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Des gènes, des souris et des hommes

Un institut tessinois signe une première mondiale: le transfert réussi du système immunitaire humain à une souris. De quoi ouvrir de vastes perspectives, notamment à la recherche sur le sida.

Un exemple du dynamisme du secteur des biotechs, qui tient ses sixièmes «Journées de la recherche en génétique».

«Avec plus de 200 sociétés, la Suisse possède, compte tenu de sa population, la plus forte densité au monde d’entreprises de biotechnologie», rappelle Johannes Kaufmann à l’occasion de l’ouverture de ces Journées.

«Et les biotechnologies ne sont pas l’affaire exclusive des grands de la chimie. De plus en plus de petites et moyennes entreprises travaillent dans ce secteur d’avenir», se réjouit le patron de l’Agence pour la promotion et l’innovation.

Cette année encore, la branche vient à la rencontre du public. Plus de 30 manifestations dans onze villes vont permettre d’engager le dialogue, d’expliquer ce qui se passe dans les laboratoires et de calmer certaines craintes.

Quinze ans d’essais infructueux

Aujourd’hui, les progrès de la médecine doivent déjà beaucoup au génie génétique. Et c’est grâce à lui que l’Institut de recherche biomédicale de Bellinzone a pu signer récemment une première mondiale que d’autres avaient tentée en vain depuis quinze ans.

Une équipe est parvenue à transférer et à rendre opérationnel le système immunitaire humain dans une souris de laboratoire. Pour réussir là où tant d’autres avaient échoué, le laboratoire tessinois a eu recours à deux astuces.

Premièrement, on a transféré des cellules humaines dans des souris qui viennent de naître, et qui de ce fait se trouvent à un stade où le système immunitaire se développe massivement.

Et deuxièmement, on a eu recours à des souris modifiées génétiquement pour leur ôter toute défense immunitaire. Ainsi, elles sont incapables de rejeter les cellules qu’on leur injecte.

Entre l’éprouvette et les essais cliniques

Publiée en avril dans Science, la revue internationale de référence, cette réussite ouvre d’immenses perspectives à la communauté scientifique. On va en effet pouvoir étudier «in vivo» les réactions de défense de l’organisme de l’homme… sur un animal.

«Pour analyser des cellules humaines, on doit recourir à des cultures en éprouvettes, explique le docteur Markus Manz, qui a dirigé les travaux. A moins de le faire directement sur une personne, mais là, vous avez toutes sortes de limitations d’ordre éthique ou simplement pratique.»

«Dorénavant, poursuit le jeune chercheur allemand, avec ce modèle de système immunitaire humain dans une souris, nous avons quelque chose qui se situe entre l’éprouvette et les premiers essais cliniques.»

De grands espoirs dans la lutte contre le sida

Pour l’instant, le laboratoire tessinois a testé l’efficacité de ce système immunitaire transplanté avec deux produits: le vaccin contre le tétanos et le virus d’Epstein-Barr, responsable de la mononucléose ou maladie du baiser, une affection le plus souvent bénigne qui frappe surtout les adolescents.

Et dans les deux cas, les souris ont développé une réponse immunitaire. «Cela prouve que ces animaux savent se défendre contre des maladies humaines», se réjouit Markus Manz.

Désormais, la technique mise au point par son équipe est à disposition des laboratoires du monde entier. Les espoirs sont donc à la hauteur de cette première réussite.

Ainsi les réponses au virus du sida, qui n’affecte que l’espèce humaine, vont-elles pouvoir être testées sur des souris. Sans parler de toutes les autres maladies infectieuses.

swissinfo, Marc-André Miserez

En bref

- Initiées au lendemain du refus d’une première initiative populaire contre le génie génétique, les Journées de la recherche en génétique en sont à leur sixième édition.

- Cette année, la manifestation est soutenue par 16 organisations et instituts de recherche privés et publics, dont le Fonds national suisse. Objectif: provoquer la rencontre et susciter le débat entre chercheurs et public, entre science et cité.

- Du 7 mai au 11 juin, les villes d’Aarau, Bâle, Bellinzone, Berne, Genève, Glaris, Lausanne, Mittelhäusern, Schlieren, Sion, et Zurich proposent expositions, conférences, séances d’information, visites ou stages en laboratoire.

- Les sujets abordés reflètent la variété des domaines dans lesquels le génie génétique est mis en application.

- Quelques exemples: le dopage génétique, mythe ou réalité? (Aarau 1/06 et Glaris 11/06), les OGM dans notre assiette (Bâle 18/05), les horloges internes de notre organisme (Genève 10-14/05) ou les origines génétiques de la cécité (Sion, 4-5/06).

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