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Compromis helvétique à propos des vols à risques

Les passagers suisses ont désormais la possibilité de se renseigner sur la sécurité des avions.

(Keystone)

Les autorités helvétiques promettent un service de renseignements personnalisé. Mais elles refusent toujours de publier la liste complète des avions interdits en Suisse.

Ce compromis vise à calmer les inquiétudes des voyageurs. Mais, il ne satisfait pas les consommateurs.

«Chaque voyagiste ou chaque client a le droit de demander à l'OFAC si une compagnie bien précise figure sur la fameuse liste. Il recevra une réponse», affirme Moritz Leuenberger dans une interview publiée lundi par les quotidiens Le Temps et Aargauer Zeitung.

Cette mesure ne concerne toutefois que les personnes ayant un intérêt direct à connaître les faits. «Par exemple un passager pour un vol déterminé», souligne le ministre des transports.

Par écrit ou par e-mail

Les demandes de renseignements devront être adressées à l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) par écrit ou par courrier électronique. Dans sa réponse, l’Office se bornera à confirmer ou non que la compagnie en question ne figure pas sur la liste noire.

Si l’OFAC ne confirme pas, le client devra en déduire que les autorités suisses ont décelé des lacunes en matière de sécurité. Mais, attention, ce constat n’est valable que pour le moment où l’inspection a été effectuée et il ne permet pas de tirer des conclusions pour l'ensemble de la flotte d'une compagnie.

Jeudi dernier, l'OFAC avait déjà publié une liste de sept des 21 avions interdits d'atterrissage en Suisse. Cette liste ne comprenait que les noms de compagnies déjà citées dans les médias helvétiques.

Aujourd'hui, Berne n'entend toujours pas rendre publique l'intégralité de ladite liste, pour des raisons de protection des données.

«L'OFAC doit respecter la loi. S'il publiait des noms, rappelle Moritz Leuenberger, une compagnie concernée pourrait dans certaines circonstances déposer plainte en dommages et intérêts.»

Risques de confusion

La Fondation pour la protection des consommateurs (FPC) critique la politique menée par les autorités helvétiques. Elle la juge même «douteuse».

«Chaque passager a le droit d’avoir accès à ces informations», dit à swissinfo Matthias Nast, de la FPC.

Selon lui, la liste devrait être accessible à tous, dans toutes les agences de voyage.

«Cette manière de faire risque de créer une grande confusion, poursuit le porte-parole des consommateurs. Même si un avion n’a pas été sûr à un moment donné, les gens ne sauront pas s’il l'est aujourd’hui.»

De plus, souligne Matthias Nast, il est faux de penser que c'est au voyageur de venir chercher les renseignements, alors que les autorités ont le devoir d'informer.

Un avis que partage le préposé fédéral à la protection des données Hanspeter Thür, lui aussi favorable à une publication de la liste noire.

L'intérêt général prédomine clairement dans un tel cas, déclare-t-il sur les ondes de la radio alémanique DRS.

Un premier pas

Le syndicat des pilotes Aeropers se montre moins dur à l'égard de l'OFAC. La décision annoncée lundi constitue «un premier pas» vers plus de transparence, se félicite son porte-parole Christian Frauenfelder.

Les pilotes ont «une certaine compréhension» pour le fait que Berne agisse avec prudence, poursuit le porte-parole du syndicat.

Et de conclure: L'objectif ultime est toutefois d'obtenir une liste européenne des avions dangereux, basée sur des critères précis.

Le directeur de la Fédération suisse des agences de voyage (FSAV) estime pour sa part que l'exigence minimale de son organisation est désormais remplie.

Walter Kunz rappelle cependant que les agences de voyage veulent être informées en détail sur cette liste, afin de pouvoir conseiller leurs clients de manière satisfaisante.

Vers une solution européenne

Les autorités helvétiques sont bien conscientes du conflit d’intérêts qui existe entre la confidentialité des défauts constatés et le besoin de transparence des consommateurs.

C’est d'ailleurs la raison pour laquelle l'OFAC a proposé de mettre la question à l’ordre du jour de la prochaine séance de la Conférence européenne de l’aviation civile.

swissinfo et les agences

Faits

Les passagers qui veulent savoir si un avion d’une compagnie est interdit de vol en Suisse peuvent s’adresser à l’OFAC, uniquement par écrit, aux adresses suivantes:
Par poste: Maulbeerstrasse 9, 3003 Berne
Par e-mail: info@bazl.admin.ch
Par fax: 031 325 80 32
La demande devra préciser l’aéroport de départ, la destination, la compagnie et la date du vol
L’OFAC ne donnera aucun renseignement sur les compagnies qui ne desservent pas la Suisse

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En bref

- Après le crash de Charm el-Cheikh, on a appris que l’avion de Flash Airlines figurait sur une liste noire d’appareils interdits d’atterrissage en Suisse

- L’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC), qui refuse de publier cette liste, a consenti la semaine dernière à divulguer le nom de sept avions (sur 21), confirmant ainsi une liste partielle publiée par la presse

- Si la liste complète reste toujours secrète, l’OFAC accepte désormais de répondre aux passagers inquiets

- L’Office se contentera toutefois de répondre aux demandes adressées par écrit ou par e-mail pour confirmer que tel ou tel appareil ne figure pas sur la liste

- En cas de réponse négative, le passager devra en déduire que des lacunes de sécurité ont été constatées à un moment ou à un autre sur l’avion en question

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