«Les Suisses ont le coeur au niveau local et la raison au niveau national»

"La Suisse est un projet qui doit être en permanence réinventé." Keystone

A l´occasion du 1er août, la fête nationale suisse, François Cherix, l'un des responsables de l'initiative pour l'union des cantons de Vaud et de Genève, donne sa définition de la Suisse.

Ce contenu a été publié le 31 juillet 2000 - 19:35

«Par sa nature même, la Suisse est un projet qui doit être en permanence réinventé», estime François Cherix, secrétaire général de l'Union Vaud-Genève. Pour ce partisan d'une Suisse des régions, l'organisation politique du pays n'a rien d'immuable: «C'est la capacité d'adaptation du système qui lui donne sa raison d'être.»

Pour autant, François Cherix estime que le pays ne peut se passer d'un mythe fondateur incarné par Guillaume Tell et le pacte de 1291, à l'origine de la Confédération. Reste que cette histoire légendaire est aujourd'hui passablement remise en question. Ces dernières années, une nouvelle génération d'historiens a démonté un à un les éléments de cette légende.

François Cherix souligne en premier lieu que ce décalage entre le mythe fondateur d'une nation et sa réalité historique existe dans pratiquement tout les pays. François Cherix estime par contre nécessaire de relire cette histoire mythique avec un regard plus ouvert que par le passé: «On trouve déjà l'idée d'invention permanente des raisons d'être ensemble dans l'histoire des vallées alpines, aux XIIIème siècle.»

Quoi qu'il en soit, un principe demeure: la Suisse n'est pas une nation, mais une confédération d'Etats souverains déléguant une partie de leur compétences au gouvernement fédéral. «Les Suisses se caractérisent par un attachement aux structures locales. Ils vivent dans une dialectique permanente entre le niveau national perçu comme indispensable et le niveau local qui est le plus chargé d'émotions, le plus riche d'expériences.»

De fait, la fête nationale est célébrée sans enthousiasme débordant. Contrairement à d'autres pays, comme la France, elle ne se traduit par aucune manifestation nationale d'envergure. Le 1er août est par contre célébré dans chaque commune du pays. On retrouve donc bien l'idée de l'attachement affectif pour la commune ou le canton et l'adhésion raisonnée en faveur de l'Etat fédéral.

Frédéric Burnand

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