malgré son exil européen, l’un des hommes politiques les plus populaires de Wallonie.

Fin de l'infobox

Joseph Deiss

Université. Marié et père de trois enfants, Joseph Deiss est né à Fribourg en 1946. Professionnellement, il a effectué pratiquement toute sa carrière à l’Université de Fribourg, où il y a enseigné l’économie politique et la politique économique.

Politique. Il a commencé sa carrière politique en 1981 avant de gravir successivement les échelons de la politique cantonale et fédérale. Député du Parti démocrate-chrétinen (PDC / centre-droit), il a été élu au Conseil fédéral le 11 mars 1999, succédant à Flavio Cotti au Département fédéral des affaires étrangères.

Président. En 2003, il avait repris la tête du Département fédéral de l’économie (DFE). Il a été président de la Confédération en 2004 avant de passer le relais au Conseil fédéral à Doris Leuthard en 2006.

ONU. Présenté comme candidat par la Suisse puis désigné par le groupe Occidental, Joseph Deiss devrait être le premier Suisse à accéder à la présidence de l’Assemblée générale de l’ONU.

Fin de l'infobox

Mots clés

Neuer Inhalt

Horizontal Line


subscription form - French

newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite et recevez nos meilleurs articles dans votre boîte mail.