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Trafic transalpin


Le Parlement donne son feu vert à un second tube routier au Gothard




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La construction d'un second tube routier au Gothard promet encore des discussions passionnées.  (Keystone)

La construction d'un second tube routier au Gothard promet encore des discussions passionnées. 

(Keystone)

Au terme de débats émotionnels, la Chambre basse du Parlement a accepté mercredi la construction d’un second tube routier au Saint-Gothard, se ralliant ainsi à la décision de la Chambre haute. Mais le projet devra surmonter un obstacle bien plus périlleux: le vote populaire.

Par 109 voix contre 74, le Conseil national (Chambre basse) a adopté la proposition du gouvernement de percer un deuxième tube routier au Gothard et de ne procéder à l’assainissement de l’ancien que lorsque le nouveau sera en fonction, soit au mieux en 2027. Ceci permettra d’éviter une fermeture prolongée de cet «axe d’importance national et international» qui relie le sud des Alpes au reste de la Suisse, selon les mots du député tessinois Fabio Regazzi. «C’est une solution réfléchie, pragmatique et respectueuse de la Constitution», a souligné le démocrate-chrétien.

«La construction d'une deuxième galerie est certes plus chère que d'autres variantes, comme l'aménagement du ferroutage, mais elle a son utilité à long terme, lorsque la réfection de cet ouvrage redeviendra nécessaire dans 30 ou 40 ans», a quant à elle soutenu la ministre des Transports Doris Leuthard.  

Flux Nord-Sud

En Suisse, le trafic routier transalpin se répartit pour l’essentiel sur les quatre axes suivants (d’ouest en est): Grand-Saint-Bernard, Simplon, Saint-Gothard et San Bernardino.

Avec un volume journalier moyen de 17'492 véhicules (2013), le Saint-Gothard absorbe la majorité du trafic.

Au total, 6'384'670 véhicules ont transité en 2013 par le tunnel autoroutier du Saint-Gothard. Ils étaient 856'261 au Simplon, 658'805 au Grand-Saint-Bernard et 610'653 au col du Saint-Gothard. 

Une minorité emmenée par la gauche a tenté en vain de demander la non-entrée en matière et le renvoi du projet au Conseil fédéral. «La construction d’un second tube routier au Gothard entraînerait une hausse massive du trafic transalpin», a ainsi estimé la députée socialiste Edith Graf-Litscher. «C’est un splendide appel d’air fait à tous les camionneurs européens», a renchéri son collègue de parti Mathias Reynard. 

Référendum agendé

La bataille va de toute manière se poursuivre dans les urnes. Les opposants ont déjà fondé l’organisation «Non à un deuxième tube routier au Gothard», qui compte une quarantaine de partis et d’organisations. La collecte des 50'000 signatures nécessaires au référendum ne devrait poser aucun problème. La votation devrait avoir lieu après l’été 2015 ou en 2016.

Lors des débats au Parlement, les opposants ont rappelé que l’article constitutionnel sur la protection des Alpes, approuvé par le peuple en 1994, interdit toute augmentation de la capacité des routes de transit alpines. Pour cette raison, le projet du gouvernement prévoit qu’une fois achevées, les deux galeries ne seront praticables que sur une seule voie.

Mais pour les opposants au doublement, ce n’est que de la poudre aux yeux. Leur crainte, c’est de se retrouver avec une sorte de «cheval de Troie». Penser qu’à l’étranger comme en Suisse, on acceptera de rester sagement devant les portails lorsque les bouchons s’étireront sur des kilomètres est illusoire, a estimé l’écologiste Regula Rytz. «Aucun de ceux qui font cette promesse aujourd'hui ne pourront la tenir», a quant à lui affirmé Jon Pult, président de l’Initiative des Alpes, cité dans un communiqué. 

Un enjeu sécuritaire

La ministre des Transports Doris Leuthard a pour sa part assuré qu’il ne serait fait aucune concession. «Il n’y aura pas d’augmentation des capacités. Une ouverture du tunnel à quatre voies nécessiterait une nouvelle votation populaire», a-t-elle martelé, rappelant qu’elle avait reçu une confirmation écrite de la Commission européenne, selon laquelle un doublement sans augmentation de la capacité est compatible avec l’accord bilatéral sur les transports terrestres passé entre la Suisse et l’Union européenne.

Un des arguments de poids des défenseurs du second tube est celui de la sécurité. Aujourd’hui, les normes suisses et européennes ne permettraient plus la construction d’un tunnel routier bidirectionnel comme celui du Gothard.

Avec deux tubes unidirectionnels, on supprime le risque de collisions frontales et latérales, comme l’accident de 2001, qui avait causé la mort de 11 personnes dans un incendie déclenché par le choc entre deux camions, ont martelé les représentants de la droite. «Deux tubes permettraient de réduire les accidents mortels de 58%», a précisé Doris Leuthard.

Nouvel échec dans les urnes?

Mais le Conseil fédéral aura fort à faire pour convaincre le peuple. «Toutes les tentatives d’augmenter le trafic routier transalpin ont jusqu’ici échoué dans les urnes», a rappelé Regula Rytz. En 2004, soit dix ans après l’acceptation de l’initiative «pour la protection des Alpes», le contre-projet «Avanti», qui prévoyait le doublement du tunnel routier du Gothard, a été balayé par 62,8% des citoyens en votation populaire. Et en mai 2011, le canton d’Uri s’est une nouvelle fois prononcé contre le deuxième tube.

Le coût des travaux est une autre importante pierre d’achoppement. L’assainissement de l’actuel tunnel routier du Gothard et le percement d’un second tube coûteraient, selon l’estimation présentée par le Conseil fédéral, 2,8 milliards de francs. «Il s’agit d’un projet d’entretien et non d’un développement des capacités. Cela ne remet pas en question d’autres grands projets autoroutiers», a tenu à rassurer le démocrate-chrétien Yannick Buttet.

Reste qu’il sera très difficile de vendre le doublement du Gothard à certaines régions qui n’en bénéficient pas directement, comme la Suisse francophone. Le Conseil fédéral a précisément fait en geste en faveur de cette région en repêchant la semaine dernière l’étude pour le contournement autoroutier de Morges, qui aurait dû être financée par la hausse de la vignette de 40 à 100 francs, refusée par le peuple l’an dernier. Cela suffira-t-il?


avec la collaboration de Daniele Mariani, swissinfo.ch



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