Mode: success story d'une start-up suisse

Des ceintures en papier journal. swissinfo.ch

Des accessoires de mode produits par de jeunes entrepreneurs suisses font les gros titres de la presse… dans tous les sens du terme.

Ce contenu a été publié le 10 février 2005 - 13:50

Les sacs et autres ceintures de l’entreprise PRIMECUT sont en effet fabriqués à partir de vieux journaux.

Cette jeune start-up, installée à Wohlen (Argovie), a déjà remporté deux prestigieux concours et, en partie grâce à la publicité, ses accessoires de mode se vendent comme des petits pains.

Catharina Giese est la seule à rester de l’équipe qui a créé PRIMECUT. A 19 ans, elle doit être la plus jeune directrice d’entreprise dans le pays.

Ses partenaires sont Claudio Büttler, responsable du marketing, Reto Marending, responsable de la production et Daniel Böni, responsables des finances. Tous ont moins de 25 ans.

Deux concours gagnés

En 2003, cette mini entreprise a participé au concours Young Enterprise Switzerland (YES) et a remporté le premier prix. L’année suivante, à Malte, PRIMECUT s’est imposé dans un autre concours européen pour jeunes entreprises auquel participaient 10'000 concurrents.

Suite à ces succès, les partenaires de PRIMECUT ont créé leur société anonyme et demandé à la Neue Aargauer Bank de Wohlen de leur fournir un espace de bureau. Le directeur de la banque, Werner Käch, leur a accordé gratuitement une pièce pour une durée d’un an, ainsi que l’usage de téléphones et de fax.

«Nous avons toujours recherché l’occasion d’aider de jeunes entrepreneurs, explique le banquier. Et ces jeunes sont venus vers nous avec un business plan très professionnel. Ils avaient visiblement bien été coachés par leurs professeurs et nous souhaitions les aider à franchir l’étape suivante.»

Claudio Büttler attribue une bonne partie du succès de l’entreprise au fait d’avoir su capter l’air du temps: le produit va dans le sens de la protection de l’environnement et inclut une dimension sociale.

Par ailleurs, chaque ceinture est individuelle, ce qui représente un plus important dans le monde de la mode.

Papier plastifié

Les gros titres de la presse sont sélectionnés dans de vieux journaux. Ils sont ensuite l’objet d’un collage et sont recouverts de plastique par une équipe de Züriwerk à Zürich, une entreprise qui fournit du travail à des personnes handicapées.

Les collages sont ensuite envoyés à Meili Huus, une manufacture de textile située à Fahrwangen, près de Wohlen. Ils y sont coupés et cousus sous forme de ceintures.

Le succès de ces créations a été énorme. «Nous avons été submergés de mails de commande», déclare Catharina Giese. Désormais, PRIMECUT vend ses produits dans dix magasins situés en Suisse alémanique ainsi que dans un commerce de la capitale islandaise, Reykjavik.

Mais pour que le succès continue, il faut suivre l’évolution de la mode. Les membres de PRIMECUT sont en effet conscients que leurs produits pourraient avoir une courte durée de vie. «Il est important d’augmenter la palette des produits et de rester innovant», souligne Claudio Büttler.

De la théorie à la pratique

Alors que Catharina Giese est dans sa dernière année de gymnase, ses trois partenaires sont déjà à l’université. Claudio Büttler et Daniel Böni étudient l’économie à l’Université de Bâle. Quant à Reto Marending, il étudie la biologie à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich.

Claudio Büttler s’est rapidement rendu compte qu’ils ne pouvaient pas toujours appliquer leurs connaissances théoriques. «Les choses ne se passent pas toujours comme on s’y attend en théorie», observe-t-il.

«Par exemple, les producteurs prennent beaucoup de temps à nous livrer parce que nous sommes vraiment de petits clients, poursuit-il. Nous tentons bien de leur mettre la pression, mais cela ne fait pas une grande différence.»

Reto Marending se concentre sur l’amélioration de la qualité des ceintures. «Nous essayons de les rendre un peu plus raides et d’améliorer les boucles», confie-t-il.

L’équipe de PRIMECUT songe désormais à produire des sacs à plus large échelle. Pour y parvenir, elle aura recours à un partenaire de Meili Huus en Macédoine, où les coûts de production sont moins élevés.

Engranger les clients

Pour l’entreprise, la clef de la survie, c’est d’avoir une large base de clients. Pour en gagner de nouveaux, elle participera à la prochaine édition de la grande foire de Bâle (MUBA) qui débute le 18 février.

Claudio Büttler estime que 300'000 personnes vont se rendre à cette foire géante. «Si seulement 10% d’entre elles passent par notre stand, cela nous fournira un énorme potentiel de clients», dit-il.

Daniel Böni espère que les membres de l’équipe seront capables de se verser des vrais salaires au cours des deux prochaines années. Mais l’argent n’est certainement pas leur motivation principale. «Je suis davantage intéressée par l’expérience de mener une affaire», avoue Catharina Giese.

«Cela vous force à développer votre personnalité, renchérit Reto Marending. Vous devez vous présenter face à de larges auditoires. Vous gagnez de l’expérience avec les livraisons, les clients et les producteurs. Posséder sa propre entreprise, c’est vraiment quelque chose…»

swissinfo, Julie Hunt, Wohlen
(Traduction de l’anglais: Olivier Pauchard)

En bref

- Dirigée par quatre étudiants de moins de 25 ans, PRIMECUT produit des ceintures et des sacs en papier journal plastifié.

- La préparation de la matière de base se fait dans un atelier protégé pour handicapés de Zurich et la fabrication dans une entreprise textile d'Argovie, le canton voisin.

- PRIMECUT a remporté en 2003 le premier prix du concours Young Entreprise Switzerland et en 2004 un concours similaire, de niveau européen.

- Pour son développement, la start-up envisage d'étendre sa production de sacs, qui seront désormais fabriqués à moindres coûts en Macédoine.

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