De plus en plus de prisonniers dérangés

Il y a de plus en en plus de détenus relevant de la psychiatrie dans les prisons. Mais pas plus de condamnations.

Ce contenu a été publié le 17 septembre 2003 - 14:27

Depuis quelques années, on les libère moins facilement parce que le risque de récidive est très élevé.

De manière générale, les problèmes psychiatriques - ou leur reconnaissance - augmentent nettement dans notre société. Ce phénomène se reporte automatiquement sur la population carcérale.

«En Suisse, on ne dispose pas de chiffres clairs à ce sujet. Mais si on en croit une étude effectuée par les journalistes du Monde, en France, 55% de la population carcérale souffre de problèmes psychiatriques», indique Constantin Fransiskakis.

Et les malades psychiatriques sont de moins en moins enfermés grâce aux traitements médicamenteux. Laissant ainsi la porte ouverte à des «pétages de plomb» plus fréquents, ajoute encore le responsable de l’Office pénitentiaire genevois.

Mais son analyse pour expliquer l’augmentation de détenus souffrant de graves troubles du comportement n’est pas forcément partagée pas les autres responsables, interrogés par swissinfo.

Ces derniers estiment généralement que l’encadrement psychiatrique ambulatoire d’un malade mental permet de déceler une crise assez tôt. Du moins avant que le malade ne passe à l’acte et ne verse dans la criminalité.

Un nombre finalement limité

Il faut en outre préciser que le nombre de détenus réellement dangereux, de ceux qu’il faudrait soigner tout en les maintenant en détention (selon l’article 43 1.2), ne sont pas très nombreux en Suisse.

Ulrich Luginbühl, directeur des Etablissements de St.-Jean au Landeron, un centre de détention et de soins semi-ouvert, estime leur nombre «à une vingtaine pour toute la Suisse».

Mais lui aussi déplore le fait que trop de malades mentaux se retrouvent dans les prisons «car plus aucune clinique psychiatrique ne veut en prendre la responsabilité».

Pour la Suisse alémanique, les besoins devraient toutefois être comblés cette année encore avec l’adaptation de Schache (SO). Ce centre thérapeutique fermé pourra accueillir une trentaine de prisonniers mentalement atteints.

Pas plus de condamnations

Il est vrai toutefois que la population carcérale qui relève de l’article 43 1.2 augmente. Mais il n’y a pas plus de condamnations, selon l’Office fédéral de la statistique (OFS). Une petite quinzaine en moyenne ces dix dernières années.

«En revanche, leur libération à l’essai est devenue plus restrictive, les autorités compétentes hésitent à les relâcher», remarque Henri Nuoffer. Le secrétaire du Concordat latin sur l’exécution des peines et mesures souligne l’effet médiatique catastrophique d’une récidive de la part d’un tel prisonnier.

Car le taux de récidive de ces malfaiteurs est en effet très élevée. Autour de 90%, rappelle Markus Fink, responsable de la section Droit et justice de l’OFS.

Cette population-là s’accroît donc d’autant. D’où le besoin impérieux de construire des établissements adaptés.

swissinfo, Anne Rubin

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