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Assoumane Toudou, la crainte du basculement

Mahamadou Assoumane Toudou lors de son passage à Genève, en septembre 2003

(swissinfo.ch)

Souvenirs 2003, perspectives 2004… Avec aujourd’hui, le journaliste nigérien Mahamadou Assoumane Toudou, lauréat du Prix suisse des radios du Sud 2003.

Atteint par téléphone à Niamey, Mahamadou Assoumane Toudou répond aux questions de Bernard Léchot.

En septembre dernier, Mahamadou Assoumane Toudou était de passage en Suisse – son premier séjour en Europe.

A Genève, dans le cadre du «Festival Médias Nord Sud», il recevait le «Prix suisse des radios du Sud» pour une émission consacrée à l’esclavage au Niger (voir l’article «Le combat contre l’esclavage primé»), une émission produite par Radio Anfani.

swissinfo: Ce prix et ce séjour helvétique ont-ils eu des suites, pour vous, au Niger?

Mahamadou Assoumane Toudou: Oui, et d’abord pour la radio. Cela a permis de faire comprendre à nos auditeurs la dimension du travail que nous faisons sur le terrain depuis plusieurs années. Cela nous a crédibilisés, et cela a renforcé nos partenaires dans l’idée de soutenir notre mission.

swissinfo: Votre combat contre l’esclavagisme au Niger, thème de l’émission primée, a-t-il connu de nouveaux développements?

M.A.T. : La nouvelle loi est désormais en application. Cela décourage donc – un peu – les esclavagistes, et surtout, ça a donné des ailes aux associations qui luttent contre ce fléau. Cela a également sensibilisé les autres médias à ce problème. Et les esclaves supposés sont en train de prendre conscience qu’ils doivent lutter avec les associations pour se libérer.

swissinfo: Sur un plan plus large, quel événement vous a marqué en 2003?

M.A.T.: J’ai compris qu’au niveau mondial, tout peut basculer dans une insécurité difficilement maîtrisable, notamment à cause de la gestion de la politique internationale par les Etats-Unis – je ne passe pas par quatre chemins pour le dire.

Tous les acteurs internationaux doivent se pencher là-dessus, et ne plus laisser le terrain libre aux USA. La chute du Mur de Berlin et l’absence de l’ancienne URSS sur la scène internationale ne sont pas une bonne chose, au regard de ce qui se passe actuellement. Le monde est géré désormais selon le bon vouloir des Américains, et en ce sens, il peut totalement basculer. Et je ne parle pas que des pays en voie de développement. Même l’Europe est touchée.

swissinfo: Si vous deviez résumer l’année 2003 par deux couleurs… lesquelles choisiriez-vous et pourquoi?



M.A.T.: D’un côté, je vois un monde intolérant, avec le développement des terrorismes. De l’autre, je constate qu’il y a de plus en plus de voix pour demander davantage de justice, d’égalité, plus de nourriture pour tout le monde. Ce sont les deux couleurs que je vois…

swissinfo: Alors ce serait quoi? Le rouge et le blanc?

M.A.T.: Le rouge et le blanc, voilà! (rires)

swissinfo: A titre personnel, vos attentes pour l’année 2004?

M.A.T. Pour mon pays, j’aimerais que la population puisse voir le bout du tunnel. L’Afrique vit dans une situation de pauvreté accrue, ce qui fait que toute politique est vouée à l’échec, puisqu’on n’a même pas le minimum. L’espoir, pour moi, c’est que les pays qui ont beaucoup plus de moyens que nous puissent faire davantage, et nous apporter davantage de justice.

Au vu de ce qui s’est passé au cours de l’Histoire, ils ont un certain devoir vis-à-vis des pays africains. Cette injustice du passé est encore retentissante aujourd’hui. J’aimerais que 2004 soit une année de joie pour nous autres Africains, et au-delà, pour le monde entier.

swissinfo: Pour conclure, imaginons que la planète entière vous écoute. Qu’avez-vous avez envie de lui dire?

M.A.T.: Je dis aux citoyens du monde entier de ne pas suivre certains discours politiciens qui sont suicidaires pour la planète. Parce qu’il ne sert à rien de dire qu’on est dans un monde globalisant tout en jouant une politique de retranchement, comme le font certains. Les discours politiques malsains ont marqué l’année 2003. Pour 2004, n’écoutez pas les dirigeants qui nous mènent droit à la catastrophe…

swissinfo, propos recueillis par Bernard Léchot

En bref

- Souvenirs 2003, perspectives 2004… série dont le principe est, en compagnie de personnalités qui ont eu une actualité importante en 2003, de jeter un coup sur l’année écoulée, mais aussi de regarder 2004 droit dans les yeux!

- Radio Anfani FM a été lancée officiellement en février 1995. Basée à Niamey, Radio Anfani a des relais à Zinder, Maradi et Diffa.

- Il s’agit d’une radio privée qui a «une vocation de service public». Parmi ses objectifs, «la sensibilisation des populations au travail, au civisme, à la santé, à l'éducation, à la lutte contre certains fléaux sociaux» et la promotion du développement socio-économique des populations des régions concernées.

- Radio Anfani a reçu le Prix suisse des radios du Sud 2003 pour un reportage de Mahamadou Assoumane Toudou à propos de l’esclavage au Niger.

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