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Cinglant échec pour les anti-IVG

Dick Marty s'est indigné de la proposition des initiants.

(Keystone)

Il aura fallu moins de trente minutes, mardi, pour que les sénateurs rejettent à l'unanimité l'initiative «pour la mère et l'enfant». La pourtant très conservatrice Chambre des cantons considère que le texte ne correspond plus à l'état actuel de la société.

L'initiative populaire «pour la mère et l'enfant - pour la protection de l'enfant à naître et pour l'aide à sa mère dans la détresse» a été déposée en novembre 1999 avec 105 000 signatures valables. Elle émane de l'Aide suisse pour la mère et l'enfant et se veut un contre-projet à la solution des délais approuvée par les Chambres.

Les initiants vont très loin. Ils s'opposent en effet systématiquement à l'avortement. A une seule exception toutefois: l'interruption de grossesse pourrait être permise lorsque la vie de la mère est en jeu suite à des complications médicales.

L'ensemble des sénateurs ont jugé ce projet «fondamentaliste». Rapporteur de la commission, le radical tessinois Dick Marty s'est notamment indigné du fait les auteurs du texte ne font aucun cas des souffrances psychiques, qui elles aussi peuvent justifier un avortement.

Jean Studer s'est de son côté élevé contre le fait que la mère devrait mener la grossesse à terme, même si elle est la conséquence d'un viol. Les initiants prévoient certes dans ce cas une adoption, mais, pour le socialiste neuchâtelois, cette mesure représenterait «un bouleversement complet du droit de filiation».

Bref, pour les sénateurs, l'initiative n'apporte absolument rien au débat sur l'avortement. Mais elle aurait surtout pour conséquence un retour à l'époque des avortements clandestins.

Pour toutes ces raisons, les sénateurs ont balayé cette initiative par 35 voix sans opposition. Le dossier passe maintenant au Conseil national.

Olivier Pauchard, Palais fédéral


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