Coup d'assommoir pour les assurés

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Les primes de l'assurance maladie vont prendre l'ascenseur en 2002. Vendredi, Ruth Dreifuss a annoncé une hausse moyenne de 9,7%. Mais, pour la ministre de la Santé, cette nouvelle augmentation des primes - la plus forte depuis cinq ans - ne remet pas en cause la Loi sur l'assurance maladie (LAMal).

Ce contenu a été publié le 05 octobre 2001 - 17:55

Les hausses ne sont pas les mêmes dans tous les cantons. Elles vont d'un minimum de 5,6% à Soleure à un maximum de 15,8% à Schaffhouse. Mis à part Neuchâtel, les cantons romands s'en tirent bien, puisqu'ils subissent une hausse inférieure à la moyenne nationale.

La prime pour l'assurance de base sans franchise à option se montera l'an prochain en moyenne à 245 francs, contre 223 francs cette année. Même moins soumis à la nouvelle hausse, les Romands continueront de payer les primes les plus chères du pays, notamment à Genève (363 francs) et Vaud (309 francs).

Les dépenses ont été sous-estimées

«Cette augmentation est trop élevée et elle fait mal, mais elle s'explique et n'est donc pas une fatalité», a déclaré Ruth Dreifuss. D'abord, les coûts de la santé vont continuer d'augmenter l'an prochain. Cette augmentation devrait être de l'ordre de 4 à 5%.

Ensuite, les dépenses des caisses maladie ont été sous-estimées, notamment en raison de la hausse du nombre de traitements ambulatoires et de l'augmentations du prix des médicaments.

A cela s'ajoute une sous-estimation du montant total des primes payées par les assurés. Cette sous-estimation s'explique notamment par le fait que les jeunes en bonne santé choisissent souvent une franchise de 1500 francs, et payent par conséquent moins de primes.

Enfin, les fluctuations de la Bourse pèsent aussi dans la balance. Le placement des réserves des assurances maladie a moins rapporté que prévu en raison de l'effondrement actuel des marchés.

Un train de mesures prévu

Une série de mesures destinées à freiner l'augmentation des primes doit être présentée au Conseil fédéral d'ici à décembre. Il s'agirait d'une part d'utiliser les subsides fédéraux non utilisés par les cantons (400 millions en 2001). Cet argent pourrait par exemple décharger d'environ 500 francs par an le budget d'une famille avec deux enfants.

Il est d'autre part question de créer un pool de réserves pour les petites et moyennes caisses. Celles-ci doivent en effet détenir des réserves financières de 20 à 200%, alors que les grandes caisses (plus de 250 000 assurés) sont autorisées à fonctionner avec des réserves minimales de 15%.

La création d'un pool permettrait aux petites et moyennes caisses de réduire leur réserve et, par conséquent, de diminuer également leurs primes.

Ruth Dreifuss souligne par ailleurs que les mesures déjà prises pour diminuer les coûts de la santé n'ont pas encore déployé tous leurs effets. C'est par exemple le cas du nouveau système de rémunération des pharmaciens et de la planification hospitalière.

Le système reste bon

Ruth Dreifuss reconnaît que les hausses constantes des primes constituent un problème sérieux. La ministre de la Santé garde néanmoins toute sa confiance dans la LAMal. Le principal objectif de la loi, qui est d'assurer un système de soins de qualité pour tous, est en effet atteint.

Olivier Pauchard, Palais fédéral

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