Comment les assurances mettent des bâtons dans les roues

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Changer de caisse pour éviter une hausse de ses primes peut s'avérer difficile. Quelques exemples...

Ce contenu a été publié le 14 décembre 2001 - 17:41

Faites marcher la concurrence entre les caisses maladie: l'appel lancé par Ruth Dreifuss et par les défenseurs des consommateurs a été largement relayé dans la presse.

Pour les consommateurs, ce tourisme est en effet la seule façon d'éviter l'explosion de leur budget «santé». Et tant pis si, à long terme, de tels changements, nuisent à l'ensemble du système.

De la théorie à la pratique

Ces appels ont-ils été entendus? Pour le moment, aucune statistique n'est disponible. Mais une chose est sure: ces derniers mois, de nombreux assurés ont gagné quelques cheveux blancs...

«Les 1001 astuces perverses des caisses maladie»: c'est le titre d'une enquête réalisée par le journal «Bon à Savoir», spécialisé dans la défense des consommateurs. Suit une liste non exhaustive de mésaventures vécues par des assurés.

Premier exemple: un assuré qui passe de la catégorie «Jeune» à celle «Adulte» reçoit un avis de prime. Dans sa nouvelle police, la franchise est passée d'office de 230 à 1200 francs.

Un client peu attentif risque de ne pas réaliser ce changement. Et d'accepter son nouveau contrat. En estimant que le montant de sa prime, meilleur marché lorsque la franchise est plus élevée, lui convient très bien. Réponse de l'assurance: nous informons nos clients dans nos magasins de santé.

Par poste seulement

Un autre affilié, lui, a décidé de changer de caisse. Et apporté sa lettre de résiliation directement au siège de son assurance. Refus de l'employé: de telles résiliations ne peuvent être transmises que par la poste. A l'assurance, on explique que cette pratique est plus simple.

Finalement, une assurée a reçu une lettre de confirmation de résiliation de son contrat d'assurance de base. On peut y lire: «si votre demande est en rapport avec le montant de votre prime, nous vous recommandons d'examiner les prestations et les services qui vous sont offerts par votre nouvel assureur». De quoi faire douter...

La qualité du service change en effet d'une assurance à l'autre. Et cet élément a son importance dans le choix de sa nouvelle caisse. Mais les prestations, pour ce qui est de l'assurance de base, sont définies dans la loi.

Quitter sa caisse maladie peut donc s'avérer compliqué. Mais en trouver une nouvelle n'est pas de tout repos.

Retraités mis de côté

A ce stade de l'exercice, un retraité s'est vu refuser une offre pour l'assurance de base sur le site Internet d'une assurance. Motif: aucune proposition ne peut être établie pour les personnes de plus de 65 ans.

Sur ce point, la loi est claire: les réserves dues à l'âge sont interdites pour l'assurance de base. L'assureur répond qu'il offre sur la toile un produit standardisé, afin de diminuer ses coûts administratifs.

L'internaute débouté peut évidemment obtenir son offre en prenant contact par téléphone. Mais ne la cherchera-t-il pas plutôt sur le site Internet d'une autre assurance?

Ethique et droit

«Les assurés sont confrontés à des informations partielles ou erronées, regrette Stéphane Rossini, conseiller national socialiste. Ils sont très vite désécurisés, et ne changent pas de caisse.» Le politicien valaisan a saisi le Conseil fédéral à ce sujet.

Le gouvernement lui a répondu cette semaine. «Ruth Dreifuss constate qu'il est difficile de maîtriser ce qu'il se passe durant le délai très court qui sépare l'annonce des primes du délai de résiliation des contrats, résume le politicien. Mais elle maintient que les règles sont correctes.»

A l'Office fédéral des assurances sociales, Harald Sohns, porte-parole, conclut: nous intervenons là où nous le pouvons. Mais il est difficile d'établir une limite entre un comportement qui pose des problèmes au niveau éthique, et celui qui en pose au niveau juridique.»

Caroline Zuercher

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