Coûts de la santé: Ruth Dreifuss veut moins de médecins

Pour Ruth Dreifuss, les médecins sont trop nombreux. Keystone

La santé reste chère en Suisse. Et les médecins sont encore trop nombreux. C'est du moins l'avis de la ministre en charge de la santé. Qui veut imposer un moratoire de trois ans sur l'installation de nouveaux praticiens.

Ce contenu a été publié le 10 juillet 2000 - 20:14

En 1999, les Suisses auront dépensé 40 milliards de francs pour leur santé. Plus faible que prévue, la hausse des prestations prises en charge par l'assurance maladie reste malgré tout de 3,9 pour cent. Et ceci malgré les efforts du secteur hospitalier et des médecins, dont les tarifs n'ont augmenté respectivement que de 1,1 et 0,4 pour cent.

A l'opposé, les prix des médicaments et des séjours en EMS ont connu des hausses de près de 7 pour cent chacun. La palme revient aux soins ambulatoires en hôpital, dont la facture a enflé de 13,7 pour cent, soit l'augmentation la plus spectaculaire depuis l'entrée en vigueur de la LAMaL en 1996.

En présentant ces chiffres lundi à Berne, Ruth Dreifuss n'a pas caché son inquiétude. Selon la conseillère fédérale, il est clair que certains hôpitaux transfèrent des patients des soins en chambre aux soins ambulatoires pour de simples raisons de financement, ce qui n'est évidemment pas le but visé par la loi.

Si la pression sur les prix ne suffit pas, il faudra donc agir également sur la quantité de soins consommés par les Suisses. Et c'est pour cela que Madame Dreifuss entend imposer un moratoire de trois ans sur l'installation de nouveaux médecins, pharmaciens et physiothérapeutes. La procédure de consultation devrait démarrer cette semaine encore.

A la FMH, c'est la surprise la plus totale. Si l'organe faîtier des médecins suisses admet volontiers que la profession souffre d'une pléthore de praticiens, son porte-parole, Reto Steiner, ne voit pas du tout sur quelles bases légales le Conseil fédéral pourrait bien s'appuyer pour imposer un tel moratoire.

En attendant de dévoiler ses plans, Ruth Dreifuss a également annoncé un élargissement des prestations de l'assurance maladie. Qui prendra en charge, dès le 1er janvier 2001, l'héroïne prescrite médicalement aux grands toxicomanes, ainsi qu'une douzaine de nouveaux traitements, dont un test de dépistage du cancer du col de l'utérus. Le coût total de ces mesures ne devrait pas dépasser 30 millions, soit une hausse de primes prévisible de moins d'un demi pour cent.

Marc-André Miserez

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