La Suisse est officiellement un Etat neutre depuis 1815. Cela signifie pas pour autant qu'elle n'a pas de moyens militaires pour se défendre.

La neutralité fait partie de la tradition, de l’histoire et de l’identité suisses. Celle-ci est reconnue au niveau international depuis le Traité de Vienne de 1815.

Neutralité

La neutralité consiste avant tout en la non-participation à un conflit armé entre d’autres Etats. Ses trois traits principaux sont: l’autodétermination, la permanence (et non plus comme avant la perpétuité) et la défense armée en cas d’attaque.

Ceci explique que la Suisse s’est toujours efforcée d’entretenir des forces armées à un niveau respectable et que le service militaire est obligatoire pour les hommes. Ce devoir est inscrit dans la Constitution.

Fondamentalement, l’armée suisse ne peut être engagée que comme instrument de défense et pour des tâches de protection à l’intérieur. En cas de conflits internationaux, la Suisse ne peut pas prendre parti ni accorder un droit de transit à des troupes étrangères.

La neutralité est un instrument de politique étrangère et de sécurité. Le droit international fixe des limites claires pour qu’elle soit respectée. Ainsi, la Suisse ne peut pas adhérer à une alliance militaire comme l’OTAN. Une collaboration est cependant possible avec cette organisation dans le cadre du Partenariat pour la paix.

La politique de neutralité a toujours été souple et a évolué selon les exigences internationales, notamment à la fin de la Guerre froide, quand les conditions géopolitiques ont fondamentalement changé – et avec elles la signification de la neutralité dans un monde de plus en plus interdépendant.

Ainsi, dans les années nonante, la Suisse s’est déclarée prête, comme les autres Etats neutres, à soutenir les sanctions économiques de l’ONU, de l’Union européenne ou d’autres organisations à l’encontre de pays ne respectant pas le droit international.

Le Dictionnaire historique de la Suisse revient sur la longue histoire de la neutralité suisse.

La Suisse membre de l’ONU

En 2002, la Suisse est devenue membre de plein droit des Nations Unies. C’est le seul pays qui a franchi ce pas sur la base d’un vote populaire. Environ 55% des votants ont approuvé l’initiative populaire en faveur de l’adhésion.

Déjà avant cette adhésion, la Suisse s’était engagée activement depuis des décennies dans les organisations dépendant de l’ONU, comme l’Organisation mondiale de la santé, l’Unicef, l’Unesco, la FAO, l’Organisation internationale du travail, entre autres.

Le fait d’être devenu membre de l’ONU est souvent décrit comme un grand pas en avant dans le concert des Nations. Toutefois, la Suisse a soutenu intensivement, dès la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les efforts de pacification entrepris par la communauté internationale. La neutralité n’exclut pas une certaine marge de manœuvre.

C’est ainsi que la Suisse participe depuis 1953 à la surveillance du cessez-le-feu sur la péninsule coréenne et s’engage depuis 1967 au Proche-Orient. Des Suisses observent régulièrement le déroulement d'élections en Afrique et en Europe orientale. Des observateurs militaires ont aussi été envoyés au Mali.

Avec la montée en force de nouveaux dangers (terrorisme, trafic illégal d’armes, criminalité organisée), la collaboration internationale apparaît comme le remède le plus approprié. La Suisse a intensifié conséquemment sa coopération internationale.

Dans cette optique, la Suisse a notamment engagé des unités militaires dans des missions internationales de maintien de la paix (en Bosnie-Herzégovine depuis 1996, au Kosovo depuis 1999 et en Afghanistan depuis 2003) et elle participe au Partenariat pour la paix de l’OTAN.

Actuellement, 30 Suisses participent à des opérations de maintien de la paix en tant qu’observateurs ou officiers d’état-major. Il y en a 14 au Proche-Orient, 4 en République démocratique du Congo, 2 au Sud-Soudan, 6 au Mali, 3 au Cachemire et 1 au Sahara occidental. 

La Suisse a aussi été l’un des premiers membres du Conseil de l’Europe et est devenue plus tard membre de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), que le président de la Confédération Didier Burkhalter a présidée en 2014.

Armée de milice et devoir de servir

La Suisse a une armée de milice. Elle ne compte que peu de militaires de carrière. Les hommes ont un devoir général de service militaire. Aujourd’hui encore, l’école de recrues (la formation militaire de base) est pour la plupart des Suisses une composante importante du passage à l’âge adulte. Mais cela et le rôle de l’armée en général ont été de plus en plus remis en question ces dernières années et discutés de manière véhémente. Certains veulent abolir l’armée, et donc aussi le devoir militaire, alors que d’autres estiment que les plans d’économie vont trop loin et que l’armée de milice est en danger.

Après l’école de recrues, les soldats suisses doivent encore accomplir pendant quelques années des «cours de répétition» de plusieurs semaines. Il n’est donc pas rare de voir, dans les villes ou dans les trains, des soldats en uniforme, avec leur arme, ce qui ne manque pas d’étonner nombre de visiteurs étrangers ou de personnes venant de s’installer en Suisse.

Les soldats emmènent leur arme à la maison, ce qui a provoqué des controverses de plus en plus vives ces dernières années, car les armes de service sont souvent utilisées aux fins de meurtres, le plus souvent à l’intérieur du cercle familial, ou de suicides. Des conflits dans le milieu professionnel ou à l’égard des autorités incitent aussi certaines personnes à se servir de leur arme. En 2011, le peuple a refusé une initiative qui demandait l'interdiction des armes miliaires à la maison. Et en 2015, les deux Chambres du parlement ont refusé la proposition du gouvernement d'établir un regristre cantonal pour les armes achetées avant 2008. 

Dans le passé, une personne qui voulait effectuer un service civil à la place du service militaire devaient justifier son objection de conscience. Cette procédure a été abolie en 2009. Depuis lors, c’est la preuve par l’acte qui est déterminante: les personnes effectuant un service civil doivent exécuter un travail d’intérêt public qui dure une fois et demi plus longtemps que le service militaire.

D’autres informations sur le site du ministère de la Défense.

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