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Carla Del Ponte met Belgrade sous haute pression

Carla Del Ponte veut que justice soit faite

(Keystone)

La magistrate suisse a inculpé quatre généraux. L’un deux est ministre-adjoint de l’Intérieur et chef de la sécurité publique serbe. Belgrade refuse de les livrer.

Pendant ce temps, la Procureure du TPIY continue inlassablement à réclamer des arrestations.

Les récentes inculpations pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre à l’encontre de quatre généraux serbes ont déclenché une nouvelle tempête entre Belgrade et Carla Del Ponte, Procureure du Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).

La Tessinoise veut juger ces officiers pour leur rôle dans la campagne d’expulsions et de meurtres de la population d’origine albanaise au Kosovo, en 1999. 800’000 civils ont été forcés de quitter leurs maisons. 10’000 d’entres eux ont été assassinés.

Un accord informel

L’un des accusés, Sreten Lukic, n’est autre que l’actuel ministre adjoint de l’Intérieur et chef de la sécurité publique serbe. Le TPIY ayant primauté sur toutes les juridictions nationales, la Serbie, membre de l’ONU, est théoriquement obligée de livrer les inculpés. Ce que refuse catégoriquement le Premier ministre, Zoran Zivkovic.

Ce-dernier accuse en outre Carla Del Ponte d’avoir « violé un accord informel » conclu avec son prédécesseur, Zoran Djindjic, assassiné en mars.

Selon Zivkovic, « il ne devrait plus y avoir d’inculpations dans les chaînes de commandement » des forces serbes. Objectif : éviter de déstabiliser une Serbie fragile où l’opinion publique considère les anciens chefs de guerre comme des héros.

« Washington et Bruxelles étaient au courant », ajoute Zivkovic. Commentaire de Cristina Gallach, porte-parole de Javier Solana, Haut-Représentant de l’Union Européenne : « Belgrade a obligation de coopérer avec le TPIY. On ne négocie pas avec la Cour. C’est une condition très importante au rapprochement entre la Serbie et l’Union.»

Mladic contre trois généraux

De son côté, Pierre-Richard Prosper, ambassadeur américain chargé des crimes de guerre, a ouvert la voie à un marché : l’arrestation et le transfèrement à La Haye de Mladic –inculpé de génocide depuis…1995 - en échange du jugement des quatre généraux du Kosovo à Belgrade.

Carla Del Ponte rejette en bloc accusations et propositions. Il ne peut pas y avoir d’exceptions à la règle du transfèrement de tout accusé. « Vu leur niveau de responsabilité, je ne pense pas possible le renvoi de leur dossier à Belgrade », a répondu la Procureure en visite jeudi à Pristina.

Dans l’entourage de la magistrate suisse, on voit dans le raidissement de Belgrade un autre signe de la « dégradation » des relations entre la juridiction et la Serbie.

Carla Del Ponte reproche aux gouvernements successifs de ne pas ou peu coopérer. Elle l’a d’ailleurs récemment rappelé au Conseil de Sécurité de l’ONU, seul habilité à décider de sanctions.

Cette quasi-absence de coopération se ressent également dans la conduite du procès Milosevic.

Se voyant refuser l’accès à des témoins-clé ainsi qu’aux documents d’Etat qu’elle réclame, et qui lui permettraient de confondre l’accusé, Carla Del Ponte transmet à la Cour une foule de documents sans doute moins importants, mais qui lui permettent de pallier partiellement aux manquements de Belgrade.

swissinfo, Alain Franco


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