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«Pétard mouillé», un film préventif sur le cannabis

Une scène du film "Pétard mouillé".

(Cinégroupe)

C'est une première: l'Institut suisse de prévention des toxicomanies a réalisé un film de fiction.

Le court métrage se veut une base de discussion tant pour les adultes que pour les jeunes. Plutôt réussi, «Pétard mouillé» est un appel à la prudence.

«Si les flics trouvent l'herbe, je suis mort.» Cette réplique est l'argument principal du film «Pétard mouillé», réalisé par Pierre Maulini sur mandat de l'Institut suisse de prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies (ISPA).

Ce premier film suisse de «fiction préventive» sur le cannabis est plutôt convaincant: lors d'une semaine de camp, Mike oublie sa veste dans un train, veste qui contient non seulement sa carte d'identité, mais aussi du cannabis.

L'oubli provoque la panique du jeune homme et de ses compères. Les adultes vont en profiter pour lancer le débat.

Les adultes sont aussi visés

Les comédiens sont des jeunes recrutés dans une troupe de théâtre et dans une école genevoise. Contrairement à l'habitude suisse, l'ISPA a eu la bonne idée de réaliser deux versions, en allemand et en français, plutôt que de doubler une unique copie.

D'un montant de 250 000 francs, le budget a été presque entièrement couvert par des sponsors publics, Office fédéral de la santé publique en tête.

«Nous voulions trouver une situation qui colle à la réalité des jeunes, explique Michel Graf, directeur adjoint de l'ISPA. Le film doit servir de porte d'entrée commune pour les jeunes et pour les adultes, dans les écoles, les clubs sportifs et les associations de parents.»

Deux éléments ressortent plus particulièrement du scénario: confrontés au cannabis, les adultes sont souvent très empruntés et ne savent pas comment réagir. De l'autre côté, les jeunes sont loin d'être tous accros à l'herbe.

Presque deux tiers d'abstinents

«Il est très facile, dit Michel Graf, de trouver un groupe qui surévalue sa consommation parce que ça fait «fun.»

«Mais, poursuit le spécialiste de la prévention, selon notre dernière enquête, qui date de novembre 2000, 80% des 15-24 ans n'ont pas consommé de cannabis durant l'année écoulée ou alors très, très occasionnellement. Chez les 15-19 ans, ils sont 68% à n'avoir pas touché de joint durant l'année écoulée et 65% chez les 20-24 ans.»

«Le chiffre le plus préoccupant, poursuit Michel Graf, est celui des jeunes qui consomment une fois par jour ou plus. Ce chiffre est de 6,5% pour les 15-19 ans et de 5,4% pour les 20-24 ans.»

Idées reçues

Le film aborde les conséquences de la consommation, mais sans entrer dans les détails. «Le problème, explique Michel Graf, c'est que l'état des connaissances sur les conséquences physiologiques change très vite. Nous aurions couru le risque d'être dépassés. Idem avec la situation juridique: actuellement, nous vivons dans un flou complet.»

Un flou qui caractérise aussi les opinions à propos du cannabis: «Moi ça me saoule, dit un personnage, qu'on n'ait pas le droit de fumer des joints alors que les adultes peuvent le faire.» Ce qui est faux.

«Tout le monde mélange tout, juge Michel Graf. Les jeunes, mais aussi beaucoup d'adultes, tombent dans l'approximation dès qu'il s'agit de savoir ce qui est permis, toléré, interdit...» L'ISPA regrette d'ailleurs les retards pris dans la révision de la loi sur les stupéfiants, qui selon lui n'arrangent rien.

L'ISPA soutient la dépénalisation de la consommation à partir de 18 ans. Mais il s'oppose à «une consommation à tout crin», comme dit son directeur adjoint. Les écoles et les lieux publics devraient rester libres de fumette.

swissinfo, Ariane Gigon Bormann, Zurich

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