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«Skinhead attitude» au secours de SOS racisme

«Skinhead Attitude», également un voyage musical.

(Image tirée du film "Skinhead Attitude")

Alors que le film quitte les écrans romands pour ceux de Suisse alémanique, «Skinhead Attitude» va connaître un second souffle didactique en Romandie.

SOS Racisme l’utilise pour ouvrir le débat sur le racisme dans les écoles romandes et auprès des éducateurs.

Le film de Daniel Schweizer a été vu en Romandie par quelques milliers de spectateurs. Des jeunes essentiellement, comme l’attestent les retours de questionnaires distribués dans certaines salles par SOS Racisme.

«Cela prouve que Schweizer a vu juste. Il pose les bonnes questions», constate Karl Grünberg, secrétaire général de l’Association contre le racisme (ACOR) SOS Racisme.

C’est que dans le fond, on ne sait pas grand-chose du mouvement skinhead. Sinon sa réputation sulfureuse, qui le veut composé de jeunes néo-nazis racistes, homophobes et ultra-violents.

«Skinhead Attitude» s’attache justement à démonter les préjugés et à donner une vision nuancée du mouvement. Et pose aussi des questions sur l’importance grandissante de la xénophobie chez les jeunes.

Cette démarche ne pouvait que convaincre SOS Racisme qui se bat sur le front de l’intolérance raciale. L’association a donc intégré le film dans un programme pédagogique de prévention de la violence.

«Il existe effectivement peu d’outils pour parler du racisme», commente Daniel Schweizer.

La musique détournée

Le film s’inscrit aussi dans une réalité qui concerne les jeunes directement: comment une musique rebelle peut être manipulée et finalement politisée, comme ce fut le cas pour le ska et plus tard le oï des skinheads traditionnels?

Le film permet de tirer des parallèles avec le hip hop et de la mouvance «yo». Représentée par des jeunes souvent étrangers de la deuxième génération, les «yo» se revendiquent de la culture hip hop, contestataire s’il en est, à l’origine du moins.

Violences et surtout intolérances dues à des préjugés plus ou moins justifiés se sont cristallisées autour des soirées hip hop et des jeunes «yo». Lesquels, dans les médias, ont remplacé les skinheads d’extrême droite.

Ce glissement reflète aussi un changement de sensibilité de l’opinion publique, dont s’inquiète justement SOS Racisme.

A l’autre extrême, opposés au style urbain et rebelle des «yo», les jeunesses campagnardes, souvent assimilées à «des hordes de néo-nazis». Ce que Karl Grünberg estime tout aussi dangereux.

Dans ce contexte d’intolérance mutuelle, SOS Racisme va d’ailleurs organiser le 2 avril à Yverdon, ville qui a connu divers affrontements entre bandes rivales, une projection du film suivie d’un débat.

Ensuite, les jeunes pourront s’éclater dans une soirée réunissant tous les styles de musique. Ce qui est rare, les tribus musicales étant de plus en plus hermétiques les unes aux autres.

«Le film permet aussi de montrer que les mouvements contestataires ont souvent des origines communes, malgré les divisions apparentes», poursuit le travailleur social. Le tout est ensuite d’éviter la manipulation et les dérives.

Sur plusieurs fronts

L’association utilise le documentaire sur plusieurs fronts. Institutionnel d’abord, puisque le film et son dossier pédagogique vont servir de support à une journée de formation de médiateurs scolaires et d’éducateurs de rue vaudois. A Genève, ce sont les animateurs socioculturels qui en ont fait la demande.

Scolaire ensuite, puisque le film continuera à passer dans différentes écoles romandes. Et enfin, SOS Racisme répond aussi aux demandes de divers groupes, de jeunes notamment.

Il n’y a malheureusement pas d’équivalent à cette action en Suisse alémanique», regrette Karl Grünberg.

«Nous sommes en contact avec plusieurs petites associations qui seraient intéressées à suivre notre démarche. Mais aucune n’a les moyens d’établir un programme de cette envergure.

Pourtant, ce film s’adapte particulièrement bien à l’ouverture d’un débat auprès des jeunes sur ces sujets sensibles que sont la xénophobie et la tolérance. Autant par ce qu’il donne à voir, à comprendre qu’à ressentir. On ne sort pas indifférent d’un tel documentaire.

swissinfo, Anne Rubin

En bref

- ACOR SOS Racisme organise une tournée de projections dans les écoles dès le mois de mars.

-Des travailleurs sociaux des cantons de Vaud et de Genève vont aussi le voir.

- Skinhead attitude (2003) fait suite au documentaire TV «Skin or die» (1998).

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