Haut lieu du tourisme suisse, la Thaïlande se barricade

Une Thaï passe au point de contrôle pour le coronavirus. Keystone / Narong Sangnak

Chaque année, des milliers de touristes helvétiques se rendent en Thaïlande, la plupart du temps entre novembre et mars. Alors que le pays restait pour l’instant peu touché par l’épidémie de COVID-19, l’augmentation du nombre de cas fait prendre aux autorités des mesures de plus en plus sévères pour freiner sa propagation.

Selon le Ministère de la santé thaïlandais, le nombre de cas testés positifs au coronavirus s’élève aujourd’hui à 322. Au vu de la rapide progression du virus, le gouvernement a décidé d’intensifier les mesures de protection. Il a annoncé jeudi l’obligation pour les passagers entrants de présenter plusieurs documents avant d’embarquer sur un avion à destination de la Thaïlande.

A quelles conditions peut-on encore se rendre en Thaïlande?

Désormais, les voyageurs doivent justifier d’un certificat médical délivré au maximum 72 heures avant le voyage confirmant qu’ils ont été testés négatif au virus, d’un historique de voyage des 14 jours précédents et d’une preuve d’assurance maladie avec une couverture de 100'000 Dollars américains.

Ces mesures ne s’appliquaient jusqu’ici qu’aux pays décrétés à risque par les autorités, à savoir la Chine, la Corée du Sud, Hong Kong, Macao, l’Italie et l’Iran. Elles s’étendent maintenant à tous les pays et prendront effet le 22 mars pour les voyageurs de rendant en Thaïlande.

En outre, l’octroi de nouveaux visas depuis les pays limitrophes comme le Laos devient très compliqué et il n’est pas exclu que le pays ferme progressivement ses frontières terrestres.

Retrouvez quotidiennement sur notre application 📱SWI plus📱 un résumé de l'actu et échangez entre vous et avec nous sur notre forum.
👉 Android ou 👉 iPhone

End of insertion

Et les touristes sur place?

Les ressortissants suisses peuvent séjourner jusqu'à 30 jours sans visa et jusqu'à 60 jours avec un visa touristique. Chaque variante peut être prolongée de 30 jours. Mais passés ces délais, les contrevenants s’exposent à une amende de 500 Bahts (environ 15.- CHF) par jour de dépassement. Dans les cas les plus graves, les autorités peuvent également les expulser ou les placer sur liste noire, leur interdisant dès lors de pénétrer à nouveau sur le territoire.

Or, depuis l’aggravation de la situation en Europe ces dernières semaines, de nombreux pays ont fermé leurs frontières et la plupart des vols ont été annulés, rendant presque impossible un retour des touristes chez eux. Le Département fédéral des Affaires Etrangères (DFAE) recommande d’ailleurs à tous les touristes suisses de revenir en Suisse dès maintenant.

Le ministère du tourisme thaïlandais prévoit donc de demander un sursis temporaire pour ces derniers ainsi que des extensions de visa pour ceux dont les pays sont les plus touchés. Selon le Bangkok Post, le Ministre du tourisme et des sports thaïlandais a déclaré: «La plupart des touristes restants sont des Allemands, des Italiens, des Russes âgés qui passent leurs hivers ici. Ils sont arrivés en Thaïlande avant que le virus ne frappe leurs villes et ont décidé de ne pas rentrer chez eux. Ils craignent de ne pas recevoir suffisamment de soins de santé [en rentrant chez eux dans des circonstances aussi difficiles]».

Comment les Thaïs gèrent-ils la situation?

Pour le savoir, SWI swissinfo.ch s’est entretenu avec Hendrik M. Buesink, un Suisse de l’étranger qui se trouve actuellement entre le Laos et la Thaïlande.

Selon lui, les différentes mesures prises par le gouvernement interviennent alors que la grogne de la société civile commençait à se faire sentir. De plus en plus de citoyens et d’associations réclamaient via les réseaux sociaux une fermeture des frontières et des dispositions plus contraignantes quant à la circulation des personnes.

Même si les autorités n’imposent pas encore de quarantaine, les citoyens se confinent d’eux-mêmes. Dans le cas contraire, ils risqueraient de se faire rejeter par la société. Deux valeurs très présentes dans la société thaïlandaise jouent ici un rôle: le respect et le qu’en dira-t-on. Pour les Thaïs, protéger les autres d’une éventuelle contamination est une marque de respect. Dans le même temps, on préfère prendre toutes les dispositions nécessaires pour éviter d’être jugé par son voisin.

En termes de précautions, les Thaïs semblent également plus disciplinés que les Européens. La «faute» sans doute aux épidémies passées de SRAS et autre H1N1, dont les populations ont tiré les enseignements. C’est pourquoi, en Thaïlande, la question du masque ne se pose pas. Il est normal d’en porter un, à plus forte raison lors d’une pandémie telle que celle du coronavirus.

Suisse-Thaïlande: des liens privilégiés

En 2018, 9330 ressortissants suisses vivaient en Thaïlande de manière permanente. Elle est le pays d’Asie qui attire le plus d’expatriés suisses. En vingt ans, le nombre de Suisses établis en Thaïlande a plus que quadruplé.

De forts liens historiques et économiques lient les deux pays. Les premiers contacts remontent au XVIIème siècle. La Suisse a ouvert un consulat honoraire à Bangkok en 1932, puis une ambassade en 1949.

Après Singapour, la Thaïlande est le principal partenaire commercial de la Suisse dans le sud-est asiatique.

End of insertion

​​​​​​​


Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article