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25 ans de travail au service de l'égalité

Le 14 juin 1991, les syndicalistes fêtaient le 10e anniversaire de la grève des femmes.

(Keystone)

Un quart de siècle après l’avènement du premier d’entre eux, les bureaux de l’égalité tiennent le cap malgré le virage politique à droite.

Mais, en Suisse, l’égalité entre hommes et femmes n’est toujours pas une priorité, même si elle est inscrite dans la constitution depuis 1981.

En 1979, dans la foulée de la naissance du canton du Jura, la création du premier bureau de la condition féminine avait suscité quelques sourires condescendants.

Un quart de siècle plus tard, les autres cantons suisses sont dotés d’un bureau de l’égalité, comme du reste la Confédération. Le principe de l’égalité entre femmes et hommes a été inscrit dans la Constitution fédérale en 1981.

«Aujourd’hui, le bilan est mitigé, estime la députée socialiste Liliane Maury-Pasquier. L’égalité a fait des progrès en Suisse, mais les objectifs initiaux sont loin d’être atteints.»

La conseillère nationale genevoise estime pourtant qu’«il faut sans doute compter plus d’une génération pour y parvenir».

Volonté politique

La responsable du Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes (BFEG), Patricia Schulz, croit à la volonté des autorités de promouvoir l'égalité.

Mais c’est moins vrai du côté du monde politique. Certains milieux n’ont pas hésité à demander ici ou là la suppression ou le remaniement des bureaux de l’égalité.

Ainsi, de telles interventions ont provoqué une forte mobilisation parlementaire dans les cantons de Bâle, Berne et du Valais.

L’Union démocratique du centre (UDC, droite dure) est par exemple partie à l’attaque des bureaux de l’égalité à Genève et à Zurich. La cheffe de ce dernier, Kathrin Arioli, note que «ce parti pose régulièrement la question du bien-fondé des études sociologiques menées et de l'opportunité de les financer».

Cette pression répond à des motifs financiers, mais, à Genève, Liliane Maury-Pasquier le déplore d’autant plus que «les budgets alloué à ces bureaux ont toujours été très insuffisants».

Ainsi, ils ne représentent qu'entre un et cinq millièmes du budget des cantons ou communes qui les abritent. Et face aux difficultés financières des collectivités publiques, ils sont logés à la même enseigne que la politique sociale et familiale ou la formation, analyse pour sa part la directrice du BFEG.

Les préjugés ont la vie dure

Les mentalités évoluent très lentement et la polarisation de la politique n'est pas favorable aux prises de conscience, commente pour sa part Maria Roth-Bernasconi, députée socialiste au Parlement fédéral.

«Il n'y a de progrès en matière d'égalité que lorsqu'une majorité se forme entre la gauche et la droite», renchérit Patricia Schulz.

«Les changements sociaux et l’augmentation de l'activité rémunérée des femmes a déjà obligé les partis à évoluer». La collaboration des partis ouverts est essentielle pour faire avancer la cause de l'égalité, conclut la directrice du BFEG.

L'égalité entre hommes et femmes ne constitue donc toujours pas une priorité politique.

L'opinion publique véhicule encore inconsciemment le modèle archaïque du père nourricier et de la femme au foyer, analyse la conseillère nationale Maria Roth-Bernasconi.

De son côté, Peter Hasler, directeur de l’Union patronale suisse, est des plus clairs. «Nous ne pouvons obliger les femmes à faire carrière et les hommes à participer aux travaux ménager», déclare-t-il à swissinfo.

Certes, les employeurs s’attachent à favoriser l’égalité des salaires, à concilier famille et carrière. Mais, ajoute M. Hasler, «en tant qu’employeurs, nous ne pouvons pas changer la société, mais nous contenter d’améliorer ce qui peut l’être».

De son côté, Nathalie Imboden, secrétaire à l'Union syndicale suisse (USS), regrette que «la différence salariale ne s'est que peu amenuisée». Et d'ajouter à swissinfo: «Les entreprises ont toujours de la peine à créer des postes à temps partiel - favorables au partage des tâches en couple et à la garde des enfants - en particulier pour les hommes et les postes à responsabilité.»

Coup de pouce de la démographie

Toutefois, des impulsions pourraient venir du côté des entreprises, confrontées au vieillissement de la population. Or, les femmes constituent «la source de main d'oeuvre qualifiée la plus accessible», estime Patricia Schulz.

«Les entreprises mesurent aussi combien il est important de fidéliser leur personnel formé. Elles ont tout avantage à adopter des conditions de travail favorables aux familles», analyse l'experte.

Avec l'évolution démographique qui assèche le marché de l'emploi, les employeurs reconnaissent de plus en plus la nécessité de concilier activités professionnelles et responsabilités familiales. Le BFEG les encourage à coopérer avec les salariés, à travers sa campagne fairplay-at-work.

«Il en va de la gestion des ressources et de la durabilité de la société: dans une société inégale, on n'avance pas», conclut Maria Roth-Bernasconi.

swissinfo et les agences

Faits

En 1979, le tout nouveau canton du Jura créait le premier bureau de la condition féminine.
Il a été suivi des autres cantons suisses.
Le budget des bureaux cantonaux se situe entre un et cinq millièmes des budgets cantonaux.
En 1981, le principe de l’égalité entre femmes et hommes a été inscrit dans la Constitution fédérale.

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En bref

- Le virage à droite dans l’échiquier politique et la volonté de faire des économies ont toutefois poussé certains milieux a demandé la suppression des bureaux de l’égalité.

- Avec l'évolution démographique qui assèche le marché de l'emploi, les employeurs reconnaissent mieux la nécessité de concilier famille et carrière.

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