Coopération judiciaire: la Grande-Bretagne moins bien notée que la Suisse

Qui n´extrade jamais les escrocs qui se réfugient sur son territoire? Et qui trois fois sur quatre ne répond pas aux demandes d'entraide dans des affaires de blanchiment? Ce n'est ni un paradis fiscal, encore moins la Suisse, mais la Grande-Bretagne.

Ce contenu a été publié le 15 juin 2000 - 16:57

De retour d'un déplacement de deux jours à Londres, le député français Vincent Peillon, président de la mission d'information sur le blanchiment des capitaux, a plutôt tressé des couronnes à la Suisse. «La justice suisse a exécuté 57 pour cent des commissions rogatoires adressées par la France entre 1996 et 1999. La Grande-Bretagne, à peine 24 pour cent», constate le parlementaire.

Cette mission d'information, qui traque les paradis fiscaux européens depuis 1999, s'était jusqu'ici attaquée à des nains politiques, comme le Liechtenstein, Monaco, le Luxembourg ou Chypre. Cette fois, elle s'en prend à l'un des grands de l'Union européenne.

«Il n'y a pas que les magistrats français qui dénoncent le manque de coopération britannique. Des juges belges, espagnols, italiens et suisses s'associent à cette démarche», souligne encore Vincent Peillon.

Bernard Bertossa, procureur général de Genève, a d'ailleurs été l'un des premiers à dénoncer le laxisme de la justice anglo-saxonne. «L'Angleterre bat tous les records de non-collaboration dans le domaine de l'extradition», dénonce-t-il.

Ainsi, S.G., un Italien, soupçonné d'avoir escroqué une grande entreprise suisse de 100 millions de dollars au début des années nonante, continue-t-il de couler des jours paisibles de l'autre côté de la Manche.

Malgré une demande d'extradition remontant à novembre 1994, la justice britannique n'a toujours pas trouvé le temps de statuer sur la requête suisse. «C'est presque un encouragement aux délinquants à se réfugier sur leur territoire», dénonce le magistrat genevois.

Ian Hamel

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