Devant l’ONU, Ruth Dreifuss dénonce la traite des femmes

Au moins 300 000 femmes sont victimes de cette forme moderne d’esclavage en Europe. Face à ce fléau, la ministre suisse en charge des Affaires sociales appelle les gouvernements à redoubler d’effort, tout en critiquant leur politique d’immigration.

Ce contenu a été publié le 20 janvier 2000 - 18:40

Au moins 300 000 femmes sont victimes de cette forme moderne d’esclavage en Europe. Face à ce fléau, la ministre suisse en charge des Affaires sociales appelle les gouvernements à redoubler d’effort, tout en critiquant leur politique d’immigration.

Ruth Dreifuss (photo) s’est exprimée ce jeudi dans le cadre d’une réunion préparatoire à la session spéciale de l'Assemblée générale de l'ONU qui se tiendra à New York en juin prochain et qui sera consacrée à l'égalité des sexes. Lancé à Pékin en 1995, ce combat s’articule autour d’un programme d’action que l’actuelle réunion de Genève cherche à renforcer en développant un point de vue commun à l’Europe (une réunion similaire tenue à Addis Abeba en novembre dernier a élaboré une contribution africaine).

Ruth Dreifuss a donc pointé la traite des femmes considérée comme «l’une des violations les plus flagrantes et les plus répandues des droits de la personne en Europe». La plupart de ces 300 000 femmes souvent mineures alimentent le marché de la prostitution où la demande ne cesse de croître, selon la ministre suisse. Rappelant le contexte général, Ruth Dreifuss a dénoncé les politiques de plus en plus restrictives des pays européens en matière d’immigration, alors que la pauvreté pousse un nombre croissant de personnes à franchir les frontières du vieux continent, une situation qui favorise les filières clandestines et les mafias qui les exploitent.

Ruth Dreifuss a rappelé l’existence de négociations en vue d’une convention internationale contre le crime organisé transnational qui comprend un volet consacré à la traite des être humains. Dans ce cadre, la Suisse défend des mesures conjuguant répression, protection des témoins et réinsertion des victimes, à l’image des législations déjà en vigueur en Belgique, en Italie et aux Pays-Bas.

Reste que Ruth Dreifuss a toutes les peines du monde à imposer cette politique dans son propre pays. C’est en tout cas le point de vue du Bureau de l’égalité entre femmes et hommes dont Ruth Dreifuss est la ministre de tutelle. Cet office tente néanmoins de faire bouger les choses. A son initiative, un groupe interdépartemental contre la traite a été créé. Il regroupe des représentants des offices fédéraux de la police, de la justice et des étrangers et vise la constitution d’une unité opérationnelle interdisciplinaire qui puisse combattre les trafiquants et protéger leur victimes.

Frédéric Burnand

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