«Philias»: le 1er réseau d’entreprises citoyennes en Suisse

Onze entreprises suisses ont décidé de se donner une charte commune pour promouvoir leur engagement social. Pour elles, profit économique et responsabilité sociale vont de pair. Elles ont baptisé leur réseau «Philias», nom grec signifiant «solidarités».

Ce contenu a été publié le 04 avril 2000 - 16:50

A l’origine du projet, une jeune femme, Bettina Ferdman, qui reprend à son compte cette réflexion de George B. Shaw pour qui le monde compterait deux sortes de gens: ceux qui voient le monde tel qu’il est et se demandent: pourquoi? et ceux qui imaginent le monde tel qu’il pourrait être et se disent: pourquoi pas?

Pourquoi pas! enchaînent les patrons qui ont adhéré à son idée de réseau et qui se disent convaincus qu’une entreprise sans âme n’a pas d’avenir. A l’heure de la mondialisation et des désastres humains qu’elle engendre, pourquoi, en effet, ne pas mieux s’occuper des hommes et des plus démunis d’entre eux?

Partant du principe que les entreprises peuvent faire du bien tout en s’en faisant à elles-mêmes et que l’économie a un rôle à jouer dans la société au-delà de la création de richesses, onze patrons suisses ont donc convenu d’adopter une sorte de code de conduite qui les engage à mener des actions sociales concrètes.

Très actifs dans le commerce de grandes surfaces ou la vente par correspondance, dans le secteur bancaire ou le travail intérimaire, ils se sont trouvé quelques longueurs d’ondes communes et ont décidé de favoriser le dialogue entre des univers qui se méconnaissent et parfois s’ignorent.

Est-ce à dire que ces chefs d’entreprises se sentent soudainement une vocation de bons samaritains ou qu’ils ont peut-être même mauvaise conscience? Que nenni!, répondent-ils. D’ailleurs, dans ce domaine, certains d’entre eux peuvent aisément se réclamer de longues traditions familiales.

Mais c’est la forme qui change. Fini le paternalisme. A côté de la vie professionnelle et de la vie privée, il y a aussi une vie sociale qui mérite encouragements. D’où la proposition, par exemple, que des employés puissent prendre sur leur temps de travail pour offrir bénévolement leur savoir-faire à des associations. Et bien d’autres idées qui ont besoin d’espace pour se propager. C’est à cela, entre autres, que devrait servir ce genre de réseau.

Pour sa première année, «Philias» et ses onze membres, qui espèrent se trouver rapidement d’autres adhérents, vont mettre en place trois programmes: le premier, pour faire un état des lieux et recenser les initiatives déjà prises par des entreprises suisses dans le domaine de la responsabilité sociale, le second, pour favoriser le parrainage de jeunes lorsqu’ils font leur entrée dans le monde du travail et le troisième, pour appuyer dans les hautes écoles suisses les programmes de formation à la responsabilité sociale et au développement durable des entreprises.

Bernard Weissbrodt

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