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Les divergences subsistent après la réunion de l'OMC

Joseph Deiss indique que la Suisse était prête à bouger mais que d'autres ne l'étaient pas. (OMC)

Déçu par l'absence de progrès durant la ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève, le patron de l'économie Joseph Deiss se dit «frustré».

Après deux jours, les ministres ne sont pas parvenus à surmonter leurs divergences sur le dossier agricole. Au détriment d'un accord global rapide.

Après cette réunion pour rien, achevée prématurément, les ministres ont convenu de se revoir à la fin du mois de juillet. Et de tenter d'ici-là de rapprocher leurs positions.

«Si nous ne changeons pas de cap dans les deux semaines, nous n'aurons pas de percée cet été. Et les négociations échoueront», avertit le commissaire européen Peter Mandelson.

Je me sens personnellement frustré, lance pour sa part le ministre suisse de l'économie. Nous étions préparés à faire des progrès. Mais l'absence de rapprochement entre les grandes puissances nous en a empêchés.»

«Je regrette qu'il n'ait pas été possible d'entrer dans une véritable négociation. Il est important que les Etats-Unis, l'Union européenne et le G20 rapprochent leurs positions.»

«L'Union européenne a donné des signes de flexibilité sur l'accès au marché. Mais les Etats-Unis n'ont pas bougé. Le G20 n'a pas montré non plus d'indication qu'il est prêt à des concessions», poursuit le chef du Département fédéral de l'économie (DFE).

Intensification en vue

De son côté pourtant, le G10 (groupe des pays importateurs agricoles présidé par la Suisse) était prêt à se rapprocher de la position de l'UE sur l'accès au marché, précise Joseph Deiss.

«Les négociations vont s'intensifier sous la conduite de Pascal Lamy. J'espère pouvoir revenir fin juillet à Genève pour concrétiser les progrès nécessaires», envisage celui qui quittera le Conseil fédéral à ce moment là justement.

L'objectif (déjà repoussé d'avril à juin) des ministres était clair: s'accorder sur des modalités chiffrées de réductions des droits de douane agricoles et des produits industriels. Raté.

Pour débloquer la machine, les pays membres ont demandé au directeur général de l'OMC de jouer un «rôle plus actif» dans les négociations en tant que «catalyseur» d'un accord.

Une échéance cruciale

Pascal Lamy déclarait samedi que les négociations à l'OMC sont en crise, mais «la panique», n'est pas encore arrivée.

Le même Pascal Lamy a déjà averti que, faute d'entente fin juillet, il sera impossible de se mettre d'accord sur l'ensemble du round à la fin de l'année.

Cette échéance est cruciale pour le cycle de Doha. Elle permettrait à un accord d'être ratifié par le Congrès américain avant la mi-2007. A cette date, les pouvoirs spéciaux du président américain en matière commerciale se terminent en effet.

Mais «le fait que manifestement nous soyons dans une impasse ne signifie pas la mort du cycle», assure la représentante américaine pour le Commerce, Susan Schwab.

Samedi, plusieurs ONG imputaient l'échec de la réunion aux Etats-Unis et à l'Union européenne (Oxfam). Et la Déclaration de Berne demande que les négociations repartent sur de nouvelles bases.

«Les discussions qui ont eu lieu à Genève n'ont plus rien à voir avec un round du développement. (...) La Suisse aussi joue un rôle déplorable et ne fait aucun effort pour favoriser la création d'un système commercial multilatéral favorable aux pays en développement», affirme Marianne Hochuli, représentante de l'ONG.

Accord de libre-échange

A Genève, Joseph Deiss a profité de la présence du ministre du commerce et de l'industrie d'Afrique du Sud pour signer samedi un accord de libre-échange AELE (Suisse, Norvège, Islande, Liechstenstein)-SACU (Afrique du Sud, Botswana, Lesotho, Namibie, Swaziland).

Cet accord libéralise le commerce des produits industriels, y compris les produits agricoles transformés, les poissons et autres produits de la mer.

L'accord comporte aussi des clauses évolutives pour les domaines des droits de la propriété intellectuelle, du commerce des services, des investissements et des achats publics.

Simultanément, les deux ministres ont paraphé un accord agricole bilatéral entre la Suisse et les pays de la SACU. L'entrée en vigueur de ces nouveaux régimes est prévue pour début 2007.

swissinfo et les agences

Faits

· Les paysans suisses se battent contre une libéralisation trop rapide du secteur agricole. Ils considèrent qu'il s'agit d'une nouvelle menace pour leurs exploitations.
· Ces 15 dernières années, 30'000 exploitations ont fermé.
· Aujourd'hui, 120'000 personnes travaillent dans l'agriculture contre 420'000 dans les années 60.
· Mercredi dernier, une étude de l'OCDE indiquait que les paysans suisses étaient ceux qui recevaient le plus d'aides étatiques parmi les pays membres de l'organisation.

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En bref

- Les 149 membres de l'OMC négocient une plus grande libéralisation des échanges commerciaux internationaux dans le cadre du «Cycle de Doha» lancé en 2001.

- Les négociations, qui devraient aboutir à la signature d'un accord au premier semestre 2007, butent surtout sur des divergences dans le dossier agricole.

- En décembre dernier, à Hong Kong, les ministres s'étaient entendus sur la suppression dès 2013 des subventions accordées aux exportations des produits agricoles.

- Les pays les plus développés s'étaient engagés à exempter de taxes et de contingentements 97% des produits provenant des pays les plus pauvres.

- La Suisse assume une position défensive dans le dossier agricole, mais milite pour une libéralisation des services et pour une diminution des taxes douanières sur les produits industriels.

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