Coûts de la santé: cuisant revers socialiste

La Suisse reste le seul pays d'Europe fidèle au système de la prime par tête. Evenements

Les primes de l'assurance maladie continueront d'être fixées par tête et non pas par rapport au revenu et à la fortune des assurées.

Ce contenu a été publié le 18 mai 2003 - 19:59

L'initiative socialiste qui demandait un changement de système a été balayée par 73% des votants.

La Suisse connaît un système très particulier. Alors que, partout en Europe, les primes de l'assurance maladie sont fixées en fonction du revenu et de la fortune, la Suisse connaît encore un système de primes par tête.

En clair, pour un canton et une caisse maladie donnés, chaque assuré paye la même prime, qu'il s'agisse d'un cadre supérieur ou d'un chômeur.

Certes, les moins fortunés sont aidés par le biais de subventions. Il n'en reste pas moins que, pour le Parti socialiste, ce système reste fondamentalement injuste. Une injustice d'autant plus criante que de nombreuses familles suisses peinent de plus en plus à payer leurs primes.

Une bataille de chiffres

D'où l'idée des socialistes de changer de système. Leur initiative «La santé a un prix abordable» proposait d'abandonner les primes par tête et de les remplacer par un système basé pour moitié sur une augmentation de la TVA et pour une autre moitié sur des primes payées en fonction de la fortune et du revenu.

Aux yeux des socialistes, cette solution aurait permis de faire baisser les primes des plus démunis et de la classe moyenne.

Mais cette analyse était contestée par la droite. Qui considérait que l'augmentation de la TVA aurait eu un effet bien plus néfaste sur les budgets des familles moyennes qu'une hypothétique baisse des primes grâce à l'introduction d'un système basé sur le revenu et la fortune.

Selon la droite, la situation aurait été pire encore pour les plus démunis, puisque le système de subvention aurait été abandonné.

Ces deux positions radicalement différentes ont débouché sur une véritable bataille de chiffres, des chiffres finalement assez abstraits pour le citoyen moyen.

Du coup, celui-ci a préféré faire confiance au gouvernement et poursuivre sur une voie connue, plutôt que d'espérer dans la recette socialiste.

Une réforme urgente

Il n'en reste pas moins qu'au soir du vote, tous les acteurs de la politique, à gauche comme à droite, s'accordent pour demander des réformes rapides dans le système de santé actuel.

Tous misent sur la deuxième révision de la Loi sur l'assurance maladie (LAMal), actuellement en cours, pour soulager les assurer, spécialement les familles.

Nul doute que le dossier de la santé promet encore de belles empoignades entre la droite et la gauche.

swissinfo, Olivier Pauchard

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