«Watch Valley»: un label qui passe mal

Du côté des grands groupes, on est ulcéré d'apprendre qu'il faut organiser des visites d'entreprises horlogères. Keystone

Avec une volonté toute théorique de rassembler tous les genres sous une identité vendable à l'étranger, une partie du monde politique a voulu englober toutes les spécificités de l'arc jurassien dans un concept qui leur avait été habilement vendu par une agence de communication.

Ce contenu a été publié le 14 février 2001 - 17:10

Mais peut-on réellement mettre sur pied d'égalité le fromage Tête de Moine, le saucisson sec et l'horlogerie de luxe?

De cela les initiateurs de «Watch Valley» n'ont eu cure puisqu'ils ont fait le forcing pour imposer leur label. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'a pas plu.

D'abord, du côté de La Chaux-de-Fonds, qui reste la métropole de l'horlogerie, un véritable mouvement citoyen crie au loup, à la perte d'identité, au raccourci facile et racoleur. «C'est tout le contraire de ce que nous sommes disent les opposants. Nous ne voulons pas tuer toute initiative touristique mais, de grâce, ne soyons pas si réducteurs».

Mais ce n'est pas la seule opposition. Une autre, moins connue et moins affirmée, beaucoup plus forte, émane d'une grande partie de l'industrie horlogère.

En effet, du côté des grands groupes, on est fâché de n'avoir pas été consulté, ulcéré même lorsque l'on entend les promoteurs de «Watch Valley» déclarer, la bouche en cœur, qu'il faut organiser des visites d'entreprises horlogères et, à la fin de celles-ci, vendre les montres aux touristes.

Une telle pratique reviendrait à tuer le réseau de vente, si difficile à mettre en place. Elle démontre aussi l'ignorance, et c'est peut-être le plus grave pour des représentants politiques d'une région horlogère, de la réalité économique d'une industrie qui exporte tout de même pour 10 milliards de francs par an.

Eric Othenin-Girard

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