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Combat des chefs chez Kuoni

Heinz Müller, vice-président et Hans Lerch, directeur général: deux des hommes qui ne veulent plus de Daniel Affolter à la présidence du groupe, ni à celle de la Fondation.

(Keystone)

La tension à la tête du groupe Kuoni est montée d'un cran ce week-end. Alors que le Conseil d'administration confirme la suspension de son président Daniel Affolter et la plainte déposée contre lui, l'intéressé réplique par une autre plainte, dirigée contre Heinz Müller, vice-président du groupe.

Formellement, cette dernière plainte émane de la Fondation Kuoni et Hugentobler, actionnaire majoritaire du groupe, présidée également par Daniel Affolter. Son porte-parole, Jean-Marc Hensch, rappelle qu'une même plainte - mais contre inconnu - avait déjà été déposée le 30 avril.

Ce que la Fondation reproche à Heinz Müller ? D'avoir usé de documents confidentiels obtenus frauduleusement pour essayer de pousser Daniel Affolter à quitter la présidence du groupe.

«Il s'agit par exemple du procès verbal d'une séance du Conseil de la Fondation où nous avions parlé du montant de l'indemnité de M. Affolter en cas de retraite, sans prendre de décision à ce sujet, ou de fiches comptables que personne d'autre n'était censé voir», précise Jean-Marc Hensch.

Le porte-parole de la Fondation ne va pas pour autant jusqu'à parler de chantage. «Notre plainte porte sur la tentative de contrainte, la violation du secret commercial et la soustraction de documents», rectifie-t-il.

Cette plainte, tout comme celle du Conseil d'administration du groupe Kuoni contre Daniel Affolter, sera déposée officiellement lundi matin. Au vu des preuves qu'elle dit détenir, la Fondation se montre persuadée que l'enquête sera rapide.

Ce nouvel épisode fait définitivement éclater au grand jour le conflit qui divise les administrateurs de Kuoni, et qui remonte à quelques semaines déjà.

En mars, Daniel Affolter aurait clairement dit à ses collègues que le Conseil avait besoin d'un certain renouvellement, certains de ses membres y siégeant depuis 10 ou 12 ans.

«Le président souhaitait une équipe plus professionnelle et plus internationale, rapporte Jean-Marc Hensch. Or les cinq administrateurs qui ont conduit la révolte contre lui sont tous suisses, et passablement anciens».

La suite du feuilleton est connue, et alimente la chronique depuis quelques jours. Jeudi, Daniel Affolter donne une conférence de presse pour dénoncer une tentative d'OPA hostile sur Kuoni. «C'était la troisième en très peu de temps, explique Jean-Marc Hensch. Il y a trop de coïncidences... »

Des fuites? Prudent, le porte-parole de la Fondation n'ira pas jusque là. Sa plainte n'en fait d'ailleurs aucune mention.

Le lendemain, soit vendredi, le groupe Kuoni annonce que la majorité de son Conseil d'administration - soit les cinq membres hostiles au président - ainsi que la direction et son patron Hans Lerch demandent la démission de Daniel Affolter .

Ils lui reprochent notamment les 12 millions de francs de primes accordées au membres du Conseil de la Fondation Kuoni-Hugentobler, dont plus de huit sont allés directement à son président.

Sur ce point également, Jean-Marc Hensch a une explication. «Il s'agissait de rétribuer plus équitablement les dix ans de présence au Conseil, dont cinq à la présidence, durant lesquelles M. Affolter a travaillé à plein temps. Nous avons fait réévaluer récemment la valeur de tous les postes dirigeants par un bureau d'experts internationaux et c'est ainsi que nous sommes arrivés à ces chiffres».

Avant-dernier épisode en date: samedi, Daniel Affolter annonce son intention de faire don de l'intégralité de la somme à l'association caritative SOS-Villages d'enfants. «Il est clair que si cette histoire n'était pas sortie au grand jour, M. Affolter n'aurait sûrement pas tout donné», admet son porte-parole, qui précise toutefois que la Fondation est coutumière des dons, et qu'elle les fait toujours sous le label Kuoni.

Autant dire que l'assemblée du groupe, prévue le 15 mai, s'annonce houleuse. A commencer par la question de savoir qui va la présider. Le Conseil d'administration entend confier cette tâche à Heinz Müller, considérant Daniel Affolter comme démissionné. Or ce dernier tient précisément sa mise à l'écart pour illégale.

Marc-André Miserez


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