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Carla Del Ponte attend de pied ferme Slobodan Milosevic

Selon Carla Del Ponte, Vojislav Kostunica autorisera le transfert de Slobodan Milosevic après l'approbation d'une nouvelle loi par le parlement.

(Keystone Archive)

La Procureure du Tribunal pénal international, Carla Del Ponte, espère que Slobodan Milosevic sera transféré à La Haye avant la fin de cet été. La magistrate suisse disposerait d'un dossier particulièrement solide sur les crimes commis au Kosovo par l'ancien président yougoslave.

Déterminée et pragmatique. Telle est apparue Carla Del Ponte, lors de son passage au Club suisse de la presse jeudi à Genève. Sans le moindre dogmatisme, la procureure du Tribunal pénal international (TPI) a expliqué pourquoi elle tenait tant à juger Slobodan Milosevic le plus tôt possible.

«A La Haye, nous sommes prêts à juger l'ancien leader yougoslave, alors que son procès à Belgrade pour des questions de droit commun ne pourra démarrer avant deux ou trois ans», a lancé la magistrate tessinoise.

Enfonçant le clou, Carla Del Ponte a rappelé que le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie a été créé faute de juridiction nationale compétente: «mais, il est bien clair que la juridiction nationale devra prendre la relève lorsque le TPI sera fermé».

A ceux qui en douteraient encore, la procureure a affirmé que le dossier contre Milosevic pour ses crimes commis au Kosovo est particulièrement solide.

«Et nous allons prochainement sortir des actes d'accusations sur ses crimes en Croatie et en Bosnie-Herzegovine», a averti l'ancienne procureure de la Confédération.

Carla Del Ponte a également tenu à manifester sa confiance dans les autorités yougoslaves: «le chef de l'Etat yougoslave, Vojislav Kostunica, autorisera le transfert à La Haye, après l'approbation de la nouvelle loi par le parlement». Une loi qui autorise justement un tel transfert et qui doit être adoptée d'ici fin juin.

Carla Del Ponte a également précisé qu'elle collabore activement avec son homologue à Belgrade dans son enquête contre Milosevic, en particulier dans le domaine financier: «et il semble très heureux de cette collaboration».

La procureure a enfin tenu à démontrer que le TPI ne pourchasse pas que des Serbes: «en 2004, nous aurons terminé nos enquêtes et nous pourrons alors sortir tous nos actes d'accusations. Il y aura beaucoup d'accusés en Croatie, en Bosnie et au Kosovo qui ne sont pas Serbes».

Et de poursuivre: «leurs victimes, elles, sont Serbes. Nous avons d'ailleurs besoin de la collaboration de Belgrade pour entendre ces victimes qui vivent en bonne partie en République fédérale de Yougoslavie».

Frédéric Burnand


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