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Coupe Davis Federer-Wawrinka, un succès «pour l’éternité»



L'image qui restera gravée dans l'histoire du sport suisse: Federer, Wawrinka et consorts soulèvent le fameux saladier d'argent pour la première fois. 

L'image qui restera gravée dans l'histoire du sport suisse: Federer, Wawrinka et consorts soulèvent le fameux saladier d'argent pour la première fois. 

(Keystone)

La presse helvétique jubile au lendemain du sacre de Roger Federer et Stanislas Wawrinka en finale de Coupe Davis. Les commentateurs y décèlent l’un des plus grands succès de l’histoire du sport suisse. Les médias français sont quant à eux bons joueurs.

Un «cocorico!» rouge qui barre la Une de la Liberté de Fribourg, le «plus beau saladier du monde» exhibé sur la Basler Zeitung et le duo «Fedrinka» en grand format tous azimuts: la presse suisse a revêtu lundi ses plus beaux habits patriotiques pour célébrer la première victoire d’une équipe de Suisse en Coupe Davis.

«Le sport suisse a vécu ce week-end l’une de ses plus belles heures de gloire (…) Ce titre est le plus important jamais décroché par une équipe nationale suisse. Et le premier dans un sport qui est autant pratiqué dans le monde entier», s’enthousiasme le Tages-Anzeiger au lendemain du succès de Roger Federer face à Richard Gasquet, qui permet à la Suisse de l’emporter 3-1 face à la France. «Ce premier triomphe suisse en Coupe Davis semble clairement mériter le titre de plus grande conquête du sport helvétique», affirme Le Matin.

Et la Tribune de Genève de renchérir: «En déposant hier leur raquette sur le toit du monde, en s’en allant conquérir un Everest tennistique, Roger Federer et Stan Wawrinka, nos champions aussi énormes qu’hors norme, ont réalisé un truc de dingue, une performance de fou qui restera assurément gravée dans la légende pour l’éternité». De nombreux autres médias suisses vont dans le même sens, estimant que ce succès demeurera «éternel». 

(Téléjournal de la RTS du 23.11.2014)

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Wawrinka porté aux nues

Respectivement numéros 2 et 4 mondiaux, Roger Federer et Stanislas Wawrinka partaient favoris face à la sélection française du capitaine Arnaud Clément. Ils ont répondu présents à Lille au terme d’une semaine marquée par un psychodrame national sur l’état du dos du Maître et des rumeurs de brouille entre les deux joueurs. «Un grand merci va à Federer, qui a pris un risque au vu de son état de santé. C’est toutefois Wawrinka qui mérite le plus d’applaudissements, lui qui est resté fidèle durant des années à la compétition. Pour lui, le saladier d’argent vaut plus qu’un tournoi du Grand Chelem. C’était sa plus grande mission pour le pays. Et c’était son vœu le plus cher que Federer l’aide à accomplir cette mission», souligne le quotidien de boulevard alémanique Blick.

Si les commentateurs suisses s’enflamment à ce point, encore bien davantage que lors des 17 titres du Grand Chelem remportés par Roger Federer et celui décroché par Stanislas Wawrinka en début d’année à Melbourne, c’est que la Coupe Davis revêt un caractère exceptionnel, comme l’explique La Liberté: «La Coupe Davis a ceci de particulier qu’elle efface les individualités et les carrières au profit d’un groupe et d’un pays tout entier. Pour l’ensemble de son œuvre, la Suisse, ses 7 millions d’habitants, ses 55’000 licenciés et ses 300’000 pratiquants, méritait cette consécration plus qu’aucune autre nation. Aussi petite soit-elle, n’a-t-elle pas abrité depuis trente ans des champions hors norme? Il y a eu le tombeur de Lendl et Agassi aux Masters 88 (Hlasek), un médaillé d’or olympique en simple (Rosset), un phénomène de précocité (Martina Hingis) et… deux légendes.»

Même son de cloche dans Le Matin, pour qui ce triomphe est «aussi l’apothéose tant attendue d’un Age d’or spontané qui, depuis un gros quart de siècle, place notre pays au cœur de la géopolitique du tennis. De Günthardt à Wawrinka, en passant par Hlasek, Rosset, Hingis et Federer, la Suisse a en effet amassé le pactole de 37 titres du Grand Chelem (simple et double confondus). Un miracle. Une fierté.»

