Deux députés suisses vont défier l'embargo aérien contre l'Irak

L'aéroport international de Bagdad a rouvert en août dernier, malgré les sanctions internationales. Keystone

La socialiste bernoise Ruth-Gaby Vermot et l´écologiste genevois Patrice Mugny font partie des quelque 150 personnalités européennes et américaines qui feront le vol de Paris à Bagdad le 29 septembre prochain.

Ce contenu a été publié le 19 septembre 2000 - 19:02

Pour le député vert au Conseil national Patrice Mugny, la cause est entendue: «L'embargo contre l'Irak et ses conséquences sont un crime contre l'humanité». L'UNICEF estime en effet que cet embargo décrété par l'ONU a déjà provoqué la mort de 500 000 enfants.

Le bouillant conseiller national écologiste doit rejoindre avec sa collègue socialiste Ruth-Gaby Vermot une quarantaine de parlementaires européens qui participent à l'opération «Un avion pour Bagdad». Plus d'une centaine d'autres personnalités du monde scientifique, artistique ou humanitaire ainsi que des journalistes prendront également part à ce vol qui va symboliquement violer l'embargo décrété il y a dix ans.

Lancée par des associations françaises (Les Amitiés franco-irakiennes, Enfants du monde-droits de l'homme, Codéveloppement tiers-monde et la Coordination internationale pour la levée de l'embargo), l'opération s'est élargie à l'Europe suite aux démarches entreprises par le Révérend Père Jean-Marie Benjamin, auteur d'un livre et de deux films sur la situation en Irak.

Patrice Mugny balaie les risques de récupération de l'opération par le régime de Saddam Hussein. L'ancien journaliste estime, par contre, que ce vol est une manière de soutenir les voix de plus en nombreuses qui demandent une levée de l'embargo sur l'Irak au vu des désastres qu'il provoque et de son inefficacité à faire tomber le régime de Saddam Hussein.

Patrice Mugny rappelle que le Conseil fédéral a également manifesté des réserves face à cet embargo: «Nous aimerions que la Suisse soit l'un des premiers pays à demander sa levée».

La France, elle, a déjà plaidé en faveur de la levée de cette mesure de plus en plus controversée. Ce n'est donc pas un hasard que le vol du 29 septembre prochain parte de Paris.

Selon le Révérend Père Jean-Marie Benjamin, le ministère français des Affaires étrangères a déjà donné son feu vert. Les organisateurs ont également trouvé une compagnie privée qui accepte de faire le voyage. Ils ont même prévu une solution de rechange au cas où la compagnie (qui restera anonyme jusqu'à la dernière minute) ferait faux bond.

Les organisateurs estiment enfin que ce vol ne viole pas réellement les résolutions de l'ONU, puisqu'il n'y aura ni transaction financière, ni commerce de marchandises.

Frédéric Burnand

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