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Blocher veut des camps de réfugiés hors d'Europe

L'idée des camps de réfugiés hors d'Europe vient de la Grande-Bretagne.

(Keystone)

Le ministre suisse de la Justice, Christoph Blocher, propose de créer des camps de réfugiés directement dans les régions en crise.

Les organisations d’aide aux réfugiés rejettent cette proposition. Elles accusent Christoph Blocher de torpiller la procédure d’asile individuelle qui est de mise.

Alors que le parlement est encore aux prises avec la révision de la loi sur l’asile, voilà que le ministre de la Justice Christoph Blocher propose de nouveaux durcissements avant même l’entrée en vigueur de la nouvelle loi.

Il reprend entre autres une idée de l’Union européenne (UE), qui consiste à créer des camps de réfugiés en dehors des frontières européennes, dans des pays africains, dans les Balkans ou dans des pays arabes.

Les demandes d’asile diminuent

Selon Christoph Blocher, il revient aux Nations Unies de répartir les contingents de «vrais réfugiés» dans les divers pays européens. Cela signifierait que la Suisse devrait accepter jusqu’à 4000 demandeurs d’asile par année, soit beaucoup moins qu’actuellement.

Pour réaliser cet objectif, l’armée et la Direction du développement et de la coopération (DDC) pourraient être chargées conjointement de prendre en charges les réfugiés dans des camps constitués directement dans les zones de crise.

«Cette proposition doit d’abord être discutée au niveau international et donc avec le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR)», déclare Harry Sivey, chef de l’information de la DDC, à swissinfo. «Avant, cela n’a pas de sens de prendre position.»

De son côté, le HCR ne se montre pas très enthousiaste: «Nous serions très préoccupés si la constitution de tels camps de réfugiés devait amener l’Europe à fermer hermétiquement ses portes», avance Madalena Hogg, juriste au HCR.

Des motifs individuels

Ces camps ne résoudraient pas le problème de la migration illégale. Le haut-commissaire craint que l’accès à une procédure d’asile équitable ne soit ainsi empêché, ajoute Madalena Hogg.

L’idée est qualifiée d’«irréaliste» par Jürg Schertenleib, porte-parole de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR).

Lequel précise: «Il est vrai que la Suisse doit et peut accepter à nouveau des contingents de réfugiés. Mais elle ne peut le faire qu’en maintenant une procédure d’asile individuelle.»

Chaque réfugié a ses propres raisons de fuir. Il serait donc peu réaliste d’ignorer ces motifs individuels.

«De notre point de vue, si la Suisse renonçait à une procédure individuelle, elle agirait en violation de la Convention de Genève sur les réfugiés.»

L’Italie et l’Allemagne favorables

L’UE elle aussi a repris la discussion sur cette proposition de créer des lieux d’accueil des réfugiés à l’extérieur de ses frontières.

D’une part, le premier ministre italien Silvio Berlusconi a proposé, lors de son voyage en Libye la semaine dernière, de durcir la lutte contre l’immigration illégale. En proposant des patrouilles communes aux frontières et la création en Libye de «centres de triage» des candidats à l’émigration.

D’autre part, le ministre allemand de l’Intérieur, Otto Schilly, a repris l’idée du premier ministre britannique Tony Blair, qui avait également préconisé la création de camps extra-européens.

Mais, au printemps 2003, la Grande-Bretagne avait dû renoncer à ce projet en raison d’une véritable levée de boucliers. Il s’agit maintenant de savoir ce qu’en pensent les vingt-cinq pays membres de l’UE?

Jusqu’ici, les propos de Rome et de Berlin n’ont guère suscité de réactions à Bruxelles. Un porte-parole de la Commission européenne a souligné que, dans ce domaine, la coopération entre Etats membres pourra être renforcée à l’avenir par l’Agence européenne pour le contrôle des frontières et la solidarité induite par la future Constitution.

Le débat est pour bientôt

La présidence néerlandaise de l’UE a laissé entendre que ce thème pourrait figurer à l’ordre du jour de la prochaine réunion des ministres de l’Intérieur, à la fin de septembre.

En tout cas, l’Italie peut compter sur Rocco Buttiglione au sein de la nouvelle Commission européenne qui entrera en fonction le 1er novembre. L’actuel ministre italien pour les Questions européennes deviendra alors ministre de la Justice et de la Sécurité européennes. Or, il a déjà lancé l’idée d’une «Convention méditerranéenne».

Pendant ce temps, selon des sources proches du gouvernement marocain qui ne sont ni confirmées ni infirmées, des négociations seraient en cours avec l’UE.

Souhayr Belhassan, porte-parole de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, s’est déclarée «très préoccupée» par les projets européens.

Elle a indiqué à swissinfo que, en tant que vice-présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme à Paris, elle allait aborder ce sujet très bientôt.

swissinfo, Christian Raaflaub et Barbara Speziali
(Traduction: Isabelle Eichenberger)

Faits

A fin juillet, la Suisse comptait 84'471 demandeurs d’asile.
24'365 bénéficient du droit d’asile.
Jusqu’à fin juillet, 9556 demandes ont été déposées.
Environ 10% ont obtenu l’asile.

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En bref

- Le ministre suisse de la Justice, Christoph Blocher, reprend l’idée du premier ministre britannique Tony Blair, de créer des camps de réfugiés en dehors de l’UE.

- Sa proposition récolte surtout de vives critiques de la part des organisations d’aide aux réfugiés, qui estiment que c’est torpiller le droit individuel à l’asile.

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