(Téléjournal de la RTS du 23.11.2014)

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«Une saine idée de l’identité nationale»

L’Express de Neuchâtel souligne quant à lui l’aspect politique que revêt cette victoire: «Alors que les tournois ordinaires attisent surtout la frénésie des spécialistes du lift et de l’amortie rétro, la Coupe Davis touche au cœur des nations, faisant remonter des entrailles un sentiment d’appartenance et une saine idée de l’identité nationale. Quand Federer a caressé sa balle de match, la Suisse a levé les bras avec lui, en hurlant sa joie sans craindre de déranger les voisins. (…) De tels moments à partager ensemble, ça vous jette des ponts par-dessus la Sarine mieux que les discours politiques et les soirs d’élection.»

Le Corriere del Ticino tire également quelques enseignements de cette aventure sportive: «Seul le sport permet de raconter de telles histoires. Des histoires faites de souffrance, de joie, de rivalité. Les histoires d’un pays, la Suisse, petite mais victorieuse, toujours en mesure de trouver le talent individuel même lorsque la loi des nombres nous pénalise. (…) C’est le miracle d’une nation atypique en tous points, qui a su donner vie à un rêve et à le construire brique par brique».

Réactions politiques en Suisse

Ueli Maurer (ministre de la Défense et des Sports): «C'est un moment fantastique pour le sport suisse. Je suis empli des mêmes émotions que celles qui ont touché le public. Tout le monde a vibré avec cette équipe. J'espère que cette joie et cette énergie seront utilisées pour promouvoir encore le tennis en Suisse.»

Didier Burkhalter (président de la Confédération, SMS envoyé à l'équipe): "Votre victoire est une récompense au talent et à la volonté. Elle porte votre signature. Elle est aussi celle de la Suisse, de ces moments partagés, consacrés à progresser ensemble dans la réussite ou les épreuves, et nous vous sommes reconnaissants d’avoir écrit une page brillante de notre histoire commune.»

Ruedi Lustenberger (président du Conseil national): «C'est la victoire d'une équipe qui a un énorme rayonnement, une victoire exemplaire. La force, le savoir-faire, la solidité, la ténacité ont fait que cette petite équipe modeste a fini par l'emporter. C'est une victoire pour toute la Suisse qui fait énormément plaisir». 

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Face à ce déluge de superlatifs, la Neue Zürcher Zeitung a quant à elle décidé de garder son sang-froid, titrant simplement «Mission accomplie». Quelque peu rabat-joie, le quotidien zurichois explique: «Il est clair que le triomphe de Lille est dû à une constellation exceptionnelle. Sans Roger Federer, la Suisse devra à nouveau se battre pour rester dans le groupe mondial et non pour décrocher le titre. La base du tennis suisse est fragile: Marco Chiudinelli a 33 ans et est classé 212e à l’ATP. Et le talentueux Henri Laaksonen n’a que peu de chances de s’imposer parmi les meilleurs.»

Admiration française pour Federer

A l’instar des spectateurs français présents ce week-end à Lille, les médias de l’Hexagone oscillent entre déception de n’avoir pas réussi à remporter pour la dixième fois la coupe Davis et une bonne dose d’admiration à l’égard de Roger Federer, qui s’est offert le dernier titre qui manquait encore à son palmarès de géant. «Bluffant, sidérant, fascinant», s’exalte L’Equipe face à la performance du Maître.

«Evoluant à un niveau absolument incroyable, le Suisse a fait exploser Gasquet en trois sets. A 33 ans, il marque un peu plus l’histoire du tennis en remportant sa première coupe Davis», renchérit libération.fr. «Roger Federer assoit sa légende», titre quant à lui lemonde.fr.

Mais la presse française ne tarit pas non plus d’éloges à l’égard de Stanislas Wawrinka, «l’alter ego» qui «s’est hissé à la hauteur de son aîné, cette année, pour offrir à la Suisse son premier saladier d’argent», dixit L’Equipe. «L’autre Suisse, comme il était jusqu’alors surnommé, a progressé dans l’ombre de son aîné, jusqu’à s’affirmer au plus haut niveau cette saison – la meilleure de sa carrière (3 titres dont un Grand Chelem et un Masters 1000, une demi-finale au Masters, à Londres, et une place de numéro 3 mondial). Une ascension qui a suffi pour convaincre le Bâlois qu’à 33 ans, il tenait sans doute là une de ses dernières chances de soulever le saladier d’argent. Pari gagné». 

swissinfo.ch

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