Votation cantonale JO: après le non des Grisons, le Valais dans le portillon de départ




Mer de brouillard sur St-Moritz lors des entraînements de la descente des Championnats du monde de ski 2017. Les Jeux olympiques, par contre, ne sont pas près de revenir dans la station grisonne.

Mer de brouillard sur St-Moritz lors des entraînements de la descente des Championnats du monde de ski 2017. Les Jeux olympiques, par contre, ne sont pas près de revenir dans la station grisonne.

(Keystone)

Les Grisons ne veulent pas de Jeux olympiques en 2026. Les citoyens l’ont dit clairement en refusant à 60% un crédit de candidature de 25 millions de francs. Ne reste que le Valais pour faire revenir peut-être les JO d’hiver dans les Alpes suisses, dont ils sont absents depuis presque 70 ans.

C’est la deuxième fois en quatre ans que les Grisons votent sur le sujet. En 2013, ils avaient déjà refusé (à 53%) une candidature pour 2022. Ce dimanche, le verdict est encore plus net, et même les fameuses stations de sports d’hiver de St-Moritz et Davos ont dit non, à la suite d’une campagne des partisans jugée peu respectueuse des bonnes mœurs démocratiques helvétiques.

L’objet avait pourtant le soutien de tous les partis bourgeois, alors que les Socialistes et les Verts le combattaient, dénonçant une campagne menée aux frais du contribuable. Les milieux économiques, à l’origine du projet, ont en effet sollicité financièrement les communes grisonnes, alors qu’eux-mêmes n’entendaient pas participer au crédit de 25 millions.

De plus, les détails de la candidature n’ont été divulgués qu’un mois à peine avant la votation, ce qui est bien court pour engager une vraie discussion. Et le gouvernement cantonal s’est présenté seul face au public, pour un «débat» auquel n’avait été convié aucun des opposants.

Zurich n’en voulait pas non plus

Contrairement à celui pour 2022, qui concentrait tout sur Davos et St-Moritz, le concept pour 2026 prévoyait des compétitions dans les Grisons, mais aussi à Zurich et dans les cantons voisins de Schwyz et d’Obwald. Les promoteurs du projet souhaitaient donner à la plus grande ville de Suisse un rôle important avec le village olympique, le centre des médias et les remises de médailles.

Mais Zurich n'a montré aucun enthousiasme. A plusieurs reprises, l'exécutif de la ville a répété qu'il ne voulait pas être ville hôte et devoir construire de nouvelles installations sportives ou autres. Il n'était pas question non plus de prendre en charge une partie du déficit ou de faire partie du comité d'organisation.

La chance du Valais?

Nation alpine par excellence, la Suisse (qui n’a a jamais eu de Jeux d’été), n’a paradoxalement accueilli que deux fois les Jeux d’hiver, en 1928 et 1948, et les deux fois à St-Moritz, dans les Grisons justement. Depuis, tous les autres dossiers de candidature ont échoué, que ce soit dans les urnes ou devant le Comité international olympique (CIO), dont le siège est pourtant à Lausanne, en Suisse.

L’autre grande région du tourisme hivernal, le canton du Valais, reste sur deux échecs, pour 2002 et 2006, mais a décidé de se lancer à nouveau pour 2026. Après l’élimination des Grisons, sa candidature, soutenue également per les cantons de Vaud, de Berne et de Fribourg, reste donc seule en lice. Ses promoteurs assurent que les huit millions de francs de leur contribution à une éventuelle campagne internationale sont déjà assurés.

Pour autant, le non des Grisons n'est pas synonyme de voie royale pour Sion et le Valais. Swiss Olympic décidera le 7 mars d'une éventuelle candidature suisse pour les JO d'hiver 2026, décision qui devra être confirmée par le Parlement du sport le 11 avril. «Même s'il n'y a qu'une seule candidature, Swiss Olympic doit se prononcer», a précisé le président du comité de candidature Sion 2026 Jean-Philippe Rochat.

Le non des Grisons fournit plusieurs enseignements. «Si nous sommes choisis le 7 mars, notre priorité sera la communication pour convaincre la population que Sion 2026 est un bon projet. Il y aura un gros travail à faire», avertit M. Rochat. Une autre leçon à tirer de ce vote est qu'un tel projet ne peut pas être mené par un canton tout seul. «Nous avons la chance d'avoir quatre cantons autour de Sion», dit M. Rochat, qui y voit un atout, notamment pour la répartition des risques.


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