Bientôt une firme dans le jardin de la Suisse?

Le Grand Marais, zone de culture maraîchère. Keystone

Les barrières se lèvent pour le groupe pharmaceutique américain souhaitant s'implanter à Galmiz (FR). Ses représentants ont rencontré le ministre de l’économie.

Ce contenu a été publié le 01 mars 2005 - 16:14

Le projet, contesté en raison du dézonage d'une parcelle agricole de 55 hectares dans le Grand Marais, est maintenant à l'examen.

Le projet d’implantation dans le Grand Marais est surtout contesté par les milieux écologistes. Ces derniers voient d’un mauvais œil la construction d’une entreprise au cœur d’une zone de culture maraîchère.

Les autorités fribourgeoises, elles, songent surtout au potentiel de développement pour la région. La firme américaine prévoit en effet des investissements de plusieurs centaines de millions de francs et la création de plus de mille emplois.

Compenser les terres agricoles

A fin décembre, les autorités fribourgeoises ont levé un obstacle important en changeant le statut du terrain. De zone agricole, il a été transformé en zone industrielle.

Mécontente, la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage va maintenant se battre pour que le canton de Fribourg respecte la clause prévoyant que les terres agricoles transformées en terrain à bâtir soient pleinement compensées.

«Si les autorités ne le font pas, elles se placeraient dans l’illégalité», ajoute Raimund Rodewald, directeur de la fondation.

Rencontre avec Joseph Deiss

Et la semaine dernière, deux représentants de l'entreprise américaine ont rencontré le ministre suisse de l’économie Joseph Deiss, à Berne.

«Ils nous ont présenté leurs plans», indique mardi Evelyn Kobelt, porte-parole du Département fédéral de l'économie (DFE), confirmant un article du quotidien alémanique «Tages-Anzeiger».

La porte-parole n'a pas souhaité s'exprimer sur l'identité de l'entreprise américaine. Selon le quotidien zurichois, il s’agit d’Amgen, géant mondial en matière de biotechnologie, qui présente un chiffre d’affaires annuel de 8 milliards de dollars.

Plusieurs sites envisagés

Joseph Deiss voit bien sûr d’un bon œil la perspective de création d’emplois: peu importe dans quelle région, pourvu que ce soit en Suisse, selon Evelyn Kobelt.

Car Galmiz n’est que l’un des cinq sites qui intéressent la firme américaine. L’un est en Irlande, le deuxième à Singapour. Les trois autres sont en Suisse: Galmiz (FR), Yverdon (VD) et Payerne (VD).

Contrairement au site du Grand Marais, les deux emplacements vaudois, eux, étaient déjà situés en zone industrielle depuis le début du processus.

Allègements fiscaux

La semaine passée, des représentants des deux cantons suisses - le président du gouvernement fribourgeois Michel Pittet et la conseillère d'Etat vaudoise Jacqueline Maurer - étaient également présents lors de la réunion à Berne.

A cette occasion, la question des allégements fiscaux a aussi été abordée, précise la porte-parole du DFE, qui mentionne l'arrêté Bonny sur les zones en redéploiement économique.

L'arrêté fédéral, qui a pour but de soutenir le développement des régions rencontrant des difficultés économiques, prévoit des allègements fiscaux pour les entreprises privées qui s’engagent à créer au minimum vingt emplois.

L'arrêté Bonny comporte toutefois une faille, mise en évidence par plusieurs études: il n’existe aucune garantie que ces entreprises ne s’en iront pas au bout de quelques années après avoir bénéficié d’une baisse d’impôts.

swissinfo

En bref

- Il y a un siècle et demi, la région du Grand Marais ressemblait beaucoup à la Camargue.

- Depuis, les eaux du Jura ont été corrigées et le niveau des lacs de Neuchâtel, Bienne et Morat, a été abaissé.

- Le Grand Marais est aujourd’hui une zone légumière de première importance pour la Suisse.

- C’est dans ce décor que les autorités fribourgeoises souhaiteraient voir débarquer un groupe pharmaceutique américain.

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